Les expériences extrêmes en réalité virtuelle ne sont pas légion. Alors quand on nous propose de sauter en parachute au Computex, nous fonçons. Et puis nous regrettons.

Dans les allées du Computex, en ce premier jour de salon, la réalité virtuelle a des allures de fête foraine. On y voit une flopée de stands arborant des HTC Vive ou des Oculus Rift, mais aucun ne propose un véritable jeu : tout au mieux voit-on, pour l’instant, des expériences. Des constructeurs font tester à la presse leur nouveau gadget à la mode : l’ordinateur dans un sac à dos. D’autres utilisent la VR comme un mètre étalon capable de certifier les performances de leurs nouveaux produits. Évidemment, le GPU GTX 1080 de Nvidia est de tous les stands.

On trouve également dans les allées quelques expériences qui conviendraient à l’idée que se font certains que la réalité virtuelle est le renouveau de la salle d’arcade et non une installation pour le grand public. Ces projets combinent la réalité virtuelle à plusieurs accessoires qui permettent de rendre une expérience encore plus immersive. C’est le cas de Para Parachute, qui a associé un Oculus Rift, une structure métallique qui tient un harnais, des cordes et une planche qui s’élève.

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Évidemment, en voyant au loin cette attraction, j’ai immédiatement eu envie d’essayer, moi qui suis toujours à la recherche d’expériences un brin radicales dans les mondes virtuels. Et je n’étais pas le seul : une queue commençait à se former devant cette expérimentation placée à cet endroit par la marque Cooler Master pour attirer la presse vers ses ventilateurs. En m’approchant de l’attraction, j’ai pu voir un peu mieux ce qui allait se passer. Pour le dire en quelques mots, il s’agit d’une chute libre de quelques secondes en réalité virtuelle, puis d’une descente lente contrôlée grâce à un système similaire à celui des parachutes et, finalement, un atterrissage.

J’aurais dû m’en douter en regardant les autres testeurs faire l’expérience avant moi. L’absence totale d’émotion sur leur visage cachait quelque chose, pour un jeu qui promettait de la chute libre et une descente en parachute. Pas un cri, pas un sourire, pas un souffle. Mes confrères avaient l’air aussi amusés que devant une mise à jour de Windows. Mais qu’importe, j’avais déjà attendu 10 minutes, je n’allais pas manquer cette occasion.

Je suis monté sur la planche amovible et l’un des équipiers m’a attaché dans un sac-harnais aux couleurs militaires. J’ai pris en main les poignées de commande et on m’a mis sur la tête un Oculus Rift et un casque fermé, histoire que l’immersion soit totale. En quelques secondes, j’ai compris qu’il n’en serait rien : le jeu développé pour l’attraction est cheap au possible, avec des textures qui semblent sorties de l’heure de gloire de la PlayStation 2. Rien n’est réaliste : je suis censé être dans un avion, je suis en fait dans une bouillie de pixels informe qui devient de plus en plus gênante quand elle se transforme en ville. Vous pouvez l’admirer en arrière-plan des photos.

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Et puis c’est la chute. En guise de descente, mes pieds se relèvent et je me retrouve à l’horizontale. Non, ce n’est pas automatique : un autre équipier a tiré une corde attachée à des poulies qui viennent me soutenir. Je ne ressens toujours rien. Deux ventilateurs classiques soufflent de l’air frais sur moi, mais leur puissance limitée déstabilise à peine mes cheveux. Niveau sensations, c’est le 0 absolu, Mallarmé devant le néant : aucune vibration, aucune impression de vitesse. Le jeu est terriblement mou et trop laid pour qu’il s’agisse au moins d’une expérience contemplative, comme celles, épatantes, que nous avions pu vivre sur le HTC Vive.

Et puis vient le drame : mes pieds sont relâchés par la poulie et… la version polie dirait que l’anatomie masculine n’est pas faite pour cette expérience. En clair et en cru, la formule reflète bien plus la sensation ressentie à ce moment de ma vie : je me suis fait broyer les couilles. Je comprends alors bien mieux la tête sans émotion, presque livide, de mes collègues masculins qui sont passés avant moi. Notez que les femmes n’avaient pas l’air plus emballées par l’expérience, mais étaient sûrement moins en souffrance. Moi, j’avais simplement envie qu’elle se termine le plus rapidement possible pour mettre fin à tout cela.

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Je me suis donc dirigé vers le toit le plus proche pour le raté final : pour simuler l’atterrissage, la planche est censée revenir sous vos pieds au bon moment. Manque de chance, elle n’est pas non plus déclenchée par la machine, mais pas un des gars du stand qui discutait avec son collègue et n’avait donc pas vu que j’avais touché terre. Il a fini par s’en apercevoir et 10 secondes plus tard, je retouchais la planche et me libérais enfin du sac-harnais emasculateur.

Verdict : le virtuel était nul, la réalité était pire.

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