En levant près de 540 000 dollars sur Kickstarter, la startup montréalaise SmartHalo entend bien révolutionner les déplacements urbains à vélo. Pour expliquer comment fonctionne cet objet connecté d'un nouveau genre, nous avons laissé la parole à Sarah Duvivier.

Plus qu’une semaine pour vous procurer SmartHalo au tarif pré-vente de 119 $ ! Une fois les préventes terminées, il sera vendu 159 dollars.

Comment vous est venue l’idée de SmartHalo ?

Les quatre fondateurs de SmartHalo sont passionnés de vélo et voulaient trouver une solution pour améliorer les déplacements à vélo en ville. Ils souhaitaient créer un objet connecté qui serait le plus simple possible pour éviter de distraire les gens de la route, car en général, quand on met un portable sur un stand, on regarde les cartes et les infos qu’on reçoit sur son téléphone… ce qui peut être dangereux. Il fallait donc trouver un objet minimaliste, tant dans son design que dans son utilisation pour pouvoir améliorer la vie des cyclistes en ville.

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Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de l’objet ?

C’est un boîtier qu’on installe sur son vélo de façon permanente : il ne s’enlève qu’une fois toutes les trois semaines à peu près pour le recharger.

Sa principale fonctionnalité, c’est de la navigation turn by turn, c’est-à-dire qu’au lieu de suivre un itinéraire sur une carte, on va simplement regarder le boîtier qui va s’éclairer à droite quand on doit tourner à droite, à gauche quand on doit aller à gauche etc. Il est capable d’indiquer les demi tours et l’angle d’un tournant et savoir si c’est un tournant agressif ou un angle plus léger. C’est pour cela qu’on a appelé cela SmartHalo d’ailleurs : c’est un halo lumineux sur le tour du boîtier qui va s’éclairer selon l’endroit où on doit aller.

Sachant que l’objet reste sur le vélo, on voulait également que ce soit le plus sécurisé possible. Il est donc équipé d’une lumière qui va s’allumer automatiquement dès la tombée du jour et possède une alarme qui va se déclencher si quelqu’un d’autre que le propriétaire du SmartHalo s’approche du vélo et commence à le bouger de manière un peu violente. L’alarme qui se déclenche en pleine rue, c’est dissuasif.

Comment peut-il détecter que ce n’est pas le propriétaire ?

Le produit ne peut être connecté qu’au smartphone de son ou ses propriétaires. Si quelqu’un d’autre essaie de le secouer un peu, l’alarme va se déclencher. Pour l’éteindre, il suffit que le propriétaire s’approche de son vélo et SmartHalo le détectera automatiquement et stoppera l’alarme. Si son smartphone n’a plus de batterie ou qu’il ne l’a pas sous la main, il y a un code qu’on peut taper en morse sur le boîtier pour qu’elle puisse s’arrêter. C’était une de nos grandes innovations pour sécuriser l’engin sans courir les risques liés à la batterie d’un smartphone et répondre au problème des vols de vélo.

Navigation

Est-ce que SmartHalo peut collecter et transmettre des données ?

Oui ! Il va enregistrer des tas de données automatiquement sur votre course. Le SmartHalo se met en route dès que votre smartphone s’approche de lui et va commencer à enregistrer la distance parcourue, l’élévation de votre parcours, le nombre de calories brûlées etc. Ensuite, tout est disponible via l’application SmartHalo.

Cette application a été également pensée comme un assistant personnel : on reçoit des notifications sur le SmartHalo quand le smartphone envoie des informations à l’application. Appels, SMS et même la météo sont transmises à l’objet. En pratique, c’est un rond bleu qui s’allume au centre du SmartHalo et permet d’alerter le cycliste pour éviter qu’il réponde à ses notifications en conduisant. Nous avons intentionnellement omis l’addition d’un écran numérique pour préserver les cyclistes d’une potentielle distraction : on les invite plutôt à s’arrêter. 

