Facebook propose à certains utilisateurs de tester une nouvelle fonctionnalité pour tenter de mettre fin aux fausses informations dont le réseau social est accusé d’accélérer la propagation.

Une nouvelle fonctionnalité est apparue à certains utilisateurs américains de Facebook : un sondage pour récolter leur avis sur les actualités proposées par le réseau social. Chris Krewson, rédacteur au Billy Penn, une publication locale de Philadelphie, a ainsi vu en bas d’un article du Philadelphia Inquirer, un module de sondage lui demandant son avis sur le titre de l’article en question.

Le papier portait sur une suprématiste blanche ayant perdu son travail et Facebook demandait alors au rédacteur : « Dans quelle mesure pensez-vous que le titre de ce lien utilise un langage trompeur ? » Le module laisse ensuite le choix à l’utilisateur entre cinq réponses : « Pas du tout — Légèrement — D’une certaine manière — Beaucoup — Totalement. » Les utilisateurs peuvent ne pas répondre au sondage en appuyant sur la croix présente sur l’interface.

Cette nouvelle fonctionnalité met en pratiques les ambitions affichées de Facebook quant à la  lutte contre la désinformation. Mark Zuckerberg présentait en novembre sa volonté de changer le traitement de ces dernières : la première étape a été de couper l’accès aux régies publicitaires du réseau social pour tous les sites de désinformation militante. Parmi ces fonctionnalités, il y a pour Facebook la volonté d’améliorer un algorithme de détection de ces fausses informations et rendre plus facile la capacité de signalement de ces contenus.

Vérité, où es-tu ?

Mais le CEO du réseau social n’avait jamais évoqué l’idée d’interroger les utilisateurs sur leur perception de ces fausses actualités. Ce qui paraissait plutôt logique, considérant que les premières victimes de la tromperie sont les utilisateurs et que de fait, leur jugement peut ne pas être une source valable pour juger du potentiel de désinformation. Cela dit, avec cette méthode, le réseau social semble ainsi trouver un moyen de ne pas trop s’engager sur le traitement de la question, qui pourrait apparaître à raison comme un traitement engagé de la lutte contre les fausses actualités.

Facebook a confirmé a TechCrunch que la fonctionnalité était bien un test réalisé par ses soins pour un éventuel futur déploiement global. Néanmoins, le réseau social n’a pas souhaité dévoiler sa manière de traiter les données collectées, ni même à quelles fins seront utilisés ces sondages. On imagine que les résultats serviront à entraîner les algorithmes du réseau social mais également à mieux identifier la perception de chacun des utilisateurs. Afin, peut-être, de trouver des « utilisateurs de confiance » qui deviendront des sortes de juges de crédibilité. 

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