Quand Siri est sorti, Apple était clairement en avance sur le marché des assistants personnels. Aujourd'hui, Siri souffre d'un choix de design : l'assistant n'a pas appris à apprendre.

Aujourd’hui, Apple a lancé en bêta la version 10.3 de son système d’exploitation pour iPhone. Au menu des changements, on note une addition pour Siri qui intéressera probablement plus le public anglo-saxon et indien que les Français : désormais, Siri est expert en cricket. L’assistant connaîtra les résultats de l’Indian Premier League, championnat très suivi et ceux de l’International Cricket Council. Il pourra également donner des informations sur les joueurs et les équipes, ainsi que des statistiques détaillées plutôt précises.

Si cet ajout ravira les fans de cricket autour du monde, il est tout de même symptomatique d’un problème plus général avec Siri : si Apple ne met pas à jour son assistant ou ne développe pas de fonctionnalités ad-hoc, il est complètement paumé. C’est ainsi, par exemple, que nous avions pu voir que Siri avait été très bon pour la Coupe du Monde de football, mais incompétent du côté de l’Euro 2016. La raison était simple : Apple n’avait pas prévu des interactions pour les utilisateurs sur ce sujet.

Et cette incapacité de Siri à s’enrichir tout seul de données extrêmement simples à trouver sur le web montre le retard considérable qu’Apple est en train de prendre par rapport à Google et son Assistant qui puise dans les recherches et les différentes mises en formes des résultats du moteur. Tapez n’importe quel match de football français dans une requête Google et vous aurez un résultat que le moteur de recherche aura mis en page, tiré d’un site web de référence comme l’Équipe. Et tout ce que Google sait chercher et interpréter sur le web, Google Assistant sait l’utiliser. 

Nous utilisons un Google Home depuis une semaine maintenant et l’objet ne cesse de nous impressionner : il s’agit véritablement d’une version vocale de la recherche Google. Vous pouvez par exemple lui demander des recettes et l’Assistant vous lira le résultat le plus populaire, mis en page par Google et tiré d’un site de cuisine. Siri sera bien embêté pour en faire autant si Apple n’a pas prévu une interface ad-hoc, liée à un hypothétique site partenaire.

On comprend alors rapidement que du côté des assistant personnels, Google part avec un avantage considérable sur ses concurrents : il connaît le web et l’interprète de mieux en mieux. Aujourd’hui, vous trouvez des biographies d’artistes tirées de Wikipédia directement affichées sur Google avec leurs derniers films et leurs récompenses récentes, tout comme vous pouvez trouver, en haut d’une page, les étapes d’un tutoriel pris sur un site spécialisé ou même les informations sur la couverture 4G en France avec la bonne requête.

Ces informations sont créées par des médias et des sites dont le métier est de les maintenir à jour. Ils s’enrichissent à chaque article publié, ce qui signifie qu’une information qui existe sur le web est potentiellement une information disponible pour Google Assistant. Difficile d’imaginer comment un concurrent peut rivaliser sans développer un système similaire, système dont Google s’est fait l’expert et dont il a un monopole de fait.

Apple ajoute des modules à Siri pour qu’il puisse donner de nouvelles informations

Quand Apple ajoute des modules à Siri pour qu’il puisse donner de nouvelles informations, Google ajoute des modules à Assistant qui lui permettent de donner de nouveaux types d’information. La différence est fondamentale.

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