On a conçu quelques-unes de ces fonctionnalités avec la communauté car le projet s’est financé sur Kickstarter. Chaque fois qu’on atteignait un objectif au-delà de l’objectif initial, on débloquait une fonctionnalité. La première, c’était de pouvoir importer des routes GPS sur l’application et exporter les données fitness sur des applications tierces. Ensuite, on a fait une sorte de lab où on a laissé les backers de Kickstarter nous donner des idées. Ça a fait naître une fonction klaxon et un compteur de vitesse visuel qui vous indique grosso-modo à quelle vitesse vous allez en faisant osciller la couleur du halo du vert au rouge.

SmartHalo App

Une fonctionnalité assez amusante qu’on a ajoutée également, c’est le vol d’oiseau. Il suffit d’entrer une destination et ça indique la direction absolue, avec une sorte de boussole qui va pointer vers elle, toujours sur le cadran de l’objet. Ça permet au cycliste de choisir ses routes tout en allant toujours dans la bonne direction.

Cela se recharge comment ?

Le SmartHalo a simplement besoin d’être déposé sur une station de recharge sans fil, de la même manière que les systèmes de recharge sans fil pour certains smartphones et quelques montres intelligentes. Au niveau de l’autonomie, on tient à peu près trois semaines à raison d’une heure de vélo par jour.

Quel était votre cahier des charges question design ?

Il nous fallait quelque chose de presque invisible à l’usage. Il y a pas mal de smart bikes sur le marché aujourd’hui mais ce sont des engins qui coûtent plus d’un millier d’euros : nous voulions que SmartHalo ne soit pas trop cher et surtout, qu’il puisse être compatible avec le vélo que vous possédez déjà.

Il fallait donc qu’on puisse l’adapter sur plusieurs types de guidon : aujourd’hui, nous avons réussi à faire en sorte que l’objet puisse se fixer sur 99 % des vélos. On devait aussi faire de  SmartHalo un produit qui soit le plus minimaliste possible pour éviter les distractions sur la route. C’est pour cela que tout repose sur un cercle lumineux.

Nous voulions que SmartHalo ne soit pas trop cher et qu’il soit compatible avec le vélo que vous possédez déjà

Parlons concret : vous en êtes où ?

Nous avons un prototype que nous avons présenté au CES 2016 et nous entrons dans la phase de production : ce qui est plutôt cool, c’est qu’on va rester au Québec pour produire. Cette phase devrait commencer d’ici la fin du mois — début février au plus tard.

Après, nous prévoyons de livrer les premières unités en mai à ceux qui nous ont soutenus sur Kickstarter qui sont, bien évidemment, prioritaires. La commercialisation grand public sera internationale et nous la prévoyons pour le mois de juin. On a déjà pris des préventes dans le monde entier et nous sommes en contact avec des distributeurs partout dans le monde.

L’autre point important dans le développement du projet, c’est le partenariat qu’on a signé avec PBSC. C’est la boîte qui fournit les Bixis à Montréal et ailleurs, l’équivalent des Vélibs, présents dans 17 villes dans le monde. C’est encore en négociation avec chaque ville pour savoir si elle souhaiterait équiper sa flotte avec SmartHalo, mais pour notre développement, c’est intéressant, car cela veut dire qu’on a potentiellement 45 000 vélos publics équipés avec notre technologie partout dans le monde.

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Et à l’avenir alors ? Des évolutions prévues ? De nouvelles idées ?

Oui ! Mais je ne peux pas en parler… Ce que je peux dire, c’est qu’on restera dans le monde du déplacement urbain et qu’on essaiera toujours de faciliter le mouvement dans les villes.

Les précommandes du SmartHalo sont ouvertes sur le site officiel : pour une commande depuis la France, cela vous reviendra à 119 dollars, soit à peu près 109 euros. Attention, ce tarif n’est valable que jusqu’au lundi 8 février. Après cette date, le tarif sera de 139 dollars. Dans le commerce, SmartHalo sera vendu 159 dollars.

 

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