Confrontés à des poux qui sèment la mort dans leurs bassins de saumons, des éleveurs norvégiens font appel à une nouvelle technologie de défense : un drone sous-marin. Ses lasers éliminent les parasites sans blesser les poissons.

La Norvège, premier producteur mondial de saumon, est confrontée à un fléau qui ravage ses élevages : deux espèces de poux du saumon, les Lepeophtheirus salmonis et Caligus elongatus, provoquent des maladies graves et souvent mortelles chez ces poissons.

Ces petits crustacés de 6 à 12 mm — qui n’ont pas grand chose à voir, malgré leur nom, avec ceux qui attaquent nos cheveux — s’accrochent aux nageoires et aux écailles de leurs cibles pour se nourrir du mucus présent sur leur peau. Ce parasitage entraîne de nombreuses complications chez les saumons, auxquelles les plus jeunes succombent souvent en raison de leur vulnérabilité, quand les éleveurs ne sont pas directement obligés d’abattre les poissons pour purifier les bassins. Aquaculture oblige, le problème est renforcé par la proximité de nombreux saumons dans ces bassins de fjords, ce rapprochement forcé favorisant la contamination.

Heureusement, certains éleveurs font désormais appel à l’invention de l’entreprise norvégienne Beck Engineering, qui a mis au point un drone sous-marin particulièrement efficace commercialisé par la société Stingray. Ses caméras lui permettent de repérer les fameux poux et de les éliminer en projetant un laser qui a pour avantage de ne pas blesser le saumon visé puisque ses écailles reflètent la lumière.

laser saumon
Stingray

Déjà adopté dans 100 élevages

L’appareil, qu’il suffit d’insérer dans un bassin, permet d’éliminer des dizaines de milliers de poux au quotidien, sachant qu’il suffit généralement d’une quinzaine d’entre eux pour tuer un saumon. Autre avantage majeur : le drone est presque entièrement autonome puisqu’il détecte lui-même ses cibles et déclenche son tir à ce moment-là.

De fait, plus de 100 élevages norvégiens y font déjà appel depuis son lancement en 2014. La technologie s’est aussi exportée en Écosse fin 2016. Elle s’avère bien plus pratique que les autres formes de traitement anti-poux, consistant notamment à transporter tous le saumons sur un bateau pour les laver à l’eau chaude ou encore à les faire naviguer dans des courants très forts pour éliminer leurs hôtes indésirables.

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