Apple, en guerre contre les câbles, mise aujourd'hui sur le tout Bluetooth. Avec l'iPhone 7, Cupertino a dévoilé des Apple AirPods maintes fois repoussés. Verdict.

L’histoire des produits Apple, du moins ses flagships, est toujours un peu la même. Des semaines avant l’officialisation, des rumeurs souvent avérées se corroborent pour gâcher les surprises, les nouveautés et certaines caractéristiques. Dans le cas de l’iPhone 7, dévoilé en septembre dernier, on savait depuis des lustres que la firme de Cupertino s’apprêtait à abandonner le port jack, condition sine qua non pour gagner quelques millimètres d’épaisseur et garantir une meilleure étanchéité. Pour Apple, c’est aussi l’opportunité commerciale de vendre des accessoires sans-fil, comme des solutions Beats, et de rallonger la vie de son port propriétaire Lightning tandis qu’il tente, paradoxalement, d’imposer l’USB-C avec ses MacBook.

Pour revenir à l’annonce de l’iPhone 7, le géant américain l’avait accompagnée de ses propres écouteurs wireless maison : les AirPods, vendus séparément pour un bras (179 €), et amenés, éventuellement, à remplacer les légendaires EarPods, désormais flanqués d’une fiche Lightning. Les premiers essais de ces AirPods auguraient du pire quant à leur fonction première — offrir une restitution sonore de qualité — mais après plusieurs jours avec des exemplaires commerciaux dans les oreilles, nous pouvons affirmer que les AirPods sont bien au-delà de ce qu’on pouvait pressentir.

Design sage, concept dingue

Les AirPods prennent la forme d’une petite boîte, les mauvaises langues diront de Tic-Tac, dans laquelle vient se nicher chacun des écouteurs Car ces AirPods sont bel et bien 100 % sans fil, ce qui sous-entend aucun lien physique entre les deux contrairement à d’autres concurrents (dont les Beats). Esthétiquement parlant, on évolue en terrain connu, selon la fameuse expression « On ne change pas une équipe qui gagne ».

Tout juste pouvons-nous constater une tige plus longue et plus épaisse pour accueillir les composants électroniques (dont le processeur W1 et la batterie), ce qui pourrait paraître disgracieux vu de l’extérieur (on a l’air un peu bête avec, il faut bien l’avouer). Côté ergonomie, c’est la même chose que les EarPods : Apple opte pour la forme la plus universelle possible, ce qui ne veut pas dire 100 % inclusive. En pratique, cela sous-entend que si les EarPods ne vous convenaient pas, alors il en sera de même pour les AirPods. L’inverse est également vrai et, malgré l’absence d’embouts adaptables, le confort est bel et bien de mise. Contrairement à un casque dur à supporter sur la longueur, des oreillettes ne font jamais souffrir. Un excellent point, mais qui n’est aucunement l’apanage de ces AirPods.

La boîte ne sert pas qu’à ranger les intras : elle sert également à les recharger une fois placés à l’intérieur via un système d’aimant qui les attirent vers le fond, facilitant autant leur insertion que rendant difficile leur sortie respective. La charge est ultra rapide et ne nécessite que 15 minutes pour faire le plein, correspondant à un peu moins de 4 heures par oreillette. La boîte, quant à elle, garantit plus de 24h d’autonomie et remplit sa batterie via un port Lightning (un de plus…). Dans les faits, c’est difficilement appréciable mais force est de reconnaître qu’elle est bien capable de tenir une petite semaine avec une utilisation journalière mesurée (1h30 environ, trajet en transports). Toujours est-il que ce couple étui/écouteurs fonctionne à merveille et facilite la vie, comprenez par-là qu’il faudra vraiment le vouloir pour tomber en rade avec ces AirPods.

Intégration parfaite

Une interface simple

Philosophie Apple oblige, les AirPods ont été conçus pour une intégration hyper facile dans l’écosystème. Il n’y a clairement pas mensonge sur la marchandise tant tout est intuitif. Une vraie marque de fabrique. Il suffit d’activer le Bluetooth sur son iPhone et d’ouvrir la boîte pour que l’ensemble se synchronise tout seul. Il n’y a rien de fastidieux, d’autant que les autres appareils Apple liés à votre compte iCloud reconnaîtront automatiquement vos AirPods (à l’exception de l’Apple TV, allez savoir pourquoi). Pour un produit d’une marque concurrente, un bouton présent sur l’arrière de la boîte assurera la connexion, à l’instar d’écouteurs lambdas.

