Tesla est prêt à organiser un sondage auprès des consommateurs pour vérifier si, comme le dit l'Autorité allemande des véhicules à moteurs, le terme « Autopilot » fait croire à tort que la voiture peut conduire toute seule sans que le conducteur reste vigilant.

Ce lundi matin, nous rapportions que les autorités allemandes de l’automobile avaient décidé d’interdire à Tesla l’utilisation des termes « Autopilot » ou « Pilotage Automatique » pour désigner les fonctionnalités d’assistance à la conduite incluses dans ses véhicules électriques. L’Autorité fédérale des Transports Motorisés (KBA) estime en effet que l’expression induit les usagers en erreur, et que le terme « pilotage automatique » est pris comme synonyme du « pilotage autonome » qui permet aux conducteurs de laisser totalement le volant à la machine.

Dans un communiqué transmis à Numerama, Tesla conteste cette analyse qui fut aussi celle de l’association Consumer Reports aux États-Unis :

Le système de Pilotage automatique Tesla fonctionne de pair avec le conducteur pour rendre l’expérience de conduite plus sûre et moins stressante. C’est de cette façon que le terme a été utilisé depuis des décennies dans l’aérospatial : pour désigner un système d’assistance qui fonctionne sous la supervision directe d’un pilote. 

Nous avons toujours été clair avec nos clients, le Pilotage automatique Tesla est un système d’assistance à la conduite qui requiert l’attention du conducteur à tout instant, tout comme les systèmes d’autres constructeurs. Lorsqu’il est correctement utilisé, le système Pilotage automatique réduit la charge de travail du conducteur et apporte un complément de sécurité par rapport à une conduite purement manuelle, comme il le fait dans un avion de ligne. 

Nous avons une grande confiance en nos clients allemands et n’avons pas connaissance de mauvaises interprétations de la terminologie. Nous serions toutefois heureux de réaliser un sondage pour le confirmer.

Cela semble ironique venant du KBA, institution œuvrant au pays de l’Autobahn. Pensent-ils également que les Allemands se méprennent sur ce terme ?

Techniquement, Tesla a raison. En aéronautique le mot « Autopilote » concerne la possibilité de déléguer à la machine des décisions qui sont réalisées par anticipation pour le pilote, sans pour autant que le pilote puisse se désintéresser des décisions ainsi prises. Le terme « conduite autonome », pour sa part, suppose que le conducteur laisse la main à la machine, qui décide pour son compte de toutes les manœuvres à réaliser.

Tesla, qui tient au mot « Autopilot » parce qu’il a une force marketing évidente pour montrer l’avancée de ses véhicules par rapports aux assistances à la conduite plus traditionnelles que l’on trouve dans les voitures concurrentes, assure que personne ne se méprend. Pourtant selon notre expérience, rares sont les personnes à qui l’on parle de pilotage « automatique » qui comprennent immédiatement qu’il ne s’agit pas d’une conduite « autonome ».

Il apparaîtrait plus facile de modifier la communication de Tesla que de changer la culture générale de millions de consommateurs. Mais il serait effectivement intéressant qu’un sondage soit réalisé, de façon indépendante, pour vérifier comment le terme « Autopilote » est compris. Tesla a aussi raison de rappeler, non sans une certaine agressivité, que personne ne prend les « automobiles » pour des voitures qui roulent toute seule, pas plus que les Autobahn (les autoroutes) ne sont des routes qui roulent de façon autonome.

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