« La révolution va venir par étapes », prévient Carlos Ghosn dans un entretien au Figaro. Si confier le volant à une IA deviendra naturel à partir 2020, il faudra attendre au moins cinq ans de plus avant de laisser une voiture conduire toute seule sans personne à bord.

Même si des voitures avec pilotage automatique sont déjà sur le marché, et que circulent déjà dans le monde des voitures sans chauffeur humain, il faudra encore de nombreuses années avant que les régulateurs acceptent de modifier la législation pour autoriser la circulation de voitures qui seraient exclusivement conduites par une intelligence artificielle. C’est en effet le point de vue éclairé de Carlos Ghosh, le patron de l’Alliance Renault-Nissan, développé dans une interview au Figaro.

« Concernant la voiture sans chauffeur, elle n’arrivera probablement pas avant 2025. Pour que le régulateur franchisse le pas et autorise ces véhicules, il faudra que toutes les conditions soient réunies, notamment en matière de responsabilité », explique l’industriel, qui a présenté au Mondial de l’Automobile un concept car très séduisant de voiture électrique et autonome.

«  Imaginer la conduite autonome à Paris, c’est plutôt facile, précise Ghosn. A Bombay, cela devient plus difficile compte tenu des nombreux aléas à gérer. La voiture autonome sera possible dans les villes et les pays où le code de la route et la cartographie des GPS sont clairs et les règles de conduite respectées. Un préalable toutefois : l’attractivité des véhicules nécessitera une offre de services développée en lien avec la connectivité et l’autonomie de conduite ».

La révolution va venir par étapes

En attendant la voiture sans volet ni pédales, ce sont donc les voitures semi-autonomes qui se développent progressivement, avec de plus en plus de sections de trajets délégués à la voiture. « La révolution va venir par étapes : d’abord sur autoroute, puis très rapidement en milieu urbain. Mais il faudra que la voiture soit connectée pour que cette technologie ait un intérêt », prévient Carlos Ghosn. Il pressent que le conducteur n’acceptera d’abandonner le plaisir de la conduite que s’il dispose à bord de services de divertissement ou de travail qui lui permettent de trouver une véritable raison de laisser le volant à une IA. « La voiture va devenir l’endroit d’où vous enverrez vos mails, où vous stockerez vos photos et ferez vos vidéoconférences. »

Dans cette optique, Renaut-Nissan a signé le mois dernier un partenariat stratégique avec Microsoft, pour fonder ses services de véhicules connectés sur la plateforme Azure de la firme de Redmond.

D’ici 2020, Renault-Nissan prévoit de lancer plus de 10 véhicules équipés de fonctions de conduite autonome et de services connectés. Au Japon, Nissan a déjà lancé son monospace Serena avec le système ProPilot, qui est appelé à gagner progressivement en capacités de conduite autonome au fil des mises à jour dont la roadmap est étalée de 2018 à 2020. Le système ProPilot sera aussi intégré aux crossover Qashqai vendus en Europe à partir de 2017.

À lire sur Numerama : La France approuve l’expérimentation des véhicules autonomes sur la voie publique

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