Dans le New York Times, l'ingénieur qui a fait migrer Apple vers les architectures Intel x86 raconte qu'il n'a pu décrocher un petit boulot de technicien dans un Apple Store. Il pense avoir été victime de discrimination liée à son âge, ce qui serait courant dans les entreprises technologiques.

Y a-t-il une limite d’âge informelle pour travailler en tant que technicien dans le Genius Bar d’un Apple Store ? Dans un article sur la  jeunisme dans les entreprises paru dans le New York Times, l’écrivaine et activiste Ashton Applewhite, qui se bat contre la discrimination à l’embauche, raconte une anecdote que lui a racontée JK Scheinberg, un ancien ingénieur d’Apple qui a eu une influence très grande sur le cours de son histoire.

C’est en effet JK Scheinberg qui a impulsé et conduit dans le plus grand secret le projet Marklar par lequel Apple a pu faire migrer Mac OS vers une architecture Intel x86 en 2005 à la surprise générale. Entré chez Apple en 1987 où il a travaillé sur le noyau du système, Scheinberg a finalement quitté l’entreprise en 2008, à 54 ans, pour prendre une retraite anticipée.

JK Scheinberg
JK Scheinberg

« On vous rappellera »

Mais las de ne rien faire de ses journées, il s’est finalement décidé à retrouver du travail et s’est naturellement dirigé vers Apple. Non pas vers le siège à Cupertino ou ses centres de recherche et développement mais très modestement vers une boutique Apple. Il a alors passé des entretiens pour être technicien dans le Genius Bar, le service SAV de la firme auprès de recruteurs deux fois moins âgés que lui. «  En partant, les trois personnes qui me faisaient passer l’entretien m’ont pointé du doigt et m’ont dit, ”on vous rappellera”. Ils ne m’ont jamais rappelé » confie-t-il, apparemment convaincu que c’est son âge qui a fait blocage.

Même si l’anecdote peut paraître curieuse, l’homme est connu pour sa modestie. Le projet Marklar en est né. Alors qu’il venait d’avoir un enfant, il avait demandé à Apple en 2000 à pouvoir retourner sur la côte Est des États-Unis pour se rapprocher des grands parents, ce qui l’obligeait à prendre un poste moins important. Mais ça lui permettait de travailler en partie à distance, en télétravail, de chez lui. C’est là qu’il a envoyé un mail à son supérieur Joe Sokol pour lui proposer de travailler sur une version de Mac OS X pour Intel. « Que ce soit en tant qu’ingénieur ou en tant que chef de projet/technicien, peu importe », écrivait-il dans un mail rendu public.

Comme Google, Apple ne publie aucune information sur sa pyramide des âges

Bien sûr, rien ne permet d’affirmer qu’il n’a pas obtenu le travail en raison de son âge et non en raison d’un CV bien trop impressionnant pour devenir simple technicien de base dans un Apple Store, ce qui peut poser des problèmes de management. Mais l’anecdote se veut illustratrice d’un problème plus général dans la Silicon Valley.

Cet été, deux ingénieurs ont attaqué Google en justice, s’estimant victimes d’une discrimination à l’embauche en raison de leur âge de plus de 40 ans. Ils demandent l’ouverture d’une action de groupe.

Comme Google, Apple publie des informations sur la diversité de ses employés, notamment « raciale » ou sexuelle. Mais comme Google, Apple ne publie aucune information sur sa pyramide des âges. À croire que la question est taboue ou qu’elle n’est tout simplement pas vécue comme un sujet digne d’intérêt.

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