Facebook a confirmé qu'il effectuait des recherches sur les ondes millimétriques dans un effort visant à connecter les quatre milliards de personnes qui ne disposent pas encore d'un accès à Internet.

L’ambition de Facebook s’étend bien au-delà de son réseau social. La firme de Mark Zuckerberg développe par exemple des technologies autour de la réalité virtuelle avec l’acquisition de l’Oculus Rift, et s’imagine même en fournisseur d’accès à Internet avec son service Free Basics.

Mais cela va encore plus loin. D’après des informations obtenues par The Verge, le réseau social a déposé deux brevets qui touchent à la diffusion d’Internet par ondes millimétriques. Un des brevets a été accordé fin 2015 et l’autre, déposé en octobre 2015, est encore en attente. Ils mentionnent tous deux un « Réseau de Données de Nouvelle Génération », sur lequel les ordinateurs seraient connectés entre eux via un maillage et des ondes millimétriques.

Contacté par le site, Facebook a confirmé qu’il était bien en train de développer une technologie qui utilise les ondes millimétriques, dans le but d’apporter Internet aux zones qui en sont démunies. «  Ce travail fait partie du Connectivity Lab [Laboratoire de Connectivité en français], qui soutient la mission d’Internet.org [ndlr : le premier nom de Free Basics] — à savoir connecter les quatre milliards de personnes qui n’ont pas accès à Internet » a confié un représentant de Facebook.

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Aquila, le drone solaire de Facebook pour diffuser Internet par les cieux.

Les ondes millimétriques sont la dernière innovation utilisée par le réseau social pour tenter de connecter les parties isolées et les plus pauvres du monde — et de facto grossir les rangs de ses utilisateurs. L’entreprise travaille également sur un projet qui vise à bombarder une connexion Internet depuis des drones. Baptisée Aquilla, l’immense aile flottante de Facebook devrait pouvoir voler autour des villes grâce à l’énergie solaire mais aussi au-dessus des zones plus dépeuplées et difficiles d’accès.

Une solution d’avenir ?

L’enjeu des ondes millimétriques est de taille. En effet, les réseaux actuels sont au bord de la saturation. Les prochaines générations de normes en matière de connectivité devront tenir le coup face à notre consommation toujours plus importance de bande passante. On fait donc souvent référence à ces ondes EHF (Extrêmement Haute Fréquence) quand on parle de la 5G.

Jusqu’à présent, il était difficile d’utiliser les ondes millimétriques (dont la bande de fréquence va de 30 GHz à 300 GHz) pour diffuser une connexion Internet. La solution présentait deux problèmes majeurs : il était extrêmement coûteux et énergivore de transmettre ces ondes de manière précise sur de longues distances et celles-ci ont beaucoup de mal à passer à travers les murs. En effet, les récepteurs d’ondes millimétriques ont besoin d’une ligne de vue dégagée vers l’antenne émettrice.

Mais certaines sociétés travaillent déjà sur l’utilisation des ondes millimétriques pour diffuser Internet. Google, qui espère également connecter les régions du monde les plus reculées avec le projet Loon, développe en parallèle un drone capable de diffuser une connexion Internet via les ondes millimétriques.

À gauche, le routeur, à droite, l'antenne extérieure.
À gauche, le routeur de  Starry, à droite, l’antenne extérieure.

Mais le projet de Zuckerberg se rapproche plus du procédé présenté par Starry, une société créée par Chaitanya Kanojia, l’homme derrière le feu Aereo. Starry propose de déployer un réseau d’ondes millimétriques maillé (où chaque utilisateur sert de relais) pour accéder à Internet avec un débit pouvant atteindre les 1 Gbit/s.

À titre de comparaison, la 4G actuelle ne dépasse pas les 150 Mbit/s, voire 450 Mbit/s dans le cas de la 4G+. Les personnes qui souhaiteront utiliser Starry (pour l’instant uniquement à Boston aux États-Unis) devront installer une antenne et utiliser un routeur spécifique créé par la société.

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