Au CES, parmi les nouveaux assistants domestiques dévoilés, une formule semble sortir du lot. Cette fois-ci, il ne s'agit ni d'Amazon, ni de Google, mais de Mattel, le célèbre constructeur de jouets qui a créé son Echo pour enfants.

Il s’appelle Aristotle, Aristote donc, et coûtera 300 $ lors de sa commercialisation l’été prochain. Son air de tour, entre l’enceinte et le diffuseur d’huiles essentielles, rapproche cet Aristote de ses concurrents, que ce soit l’Echo d’Amazon ou encore le Google Home.

Aristotle, deux IA pour une enceinte

Pourtant, à la différence des deux assistants domestiques les plus connus du marché américain, l’Aristotle de Mattel ne s’adresse pas à tous les foyers. Il est d’abord destiné aux parents et aux enfants. L’enceinte possède en effet deux personnalités, c’est à dire que l’objet intègre deux intelligences artificielles différentes : l’une est réservée aux enfants, elle s’appelle Aristotle et prétend être une descendante directe du philosophe grec (sic). Ses interactions sont clairement prévues pour les enfants : jeux, questions – réponses et bien sûr, chaque soir, Aristotle, raconte une histoire à votre cherubin. L’autre personnalité d’Aristotle est plus connue et s’adresse aux parents : il s’agit d’Alexa d’Amazon.

Ainsi, l’enceinte intelligente va pouvoir aider les parents pressés à commander des produits pour leurs enfants, des couches à un nouveau biberon, et également être un vrai jouet interactif pour les bambins.

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Pour compléter son rôle d’auxiliaire domestique, l’Aristotle est livrée avec une caméra connectée qui doit permettre au système de devenir un babyphone vidéo. Selon le géant du jouet, la caméra sera en mesure de reconnaître son environnement afin de proposer à la fois des fonctionnalités de surveillance mais également de jeux pour l’enfant.

Pour Robb Fujioka, cette enceinte va pouvoir faire rentrer les jouets Mattel dans une nouvelle ère d’interactivité. Il explique ainsi que si la caméra peut comprendre quel jouet l’enfant utilise, elle sera en mesure d’introduire dans le jeu de la réalité augmentée. Fujioka résume : « Imaginez ce qui pourrait se produire avec des Hot Wheels (petites voitures) ou Thomas the Train (petit train) lorsque vous possédez ce hub connecté : vous pourrez entendez des effets sonores. Vous pourrez avoir des interactions bien meilleures avec vos jouets.  »

Enfin, la vraie avancée technologique proposée par Mattel se situe dans l’amélioration de la reconnaissance vocale d’Alexa et de sa propre IA. Le constructeur de jouets a en effet développé son propre moteur pour que les IA puissent enfin comprendre le langage des enfants sans les discriminer à cause de leur prononciation. Alors qu’Alexa ou l’Assistant de Google peuvent se montrer très difficile à appréhender pour un enfant, Mattel promet que son moteur pourra réellement s’adapter au langage de l’enfant.

Hello Barbie, la poupée intelligente
Hello Barbie, la poupée intelligente

Pourtant, bien que le produit semble aussi bien pensé qu’adapté à de nombreux foyers, nous avons forcément plusieurs réticences face à un tel assistant domestique. L’an passée, au CES, Mattel dévoilait une poupée intelligente, dotée d’une connexion Wi-Fi et avec laquelle les enfants pouvaient échanger. Malheureusement pour elle, la poupée s’est révélée particulièrement facile à pirater. Et les parents avaient donc confié à leurs enfants un objet vulnérable doté d’un micro. La poupée est alors tout de suite moins charmante.

Et au-delà de la sécurité, alors que les tablettes familiales ont tendance à déjà devenir des babysitter à moindre coût, sommes-nous sûr de ne plus vouloir répondre aux questions de nos enfants et laisser une IA faire cette éducation à notre place ? L’importance dans le lien parental de l’échange, et de fait de la question, est aussi primordiale que gratifiant pour les enfants comme les parents. Ce serait peut-être dommage de sacrifier cela pour un robot qui commande des couches.

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