Pour son entrée dans la réalité virtuelle, Sony n'en a pas trop fait : notre premier test du casque nous montre des technologies maîtrisées au service du fun, compatibles avec toutes les PS4 du marché. Et il y en a beaucoup.

Gear VR, HTC Vive, Oculus Rift : nous avons mis sur nos yeux les trois grands casques de réalité virtuelle du moment et, chaque fois, l’expérience était différente. De la migraine quasi-instantanée du Gear VR à l’euphorie d’un Vive en passant par les moments sidéraux de l’Oculus Rift, nous avons à peu près fait tout ce qu’il était possible de faire… à l’exception du casque de Sony, le fameux PlayStation VR. Et pour cause : l’engin confirmé il y a peu ne sortira qu’en octobre 2016. D’ici là, il s’exposera dans les salons français et internationaux.

C’est donc dans les bureaux de Sony France que nous avons dû nous rendre pour tester la bête. D’aspect, le PS VR ne se différencie pas vraiment de ses concurrents : il s’agit d’une visière tenue bien en place sur la tête par des arceaux, avec des lunettes qui donnent sur un écran. Le système de fixation de Sony est pourtant très intelligent : il ne repose pas sur des bandes élastiques mais sur des bandes semi-rigides qui vous permettent de positionner l’engin sur votre tête très facilement.

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Sony a également prévu un deuxième axe mouvant qui vous permet d’avancer ou de reculer le casque sur votre visage, pour occulter la lumière le mieux possible. Notez que, contrairement au Vive qui a misé sur de la mousse, la partie du PS VR qui vient se coller sur vos pommettes est en plastique mou, un peu comme sur un casque de plongée. L’avantage, c’est que c’est beaucoup plus hygiénique : les mousses du Vive ont en effet tendance à s’imbiber de transpiration très rapidement. L’inconvénient, c’est que la lumière filtre un peu autour du nez et la position idéale de noir complet semble être difficile à trouver.

Sony nous a précisé que cette partie était la seule qui pourrait encore subir des ajustements d’ici la sortie commerciale de l’engin : tout le reste est définitif.

La Réalité en 1080p

Nous commençons notre exploration par une expérience passive qui va nous faire plonger dans l’océan — à croire qu’il s’agit de la première chose à laquelle pensent les développeurs quand ils imaginent une expérience de réalité virtuelle. Remarquez, c’est assez intéressant pour se rendre compte des performances du casque. On est agréablement surpris par la qualité générale de l’appareil. C’est un bond dans une autre galaxie par rapport au Gear VR qui n’est décidément pas un bon point d’entrée pour la réalité virtuelle tout en restant en-dessous du HTC Vive. Pour cause, le matériel embarqué dans une PS4 ne rivalise pas avec un gros PC et le casque en lui-même est équipé d’un écran 1080p, contre un écran de 2160 x 1200 pixels pour ses concurrents.

La caméra de la PlayStation 4, nécessaire pour faire fonctionner le casque, est capable de vous repérer dans une zone de 5m carrés à peu près, ce qui vous permet de vous déplacer. Moins qu’avec un Vive, mais suffisamment pour ne pas ressentir de motion sickness, ce malaise qui nous vient quand notre corps bouge dans un jeu et pas en même temps dans la fameuse vraie vie.

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L’expérience est vraiment à 360 degrés et on se sent à l’intérieur, pas spectateur : on ne penserait pas une seconde à remettre en cause la prétention de réalité virtuelle du PS VR, prétention dont on doute sérieusement dans un Cardboard ou un Gear qui ne sont que des lecteurs de vidéos à 360 degrés.

Dans une autre démonstration, nous faisons une course-poursuite sur une autoroute anglaise, dans laquelle nous dirigeons nos mains avec les manettes PS Move de la PS3 : on peut interagir avec le véhicule et les objets à l’intérieur, utiliser nos deux mains pour recharger notre arme ou encore, nous pencher par la porte entrouverte de la voiture lancée à toute berzingue. On se surprend à faire des mouvements de côté quand une moto ennemie s’explose beaucoup trop près de notre carlingue — tout comme nous avions fait un bond en arrière quand le requin de la première démo avait commencé à manger notre cage.

Les mouvements sont moins précis que sur le Vive et les sensations sont moindres, HTC ayant fait des manettes qui, par leur forme, sont très intuitives. Le PS Move n’a pas été pensé pour la réalité virtuelle et sa prise en main est parfois étrange. C’est aussi la caméra de la PS4 qui capture tous les mouvements, ce qui les rend bien moins fluides qu’avec des capteurs laser. Au fond, la technologie du PS VR est assez simple : il s’agit d’un casque occultant avec un écran embarqué, un bon gyroscope et une sorte de Kinect en façade.

La technologie du PS VR est simple et maîtrisée

Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir être suffisamment précise pour être amusante :  un petit jeu de foot vous propose de mettre des têtes comme si vous étiez sur le terrain et on se prend franchement au jeu en quelques minutes. Votre position par rapport au ballon, en profondeur comme sur les côtés, a un impact sur le point de réception et sur votre frappe. C’est vraiment plaisant et vous pourrez vous faire super mal si vous jouez près d’un mur, tant l’immersion est bonne.

La VR réaliste

En fin de compte, à 399 € — sans compter la caméra à 50 € que certains possèdent déjà et les PS Move, pas obligatoires tout le temps à 70 € –, on se dit que le PS VR est l’expérience de réalité virtuelle la plus réaliste par rapport au marché actuel. Elle ne casse pas la baraque au niveau des graphismes, vous verrez suffisamment les pixels de l’écran pour vous rappeler que vous êtes dans un jeu, mais dans l’action, le casque fait le travail et est suffisamment précis et maîtrisé pour que vous vous amusiez vraiment — et c’est bien le but. Le tout, avec pour seul matériel une PS4, la console la mieux vendue de cette génération.

Si Sony remporte son pari du côté logiciel en amenant des développeurs sur son terrain grâce à une base installée de consoles bien supérieure à la concurrence (qui a besoin d’un PC de compèt’ et d’un casque onéreux), le PS VR pourrait être le premier véritable gros carton du marché. Quand de vrais jeux sortiront, et Sony compte bien en sortir, il s’agira d’autant d’arguments dont manquera la concurrence. Les défauts du casque sont à relativiser par rapport à son prix et à son époque : à moins d’avoir testé toutes les technos du marché, très peu de joueurs se soucieront au fond de la qualité de l’écran ou du manque de précision des manettes.

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C’est assez clair pour nous : le PS VR est une v1 bien finie et sans audace qui laisse la place à des améliorations futures. Alors oui, Sony tire peut-être la technologie vers le bas mais il faut se souvenir qu’aujourd’hui, le seul casque que tout le monde peut acheter et qui est vendu comme de la VR est le Gear de Samsung, soit un bout de plastique pour regarder des vidéos en 3D de qualité smartphone. Par rapport à cela, Sony est déjà sur la Lune et tous ses clients potentiels ont les fusées pour y aller. HTC et Oculus sont déjà dans le futur, sur Mars… et ils attendent que l’humanité les rejoigne.

À lire sur Numerama : Pourquoi l’Oculus Rift va mourir (et laisser sa place aux autres)

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