La mutation de nos sociétés numériques pourrait nous enfermer toujours plus dans notre quotidien. Et pourtant, certaines applications dont on ne parle assez permettent au contraire de reprendre contact avec la réalité. Voici We Save Homeless, une application qui donne de l'espoir.

Raphael Thiebault et Antoine Zanardi sont jeunes, étudiants à l’Epitech Lille et ont de l’ambition pour leur innovation. Ces deux entrepreneurs ont développé ensemble une application au nom plutôt éloquent : We Save Homeless. Sur une idée originale qui leur a été soufflée par Thierry Velu, président du Groupe de Secours Catastrophe Français, les étudiants ont créé l’outil qui manquait aux associations d’aide aux sans-abris.

Et plutôt que de s’intéresser à une application prétendument révolutionnaire qui leur promettrait richesse et gloire, les deux comparses ont préféré investir un secteur encore trop timide dans la tech : la disruption solidaire. Un filon aux bénéfices moins mirifiques que le VTC, mais qui pourtant peut réellement changer le quotidien des personnes en difficulté dans nos sociétés . Face à des situations de précarité et où la solidarité est nécessaire, les réseaux que l’on peut construire aujourd’hui ainsi que les bases de données collaboratives peuvent avoir un impact significatif et transformer de simples innovations en véritables révolutions sociales.

Ainsi, We Save Homeless rappelle d’autres projets que nous avons appréciés cette année, parmi lesquels on retient Concrn à San Francisco ou encore Miracle Message plus récemment.

Pour se démarquer et apporter aux associations l’outil qui leur manquait, les deux étudiants ont travaillé sur une application qui pourrait, grâce à des cartes NFC et une base de données collaborative, tisser un lien entre les sans-abris et ceux qui leur viennent en aide.

Le principe de We Save Homeless est à ce titre simple : il permet à des volontaires de proposer aux sans-abris de s’enregistrer sur l’application s’ils souhaitent être trouvés et rencontrés par des associations ou des services sociaux. Une fois son profil créé sur l’application, les informations personnelles du sans abri sont stockées sur une carte NFC qu’il possède. La base de données recense simplement un point de rencontre.

C’est un détail important du projet We Save Homeless, qui permet de conjuguer une base de données ouverte et une protection de la vie privée des bénéficiaires du programme en décentralisant les informations fondamentales.

Au quotidien, l’application permet donc aux associations telles que le GSCF de savoir où rencontrer des personnes dans le besoin et de connaître leurs problèmes afin d’y apporter la meilleure solution lors des maraudes. Cela peut par exemple se traduire par la simple mais nécessaire distribution de kit de survie réalisé par les associations. On peut également imaginer qu’en cas de grand froid, ce répertoire pourrait faire gagner un temps précieux aux sans-abris victimes de la température .

Après avoir voyagé grâce à leur école au CES pour présenter leur projet, les étudiants lillois vont pouvoir le mettre en pratique à grande échelle grâce aux premiers partenariats avec des associations. Ils espèrent également séduire les municipalités et les institutions avec leur outil. Et peut-être même les individus les plus généreux qui chercheraient un moyen concret d’aider les invisibles de nos sociétés modernes.

L’application est déjà disponible sur Android et bientôt sur iOS. Toutefois, pour le moment, elle reste réservée à un nombre limité d’associations pilotes.

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