Alors que les constructeurs se ruent sur les voitures autonomes, les clients ont un avis très partagé sur le sujet. La sécurité est le point qui divise le plus.

Elles sont encore à l’état de prototype pour la plupart, et il faudra patienter bien des années avant de les voir se débrouiller véritablement toutes seules sur la route. Mais déjà, quelques-unes se confrontent avec succès à la réalité de la circulation routière. « Elles », ce sont les voitures autonomes, le nouvel eldorado de l’industrie automobile dans lequel tous les constructeurs d’importance prennent position.

Dans ce domaine, les entreprises françaises sont aussi dans le coup. Le groupe PSA, qui détient les marques Peugeot, Citroën et DS, prévoit par exemple de lancer ses premières voitures autonomes en 2020. De son côté, Renault-Nissan proposera des modèles ayant une capacité de semi-autonomie d’ici 2019, avant de basculer dans l’autonomie totale après 2020.

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Audi vend des voitures semi-autonomes.

Reste une question : les consommateurs sont-ils prêts à suivre ? Dans le cas de la France, un début de réponse peut être donné en observant les résultats d’un sondage qui a eu lieu au mois de juin, dont le site eMarketer s’est fait l’écho. Mené auprès d’un échantillon de 1 008 personnes âgées d’au moins de 18 ans, il donne quelques tendances sur la perception qu’ont les sondés par rapport aux voitures autonomes.

La sécurité des voitures autonomes

Premier enseignement, les avis sont très partagés à l’idée de confier la conduite d’un véhicule à un système de bord. Le critère de la sécurité est celui qui divise le plus : à la question de savoir si une automobile dirigée par une IA  est plus sûre, les sondés se répartissent en deux groupes pratiquement égaux : 54 % des sondés sont d’accord, tandis que 45 % ne le sont pas.

Depuis leur apparition, les voitures semi-autonomes ont avalé des millions de kilomètres sans aucune difficulté. Mais depuis l’an dernier, des accidents impliquant ces véhicules d’un nouveau genre ont commencé à être identifiés. Au début du mois de juin 2015, Google en a identifié douze, mais aucun n’était dû à l’algorithme de pilotage automatisé, selon la firme de Mountain View.

Sondage français voiture autonome

Si Google a déjà fait état d’un blessé léger à bord d’un véhicule autonome, provoqué par une erreur de conduite du conducteur de la voiture de arrière, ce n’est que plus tard que la première faute du système de bord a été recensée : ce printemps, une Google Car en mode autonome a percuté un bus à cause d’une erreur de jugement sur l’intention du chauffeur. Un accident heureusement d’une gravité toute relative.

À l’heure actuelle, le cas le plus grave s’est produit à bord d’une voiture de Tesla Motors. Le mode de conduite autonome de l’automobile n’a pas réussi à détecter l’arrière d’une remorque de camion, qui est venu percuter le pare-brise. Le conducteur a été tué, ce qui a soulevé un certain nombre de questions juridiques, techniques et administratives sur le devenir de ce mode de transport.

Les Français divisés

Si la sécurité des voitures autonomes est un sujet de désaccord majeur, les autres points forts que l’on prête à ces automobiles divisent moins. Ils sont 58 % à trouver que le pilotage par l’IA offre un confort accru (41 % pensent le contraire). On retrouve cette même répartition à la question de savoir si ces autos sont en mesure de libérer du temps pour le conducteur.

Une libération toute relative, en tout cas pour les voitures semi-autonomes. Dans le cas des voitures vendues par Tesla Motors, le conducteur doit rester très vigilant même quand le mode de conduite automatique est actif : par exemple, il faut garder les mains sur le volant sous peine de déclencher une alerte sonore et il faut activer soi-même le clignotant pour dire à la voiture quand dépasser un autre véhicule.

Volant Audi
Un jour, le volant disparaîtra.

Le conducteur garde un rôle très actif : si le système commence à avoir du mal à gérer, il le prévient en amont pour le préparer à reprendre le contrôle. Cela nuance largement l’impression de liberté qu’offriraient ces voitures. En tout cas pour celles qui n’ont pas un mode entièrement autonome. Mais lorsque cela sera le cas vers 2030, le conducteur sera véritablement libéré.

Une importante majorité des sondés (76 %) estime que ces véhicules réduiront le plaisir de la conduite, puisque le conducteur humain sera de moins en moins aux commandes (23 % pensent le contraire). Cela inquiète d’ailleurs passablement les marques de luxe, comme Cadillac,Lamborghini et Porsche, qui craignent de voir leurs parts de marché s’éroder : à quoi bon avoir une voiture luxueuse si on ne peut pas la conduire ?

En définitive, les voitures autonomes mettent tout le monde d’accord sur un point : elles sont une chance formidable pour les handicapés : 89 % des sondés pensent que le pilotage par l’IA améliorera l’autonomie de ceux éprouvant des difficultés à se déplacer, que ce soit des paraplégiques ou des aveugles. Google, d’ailleurs, avait procédé à un test de ce type il y a quelques années.

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La voiture autonome de Google.

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