Evernote annonce que les changements de ses conditions d'utilisation, qui impliquaient la possibilité que ses salariés puissent lire, selon un protocole précis, certaines des notes écrites par ses utilisateurs, sont abandonnés.

C’est ce qui s’appelle un rétropédalage en règle. Evernote annonce dans une nouvelle mise à jour de ses conditions d’utilisation que les changements que l’application avait annoncés préalablement ne seront finalement pas appliqués le 23 janvier 2017, faute d’avoir pu obtenir l’assentiment des utilisateurs. Bien au contraire, les modifications prévues avaient provoqué une très vive controverse.

« Nous avons entendu vos commentaires et nous n’allons pas faire les changements dans notre politique de confidentialité comme annoncé précédemment. Nous nous excusons pour l’angoisse que nous avons pu causer et nous restons plus engagés que jamais à maintenir l’enjeu de la vie privée au cœur de tout ce que nous faisons », écrit la société.

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CC Johan Larsson

Au départ, Evernote avait voulu modifier ses conditions d’utilisation pour autoriser une partie de ses salariés, selon un protocole très strict, à lire les notes qu’écrivent les usagers dans l’application, afin d’améliorer la qualité de ses services. Précisément, il s’agissait d’optimiser le fonctionnement de l’apprentissage automatique, un champ d’étude de l’intelligence artificielle.

« Nous avons annoncé une modification de notre politique de confidentialité qui a fait penser que nous ne nous soucions pas de la confidentialité de nos clients ou de leurs notes. Ce n’était pas notre intention et nos clients nous ont fait savoir que nous nous sommes trompés, en termes clairs. Nous les avons entendus et nous prenons des mesures immédiates pour y remédier », a commenté le patron d’Evernote.

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CC Heisenberg Media

L’entreprise a toujours l’intention de proposer de l’apprentissage automatique dans son application, mais plus question de l’imposer par défaut à l’ensemble de sa communauté. Pour en profiter, il faudra que les utilisateurs activent eux-mêmes (opt-in) en ayant bien conscience de la portée du dispositif. Dès le départ, c’est de cette façon que la société aurait dû opérer.

« Nous sommes enthousiasmes sur ce que nous allons pouvoir offrir aux utilisateurs d’Evernote grâce à l’apprentissage automatique, mais nous devons demander d’abord la permission, pas supposer que nous l’avons déjà. Nous sommes désolés d’avoir déçu nos usagers et nous allons passer en  revue l’ensemble de notre politique de confidentialité en conséquence », a-t-il ajouté.

Evernote trébuche et veut se relever

Malgré la possibilité de retrait (opt-out), les garde-fous pour éviter toute dérive et les voies médianes suggérées par Evernote, la pilule n’était pas du tout passée chez les utilisateurs. Il est bien dommage que la firme ne s’en rende compte qu’aujourd’hui, maintenant que son image de marque est écornée par ce qui a été légitimement vu comme une intrusion dans la confidentialité des internautes.

Maintenant, que va-t-il se passer ? Evernote compte toujours procéder à la mise à jour de sa politique de confidentialité, mais pas question de réintroduire par la petite porte sa précédente idée. Il s’agit plutôt de réaffirmer l’engagement de la société en faveur de la vie privée. Cette révision devrait arriver dans les mois à venir, sans plus de précision. Nul doute que le nouveau texte sera inspecté avec soin.

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