Utilisée pour la première fois lors d'une prestation de la chanteuse Lady Gaga, la technologie de projection corporelle Inori pourrait ouvrir de nouvelles perspectives artistiques, en changeant peut-être la mise en scène future des clip vidéos et des performances scéniques.

Marqueur de l’identité et vecteur social, le visage des êtres humains inspire le monde de l’art depuis longtemps. Tantôt masqué, voilé, maquillé ou objet de modifications corporelles, pourrait-il aussi devenir le support d’une projection numérique ? La technologie n’a en tout cas pas attendu pour transformer le visage humain en véritable toile, à l’aide des procédés de cartographie et projection vidéo.

Ainsi, lors des derniers Grammy Awards, un éclair rouge était apparu subitement sur le visage de Lady Gaga pendant sa prestation en hommage au chanteur David Bowie : le signe que la technologie de projection corporelle est sortie de sa niche pour ambitionner de devenir le futur des clips vidéo et des concerts ?

1 000 images par seconde

Derrière cette innovation technologique baptisée Inori, se trouve le studio japonais Wow, dont le directeur créatif Nobumichi Asai est un habitué de la cartographie et des projections vidéo. À l’origine, il avait eu l’idée de projeter un maquillage virtuel sur le visage d’un modèle, dans une création nommée Omote. À l’occasion du live de Lady Gaga, Nobumichi Asai avait relevé le défi de réaliser une cartographie et une projection sur le visage de la chanteuse, mais cette fois-ci en direct et devant un public.

Le studio a travaillé en partenariat avec la société de production Tokyo, afin de concevoir un projecteur capable de capter les mouvements d’une performance de danse rapide. Pour souligner les qualités du procédé, ils ont fait appel au duo de danseuses japonaises AyaBambi, connu pour avoir collaboré avec Madonna et Alexander Wang. Leurs mouvements ont été captés par le projecteur, capable d’enregistrer 1000 images par seconde, en cartographie 3D.

La technologie Inori ouvre de nombreuses perspectives pour les performances artistiques des années à venir, qu’elles soient filmées ou scéniques. Elle ne manquera sans doute pas, au passage, de questionner encore un peu plus le lien — presque philosophique — entre technologie et art.

 

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