Microsoft a annoncé un partenariat avec Renault-Nissan, qui utilisera sa plateforme Azure pour développer les services de ses véhicules connectés et autonomes. Aucun partage de données personnelles n'est prévu.

Alors que les constructeurs avancent progressivement leurs pions dans l’automobile autonome et les services liés à la connectivité des véhicules, l’alliance Renaut-Nissan a annoncé lundi la conclusion d’un partenariat industriel avec Microsoft. « Les deux groupes vont collaborer au développement des futurs services connectés pour les véhicules reposant sur Microsoft Azure, l’une des offres de cloud intelligent de Microsoft. Ces nouveaux services amélioreront l’expérience du client grâce à la navigation avancée, la maintenance prédictive et les services centrés sur le véhicule, le contrôle à distance des fonctions du véhicule, mobilité externe et mises à jour en temps réel », annoncent les deux partenaires dans un communiqué.

Interrogé par Numerama, Renault-Nissan nous précise que l’accord ne prévoit aucun partage de données, ce qui veut dire que les trajets des propriétaires de véhicules Renault ou Nissan ne seront pas analysés par la firme de Redmond, ou en tout cas pas nominativement. Le constructeur automobile restera le propriétaire et l’exploitant des données de trafic collectées, les deux groupes se contentant de collaborer à une plateforme commune sur laquelle certaines applications seront co-développées tandis que d’autres resteront réalisées par Renault-Nissan.

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«  Renault-Nissan continuera de développer et de lancer de nouveaux services connectés  et des applications de connectivité qui permettront à chacun de rester connecté à son environnement professionnel, ses loisirs et aux réseaux sociaux ainsi que des services spécifiques à l’automobile basés sur les données d’utilisation. Ces services permettront le suivi en ligne, le diagnostic à distance et la maintenance préventive, afin de simplifier et d’améliorer la relation entre le conducteur et son véhicule », précise l’alliance franco-japonaise.

Une dizaine de véhicules avec conduite autonome d’ici 2020

D’ici 2020, Renault-Nissan prévoit de lancer plus de 10 véhicules équipés de fonctions de conduite autonome et de services connectés. Au Japon, Nissan a déjà lancé son monospace Serena avec le système ProPilot, qui est appelé à gagner progressivement en capacités de conduite autonome au fil des mises à jour dont la roadmap est étalée de 2018 à 2020. Il s’agit actuellement d’une version plus limitée (certains diront plus prudente) de l’Autopilot de Tesla. Le système ProPilot sera aussi intégré aux crossover Qashqai vendus en Europe à partir de 2017.

Dans son communiqué, Nissan dévoile son ambition technologique avec les voitures connectées, en indiquant tout ce qu’il veut faire grâce à la plateforme Azure de Microsoft :

• Permettre aux clients de personnaliser et de protéger leurs paramètres : Le client pourra personnaliser ses réglages sachant que les données sont sécurisées et qu’il a la possibilité de les transférer d’un véhicule à un autre, ou de les verrouiller et de désactiver le transfert. En ajoutant une expérience centrée sur le conducteur à bord du véhicule, la conduite devient personnelle et offre des options telles que des suggestions d’itinéraire individualisé et la navigation avancée.

• Améliorer la productivité : Avec Microsoft, Renault-Nissan va étendre à la voiture le domaine de la productivité – les trajets pendulaires quotidiens se transforment en une expérience productive en intégrant sans heurt les expériences numériques présentes au travail et dans la vie privée à l’intérieur du véhicule.

• Permettre les mises à jour en temps réel : Les clients pourront télécharger des mises à jour en temps réel pour obtenir, par exemple, la dernière version du logiciel de conduite autonome ou une application anticollision.

• Aider les clients à garder le contact : Le client pourra s’enregistrer facilement et communiquer l’heure estimée de son arrivée et prévenir ses amis d’un changement de programme. Il pourra également utiliser un logiciel de paiement automatique depuis le véhicule de péages d’autoroute ou de parking, avec une simple touche depuis son siège.

 Permettre de contrôler le véhicule à distance : Les propriétaires de voitures pourront contrôler leur véhicule de n’importe où, depuis leur téléphone mobile ou leur ordinateur portable. Ils pourront en confier le contrôle à un(e) ami(e) ou un(e) proche qui a besoin de l’emprunter – sans avoir à lui remettre des clefs physiquement. Ils utiliseront une application mobile qui les aidera à retrouver leur voiture, qui pourra lancer à distance le chargement de la batterie, préchauffer ou rafraîchir l’habitacle, ou verrouiller et déverrouiller les portières.

• Protéger le véhicule : Le logiciel de tracking ou suivi permet de localiser un véhicule volé et de le désactiver dès que l’occasion s’en présente. La technologie de “geofencing” crée autour de la voiture des barrières invisibles qui activent des notifications quand le véhicule entre ou sort d’une zone ou d’un itinéraire prédéfinis. 

• Améliorer l’expérience véhicule : Grâce à une connectivité accrue, le client aura accès à des services de diagnostic avancé du véhicule, ce qui permettra au constructeur de lui proposer des prestations individualisées. La collecte de données sur l’utilisation réelle du véhicule aidera également les équipes d’ingénierie à améliorer la qualité de la fabrication.

Renault-Nissan n’est pas le premier partenaire de Microsoft en matière de voitures connectées puisqu’avant le groupe de Carlos Ghosn, d’autres accords avaient été annoncés avec Volvo ou encore Toyota. La firme américaine dispose également de partenariats avec Ford, Delphi, Qoros, Harman ou IAV, avec différents degrés d’intégration, du simple système de divertissement à bord jusqu’au contrôle total de la voiture.

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