Nvidia change sa formule de cloud gaming pour se rapprocher de l'offre des français de Shadow. Petit comparatif des deux solutions.

Jouer sur un client léger ou un client logiciel à des jeux récents lancés sur des serveurs distants n’est plus un rêve. Nous testons Shadow depuis plusieurs semaines maintenant et le service français ne cesse de nous impressionner — et même nos confrères les plus réticents ont été convaincus par l’expérience.

Avant cela, Nvidia proposait une solution maison sur ses produits Shield : un service nommé GeForce Now qui permet, sur abonnement, de jouer à des jeux choisis par le constructeur. Pour 2017, Nvidia a choisi de passer la seconde et diversifie sa formule, pour s’approcher de ce que propose Shadow.

L’occasion de mettre les deux services face à face.

Matériel nécessaire

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Shadow s’est lancé en bêta en voulant assurer ses arrières : les Français livrent aux utilisateurs un Shadow, petit boîtier qui permet d’accéder au service. Il s’occupe de décoder les différents flux et de transmettre les informations aux serveurs. Il embarque toute la connectique nécessaire pour jouer confortablement. De plus, Shadow demande dans un premier temps une connexion Ethernet en fibre optique. L’entreprise développe en parallèle, pour plus tard, des clients PC, Mac, Android et iOS pour accéder au service — nous avons pu tester les versions Android TV et Android en pré-alpha et c’est déjà convaincant. Les inscriptions, c’est par là.

Nvidia se débarrasse de la nécessité de la Shield : on accède au service avec un client logiciel, disponible sur Windows 10 et macOS. Si Nvidia n’a pas précisé les conditions d’accès au service (fibre optique ?), il faut savoir que le GeForce Now actuel a du mal à afficher convenablement les jeux en Wi-Fi derrière une connexion fibrée, ce qui signifie que le débit demandé est quand même élevé. Pour autant, Nvidia affirme qu’un bon ADSL est suffisant. Les inscriptions se font ici.

GeForce Now sur Shield passera également en architecture Pascal en 2017.

Interface

Shadow ne se présente pas comme un service, mais comme un véritable PC. Quand vous accédez à votre compte, vous vous retrouvez sur un bureau sous Windows 10. L’expérience a été conçue pour que vous vous sentiez comme sur un ordinateur classique. Vous installez vos logiciels, vos clients, vous téléchargez vos jeux sur Steam, Uplay, Battle.net et consorts et vous jouez.

Nvidia parle de son côté de PC GeForce GTX virtuel. L’Américain affirme que les joueurs pourront installer leurs jeux depuis Steam, Battle.net, Origin, Uplay ou GOG.com et même télécharger des jeux F2P sur le web. On aurait donc tendance à penser qu’il s’agirait du même type de configuration que Shadow, mais cela serait étonnant que Nvidia n’ait pas parlé des fonctionnalités en-dehors du jeu. On parierait donc plutôt sur une interface custom sur laquelle les différents clients sont installés avec un navigateur en bonus. Mais Nvidia pourrait nous surprendre.

Configuration

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Shadow a communiqué très tôt sur la configuration de ses machines. Chaque client dispose de 6 threads dédiés d’un processeur Intel Xeon, de  12 Go de RAM et de 256 Go de SSD. Côté carte graphique, ce sont des GeForce GTX 1070 qui sont utilisées — des versions 1080 sont aussi utilisées par Shadow. Côté serveurs, pour minimiser la latence, Shadow est connecté directement au réseau des opérateurs français et diffuse depuis la France (techniquement, il peut même être considéré, dans une certaine mesure, comme un opérateur). Quand elle s’étendra en Europe et ailleurs dans le monde, la firme compte sur l’installation de configurations régionales similaires.

Nvidia n’a pas communiqué sur l’intégralité des caractéristiques de son offre. Côté carte graphique, en revanche, on sait que l’Américain propose l’une de ses cartes grand public les plus haut de gamme (la GTX 1080) et sa carte milieu de gamme (la 1060). Aucune offre ne repose sur la 1070, plébiscitée par la presse et les joueurs pour son bon rapport performances/prix. Au-delà de cela, on imagine que pour afficher des jeux « en qualité 4K », Nvidia aura besoin, également, d’une bonne bande passante et d’un très bon ping pour que la latence ne soit pas catastrophique.

Prix et disponibilité

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Shadow vient tout juste de lancer sa bêta et se déploie par vague, en France uniquement. La prochaine aura lieu en mars 2017 et la suivante, en juillet 2017. Le service coûte 29,95 € par mois pour un abonnement annuel, 34,95 € par mois pour un abonnement trimestriel et 44,95 € pour un abonnement sans engagement. Le déploiement en Europe et à l’international est prévu, mais n’est pas encore défini dans le temps.

Nvidia propose déjà la version Shield de son service GeForce Now pour 9,99 € par mois. La GeForce Now pour PC et Mac comportera 8h de jeux gratuites sur un PC GTX 1060 ou 4h de jeux gratuites sur un PC GTX 1080. Pour jouer plus, il faudra débourser 25 dollars pour 20 heures de jeu sur le modèle entrée de gamme et la même somme pour 10 heures de jeu sur le modèle haut de gamme. Nvidia n’a pas encore précisé s’il s’agit d’une sorte de système à « recharger » ou s’il s’agit d’un abonnement mensuel limité en heures. GeForce Now 2017 sera lancé en early access en mars aux États-Unis pour une bêta et fin 2017 pour tout le monde.

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