Des dissensions au sein de Nest ont amené Google à écarter sa filiale de la conception d'un assistant virtuel matérialisé par un objet connecté. À la place, le géant de la recherche développera son concurrent de l'Amazon Echo en interne.

Vous connaissez peut-être l’Amazon Echo, ce petit haut-parleur conçu par le géant du commerce électronique qui peut être contrôlé à la voix, et dans une certaine mesure, interagir avec les utilisateurs. Depuis son lancement en 2014, l’Echo n’a cessé de s’améliorer.

Le haut parleur connecté d’Amazon va pouvoir accomplir des tâches simples, comme répondre à des questions ou jouer de la musique. Mais là où il devient vraiment intéressant, c’est qu’il peut interagir avec d’autres appareils et des services. Connecté à IFTTT, il devient par exemple un centre névralgique pour la domotique. Relié à des comptes utilisateurs, il peut commander un Uber ou encore lancer votre commande préférée chez Domino Pizza.

Troubles au paradis

Nous avons maintenant l’habitude d’utiliser les assistants personnels virtuels au sein de nos smartphones, mais l’idée de l’externaliser dans un objet connecté fait apparemment des émules. D’après un article publié par The Information, Google aurait un projet secret visant à développer un concurrent à l’Amazon Echo. Cela ne nous étonne pas dans la mesure où le géant de la recherche possède déjà toutes les cartes en main avec son propre assistant virtuel, Google Now.

Mais le site a obtenu l’information en s’intéressant au déclin apparent de Nest, une société spécialisée dans la domotique et les objets connectés rachetée par Google en janvier 2014. L’article fait état de grandes difficultés managériales dans l’entreprise. Nest Labs a été fondée par Tony Fadell, le célèbre designer derrière l’iPod. Or l’homme est décrit par ses employés comme un véritable tyran, perfectionniste à l’extrême, qui n’hésite pas à enfoncer publiquement ses collaborateurs.

Le thermostat connecté de Nest
Le thermostat connecté de Nest

Conséquence principale de cette bonne ambiance, certains employés quittent le navire en quête de plus verts pâturages. Sur le millier de personnes travaillant chez Nest, environ 70 employés sont déjà partis. Il s’agit pour la plupart d’employés de Nest, de Google ou encore de Dropcam, une start-up acquise par l’entreprise de Fadell en juin 2014.

Fuite de matière grise

Comme Greg Duffy, le cofondateur de Dropcam, la majeure partie de la matière grise a quitté l’entreprise. Duffy a confié qu’il était pratiquement impossible de travailler avec Fadell. Il était par exemple interdit pour Duffy de s’adresser directement au patron parce « qu’il ne l’avait pas mérité ».

Autre conséquence de ces bisbilles, le portfolio de produits de Nest n’a pas beaucoup grandi depuis l’acquisition, et les revenus ne sont pas à la hauteur des attentes du géant de la recherche. Ainsi, quand Nest a demandé à être intégré au projet secret pour concevoir un concurrent à l’Amazon Echo, le responsable en charge a refusé, préférant sûrement mettre au point en internet plutôt que de le confier à la filiale.

Les relations avec la maison mère ne sont pas au beau fixe, elles non plus. D’après les sources du site, l’entreprise ne collaborerait pratiquement plus avec Alphabet, un climat anxiogène qui pourrait sûrement mener à un changement de direction chez Nest.

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