Le gouvernement australien veut se doter d'une technologie biométrique automatisée permettant aux voyageurs internationaux d'être identifiés par des bornes à leur arrivée à l'aéroport. Cette méthode rendrait les passeports et les douaniers obsolètes.

Vous n’aurez peut-être bientôt plus besoin de votre passeport lors de vos séjours en Australie. Pour en finir avec les longues files d’attente qui accueillent habituellement les voyageurs internationaux à la douane des aéroports, le gouvernement mise sur un ambitieux système biométrique : des bornes automatisées permettant aux passagers d’être identifiés grâce à la reconnaissance faciale, oculaire et/ou avec leurs empreintes digitales.

L’Australie compte traiter 90 % du flux d’arrivées dans ses aéroports internationaux par ce biais d’ici 2020, sans la moindre interaction humaine. Ce système sans contact — entièrement dénué de documents officiels comme de douaniers — entraînerait aussi la disparition des SmartGates, les bornes électroniques installées dans certains aéroports, qui permettent de scanner son passeport.

L’Australie veut gérer 90 % du flux d’arrivées internationales par ce biais d’ici 2020

«  Il pourrait bien s’agir d’une première mondiale » s’enthousiasme John Coyne, responsable de la sécurité aux frontières au sein du think tank de défense Australian Strategic Policy Institute. « La biométrique connaît des avancées spectaculaires, ce qui nous permet progressivement de mieux exploiter la big data » poursuit le chercheur, qui souligne l’avance considérable de l’Australie sur le reste du monde en matière de modernisation technologique des aéroports. Une innovation qui repose entièrement sur les données personnelles de chaque passager — billets, historique de voyage, casier judiciaire — amassées dans le monde.

CC Lukas Benc

Première phase de test en juillet 2017

Le programme, en développement depuis 2015, bénéficie d’un budget de 100 millions de dollars sur cinq ans. La première phase de test doit être conduite en juillet à l’aéroport de Canberra — qui assure uniquement les liaisons avec Singapour et Wellington. Les aéroports au flux de voyageurs plus conséquent, comme Sydney et Melbourne, devront attendre le mois de novembre, le déploiement complet de la technologie étant prévu pour mars 2019.

Si le projet entre dans une phase essentielle, il en reste à ses débuts, comme l’explique une porte-parole des services aux frontières : « Nous sollicitons des prestataires pour nous fournir des solutions innovantes qui permettront aux arrivants de s’auto-gérer. Nous n’avons donc pas encore choisi de solution précise et ne savons pas comment elles diffèreront des SmartGates existantes. »

Le gain de temps offert par cette évolution est évident, au même titre que les questions posées en matière de remplacement d’emplois par des services automatisés et d’utilisation toujours plus étendue des données personnelles, alors qu’une étude vient de révéler les failles de sécurité des réservations de vol en ligne. En matière d’innovation technologique, le Canada teste pour sa part un détecteur de mensonges automatisé à la douane.

Crédit photo de la une : CC Emile Krijgsman

Partager sur les réseaux sociaux