Alibaba, celui qu'on nomme l'Amazon chinois, a juré dans une tribune au Wall Street Journal de lutter contre la contrefaçon. Une mission bien difficile.

Il suffit d’une requête simple sur AliExpress, l’application mobile pour les particuliers développée par Alibaba pour tomber sur des contrefaçons. Si l’on tape par exemple « Apple band », pour chercher des bracelets compatibles avec l’Apple Watch, on ne tombe pas vraiment sur des formes et des couleurs innovantes. Au lieu de cela, les bracelets milanais, en cuir, en silicone ou en métal sont les exactes copies de ceux proposés par Apple, au dixième du prix. On trouve même celui créé par Hermès avec sa grosse boucle en cuir.

Et pourtant, Jack Ma, fondateur d’Alibaba, affirme aujourd’hui dans une tribune au Wall Street Journal qu’il tient la contrefaçon en horreur et que son entreprise fait tout pour lutter contre ce phénomène si ancré dans l’industrie chinoise. Cette sortie publique arrive peu de temps après une citation de Jack Ma qui avait été longuement commentée par la presse : il avait affirmé que certaines contrefaçons sont meilleures que les vrais produits. Sortie de son contexte, cette phrase faisait de Ma l’apôtre du produit contrefait, ce qui n’a pas beaucoup plu aux marques qui luttent pour préserver la propriété intellectuelle de leurs produits.

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En contexte en revanche, Ma voulait simplement dire que les usines chinoises qui sortent des produits contrefaits travaillent effectivement avec les mêmes moules que lorsqu’elles œuvrent pour les clients et souvent, avec les mêmes matériaux. Nous avons commandé un bracelet à mailles milanaises pour une Apple Watch sur AliExpress et il est vrai que le résultat est bluffant : difficile, dans un Apple Store, de lui trouver la moindre différence avec l’original. L’œil expert verra peut-être des mailles plus grossières ou un métal moins noble, mais ce n’est absolument pas flagrant — et si le revendeur qui nous a livré a utilisé les cahiers des charges Apple, ce n’est peut-être même pas le cas.

Cette situation, Ma la condamne et souhaite la combattre, affirmant que « la contrefaçon s’assimile au vol ». Pour bloquer les produits contrefaits, Alibaba semble s’appuyer sur un système similaire à celui fourni par un YouTube pour les ayants-droits : un objet sera immédiatement enlevé du catalogue s’il est signalé par la marque comme étant une contrefaçon. Et pour chaque objet signalé, Alibaba en enlève « huit autres »  qui auraient échappé à la vigilance des marques.

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Cela dit, ce jeu du chat et de la souris ne sera jamais une solution radicale et définitive : les vendeurs sur AliExpress ne semblent pas avoir de problème pour republier leurs annonces ou les cacher derrière des noms proches des marques copiées. Et en tant qu’entrepreneur chinois, Jack Ma n’a pas hésité à reconnaître que les usines locales étaient en difficulté «  à cause du déclin des exportations qui viennent directement d’une baisse dans la demande des marchés occidentaux ». Voit-il en la contrefaçon une manière de rentabiliser l’activité des usines ? Publiquement en tout cas, la réponse est négative.

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