Côté portée, c’est assez spectaculaire. Ils simplifient vraiment la vie. Les sportifs peuvent dès lors imaginer laisser leur téléphone dans leur sac rangé dans un casier et effectuer leur séance en profitant quand même de leur musique. Et qu’ils n’aient pas peur à l’idée de faire tomber les AirPods en cas de mouvements brusques de la tête : là encore, il faudra le vouloir pour que l’un des deux termine au sol.

Vous l’aurez compris, les AirPods ne manquent pas d’arguments. Parmi eux, on n’oubliera pas de mentionner la fonctionnalité pause automatique qui, comme sa dénomination l’indique, stoppe la musique quand l’une des deux oreillettes est retirée. Il s’agira alors de la remettre pour qu’elle reprenne là où elle s’était arrêtée. Encore un bon point très pratique, même si on peu tromper les capteurs en serrant l’intra dans son poing (mais on n’en tiendra pas rigueur).

Quels sacrifices ?

Pas des tas de réglages

En revanche, si appréciables sont-ils, les AirPods doivent composer avec quelques sacrifices, consentis par Apple pour étaler toutes ces qualités. On pense surtout à l’absence de télécommande pour jouir de fonctions simples comme « Pause/Lecture », « Augmenter/Baisser le volume » ou encore « Passer le morceau ». Les ingénieurs pourront intégrer une surface tactile sur les AirPods pour les intégrer, comme c’est le cas sur les casques Zik de Parrot.

En attendant, il faudra soit passer par le téléphone pour avoir le contrôle de sa musique, soit par l’Apple Watch, soit faire confiance à Siri et aux commandes vocales, lesquelles seront indisponibles dans un environnement dénué de connexion Internet. Le fameux « Dis Siri » ou deux tapes sur un AirPods activera l’assistant, mais ont peut reconfigurer l’option physique en simple « Pause/Lecture ».

Baignant dans la technologie, les AirPods revendiquent par ailleurs une belle qualité d’écoute, supérieure aux EarPods, et à des Powerbeats 2, concurrent cannibale direct. On mettra l’accent sur les basses, d’excellence tenue pour des intras, et le rendu qui n’en fait jamais trop, ni pas assez.

De rares décrochages sont à signaler mais, globalement, il y a de quoi être satisfait par le rendu, plus surprenant qu’il n’y paraît. Bien évidemment, les plus exigeants se tourneront plus naturellement vers un casque, garant d’une restitution plus qualitative mais, en théorie, tarifée plus cher (en sans-fil, s’entend). Pour des intras, les AirPods font le job sur la majorité des genres musicaux et, à leur niveau de prix, c’est tout ce qu’on leur demande. On terminera par mentionner les prestations solides du micro lors d’un appel.

AirPods

En bref

AirPods

Les AirPods sont un pur produit Apple, s'appuyant aussi bien sur les forces de la marque que sur des sacrifices à même de faire grincer quelques dents. La parfaite intégration dans l'environnement Apple, grâce à iCloud, et leur facilité d'utilisation sont sans aucun doute leurs principaux arguments, parachevés par une qualité d'écoute surprenante dans le bon sens du terme pour des oreillettes. 

Mais on regrettera l'absence totale de commande physique, qui, certes, obligerait à relier les deux AirPods ou à intégrer une interface tactile sur la tige. Il faudra peut-être attendre une V2 pour tout avoir et on patientera en compagnie de Siri pour les actions normalement assurées par une télécommande. Le reste, c'est un quasi sans-faute pour ces intras dont le prix n'apparaitra pas si élevé vu ô combien ils rendent la vie facile. Vie sportive y compris. 

Top

  • Un concept pratique
  • Une qualité d'écoute surprenante
  • Parfait pour l'environnement Apple

Bof

  • Zéro commande physique (ou presque)
  • Pas de commande du tout sans connexion internet
  • On a l'air un peu bête avec

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