Le quotidien allemand Der Spiegel révèle qu'un rapport interne du ministère des Transports d'Allemagne aurait jugé que l'Autopilot de Tesla représenterait « un danger considérable » pour les usagers de la route. Le retrait des voitures n'est toutefois pas ordonné.

Le mode Autopilot de Tesla doit-il être interdit ? Alors que des voix s’élèvent même aux États-Unis pour le réclamer, le quotidien allemand Der Spiegel révèle qu’un rapport interne du ministère allemand des Transports a conclu que le mode de pilotage automatique de la Tesla Model S serait « un danger considérable » sur la route, ce qui ne sera certainement pas pour plaire au constructeur américain.

Parmi les griefs relayés par Reuters, figure le fait que «  le conducteur n’est pas prévenu par le système de pilotage automatique lorsque le véhicule se retrouve dans une situation que le logiciel ne peut pas régler », comme une route à double sens non séparée par une barrière. « Parmi d’autres problèmes, les capteurs de la voiture n’ont pas une distance de détection suffisante lors des manoeuvres de dépassement, tandis que le système de freinage d’urgence ne fonctionne pas de manière satisfaisante », ajouterait le rapport.

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Néanmoins comme toujours dès qu’il s’agit de l’Autopilot, le problème est de comprendre de quoi il est question. Depuis ses débuts, mais avec beaucoup plus de force encore depuis le premier accident mortel ayant impliqué le mode Autopilot, Tesla répète que son mode de conduite automatique n’est pas un mode de pilotage autonome. La subtilité linguistique et technique, c’est que l’automaticité permet de devancer les ordres que donnera le conducteur humain à la machine, alors que la conduite autonome fait que la machine prend toutes les décisions à la place de l’humain.

Tesla ne cache pas que des progrès restent à faire sur son Autopilot, et il a d’ailleurs déployé récemment une mise à jour importante pour renforcer sa sécurité, mais le constructeur américain estime que ses erreurs doivent toujours être corrigées par l’homme ou la femme qui se trouve derrière le volant. C’est de l’assistance à la conduite, pas de la conduite autonome.

Sans doute est-ce pour cette même raison qu’en dépit du rapport, le ministre des transports Alexander Dobrindt n’a pas ordonné le retrait des Tesla Model S. Il a toutefois précisé que des tests étaient toujours en cours et qu’une décision pourrait intervenir plus tard. Il ne s’agirait pas d’handicaper l’industrie automobile allemande, qui elle aussi vante de plus en plus les mérites de ses systèmes de conduite assistée.

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