La société Drive.ai a fait une démonstration de ses technologies de conduite autonome en faisant circuler une voiture de nuit et sous la pluie.

Les véhicules autonomes progressent, c’est indéniable. Néanmoins, il reste des défis considérables à relever pour que l’industrie automobile atteigne un jour le stade de la conduite 100 % autonome. C’est le cas par exemple des déplacements en ville, dans la mesure où il faut prendre en compte des tas de paramètres en même temps (les piétons qui traversent n’importe comment, les animaux domestiques, la circulation, les panneaux de signalisation, les feux, les deux roues…).

Et ce n’est pas le seul problème à résoudre : il faut aussi que les systèmes embarqués dans les véhicules puissent se débrouiller même en cas d’absence de marquage au sol et s’adapter à certains évènements ponctuels, comme une déviation, un chantier sur la voie, un policier faisant la circulation ou encore un accident. De plus, il faut aussi évoluer même quand les conditions météorologiques sont dégradées que ce soit de la pluie, de la neige ou du brouillard.

La conduite par mauvais temps, c’est justement ce qu’a voulu montrer Drive.ai, une société spécialisée dans l’intelligence artificielle pour voitures autonomes comme Zoox ou Nauto. Dans une vidéo publiée sur YouTube, une caméra embarquée montre un périple dans les rues de Mountain View, en Californie. La difficulté était double : non seulement il faisait nuit, mais en plus il pleuvait. Pourtant, le système de bord a visiblement réussi le test puisque la conductrice, prête à reprendre la main en cas de souci, n’a pas eu à intervenir.

Dans la description de la vidéo, Drive.ai a mis en avant quelques passages marquants de la séquence filmée, comme l’arrivée de fortes averses, un feu rouge en panne à une intersection, une rue étroite avec des voitures stationnées sur le côté, des phares éblouissants venant de l’autre file de circulation, un carrefour bondé avec une erreur d’un conducteur à bord d’une autre voiture et des reflets lumineux provoqués par le sol détrempé, pouvant gêner les capteurs du véhicule.

Pluie
CC Olivier Bacquet

La démonstration effectuée par Drive.ai est très intéressante dans la mesure où l’on sait que certaines technologies employées par les voitures autonomes pour détecter l’environnement immédiat sont très sensibles au mauvais temps. C’est le cas par exemple du LIDAR (« LIght Detection And Ranging »), un laser qui émet de la lumière invisible à l’œil nu et sert à mesurer avec précision la distance et la forme des objets qui l’entourent, en analysant la lumière réfléchie.

Il faut absolument que l’industrie automobile et les concepteurs de systèmes de conduite autonome parviennent très vite à concevoir des technologies qui puissent fonctionner sans aucun souci même par mauvais temps. Sinon, on peut être sûr que la voiture autonome ne se démocratisera jamais si elle se retrouve incapable de rouler à cause de quelques flocons ou d’une légère bruine. C’est justement un sujet sur lequel plusieurs entreprises travaillent, comme Volvo, Google et Ford.

Dans le cas de la firme de Mountain View, ses voitures autonomes ont été envoyées dans l’État de Washington, près de la frontière canadienne, pour les entraîner sur des routes vallonnées et souvent arrosées par la pluie. Pour Volvo, ce sont les chutes de neige qui ont fait l’objet d’une campagne spéciale à Jokkmokk, dans le nord de la Suède, au-dessus du cercle arctique. Quant à Ford, des algorithmes ont été mis au point pour débarrasser les mesures au LIDAR des perturbations venant de la météo.

À lire sur Numerama : Voiture autonome  : Où en sont les constructeurs  ? (Google, Tesla, Volvo, Renault…)

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