Un procès s'est ouvert mardi à Pékin, par lequel Tesla doit se défendre d'être responsable de la mort d'un jeune client qui a violemment percuté l'arrière d'un camion. Selon le père de la victime, le mode Autopilot était actif et responsable de l'accident.

Tesla China, la filiale chinoise qui importe les véhicules électriques de Tesla Motors en Chine, subit depuis mardi un procès dans un tribunal de Pékin. Un père affirme que le constructeur serait responsable de la mort de son fils Gao Yaning, 23 ans, qui a percuté un camion en janvier dernier, plusieurs mois avant la mort de l’Américain Joshua Brown dans des circonstances proches. Mais alors que Tesla avait reconnu que son mode Autopilot était actif dans ce dernier cas, l’entreprise d’Elon Musk assure qu’elle n’est pas en mesure de le confirmer en Chine, le véhicule ayant été trop endommagé pour collecter les données enregistrées dans sa « boîte noire ».

La plainte déposée par le père endeuillé, Gao Jubin, est restée très longtemps confidentielle jusqu’à ce que la chaîne publique CCTV en fasse état mercredi dernier.

Photo de l'accident (source : Electrek)
Photo de l’accident (source : Electrek)

La première étape consistera pour l’avocat du plaignant à convaincre le tribunal que le mode Autopilot était effectivement activé au moment de l’accident. Tandis que Tesla assure qu’il est impossible de le savoir, Gao Jubin demande que le constructeur communique à la cour toutes les données télémétriques et autres en sa possession, qui sont régulièrement envoyées vers les serveurs de Tesla pendant les trajets des automobilistes.

Il estime qu’il existerait déjà des indices montrant que le mode Autopilot était bien actif, comme la vitesse constante pendant les huit minutes qui ont précédé le crash, ou l’absence totale de réaction, visible sur cette vidéo du crash :

Autopilot actif ou non, est-il responsable ?

Si le tribunal estime que le mode Autopilot était effectivement actif, il faudra ensuite démontrer que Tesla est responsable de l’accident qui s’est produit. Or en Chine comme aux États-Unis ou partout ailleurs dans le monde, le constructeur affirme que son Autopilot n’est pas un mode de conduite autonome, mais un mode d’assistance à la conduite, qui ne dispense pas le conducteur d’être vigilant aux obstacles présents sur la route, pour reprendre le volant à tout moment.

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Le Financial Times écrit à cet égard que lors de l’audience, Tesla aurait raconté que «  même si un obstacle à venir était visible depuis près de 20 secondes, le conducteur n’a pas entrepris la moindre action pour l’éviter ou faire n’importe quoi d’autre pour rester en contrôle du véhicule ». Il aurait aussi expliqué que le conducteur avait ignoré les avertissements répétés — mais cela semble contradictoire avec l’affirmation selon laquelle Tesla ne sait pas si le mode Autopilot était bien actif, puisque les avertissements sont précisément déclenchés si l’Autopilot est actif.

La sécurité des voitures Tesla en mode Autopilot est devenue un sujet de débat en Chine le mois dernier, avant la révélation de l’existence de cette plainte, lorsqu’un conducteur a publié une vidéo qui montre que sa voiture a légèrement percuté un véhicule immobilisé sur une voie rapide. Tesla avait là aussi rappelé que son mode Autopilot n’était pas un mode de conduite automatique, mais d’assistance à la conduite, et que le conducteur humain restait seul responsable des éventuelles collisions. Toutefois le conducteur qui a lui aussi porté plainte affirme que les vendeurs lui ont présenté le mode Autopilot comme une véritable conduite autonome, en faisant même une démonstration sans les mains et avec les pieds en dehors des pédales.

Depuis, Tesla a modifié son site internet chinois pour supprimer toute référence à l’expression zidong jiashi qui veut dire « conduite automatique  » (en clair « Autopilot »), au profit de zidong fuzhu jiashi qui veut dire « conduite autonome assistée ». Il assure toutefois qu’il s’agissait d’une simple erreur de traduction, qui aurait été corrigée plusieurs semaines avant ce nouvel incident.

Aux États-Unis, la puissante association de consommateurs Consumer Reports demande également à Tesla de cesser de parler d’un « Autopilot » qui est un terme trompeur pour le grand public, qui ne sait pas qu’un « pilotage automatique » n’est pas un « pilotage autonome ».

Ces derniers jours, Tesla a déployé une nouvelle mise à jour de son système Autopilot, qui doit augmenter la fiabilité de son système de conduite assistée par une plus grande importance donnée au radar par rapport à la caméra, et apporter des contraintes supplémentaires aux conducteurs qui font trop confiance à leur véhicule pour conduire à leur place.

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