Google est plus que jamais sollicité par l'industrie du divertissement pour lutter contre le piratage. L'année dernière, l'entreprise américaine a reçu un nombre record de requêtes pour des liens à déréférencer.

Face au piratage sur Internet, Google est plus que jamais en première ligne. L’industrie du divertissement, bien consciente que la firme de Mountain View est un point de passage quasi-obligé pour de nombreux internautes cherchant des contenus piratés à télécharger, ne ménage ainsi pas ses efforts pour que le groupe californien nettoie l’index de son service du mieux qu’il peut.

Et, à cet égard, 2015 est un record. En effet, d’après les statistiques annuelles de la société américaine rendant compte des nombreuses demandes de déréférencement de liens pour violation du droit d’auteur, qui ont été calculées par Torrentfreak, les liens ciblés par les requêtes adressées par les ayants droit l’année dernière ont dépassé la barre des 558 millions. Jamais un tel palier n’avait été atteint jusqu’à présent.

558 millions de liens pour la seule année 2015

À titre de comparaison, Google avait été alerté pour « seulement » 345 millions liens pour l’année 2014. En l’espace d’un an, l’industrie du divertissement a nettement accéléré la cadence, avec une progression de plus de 60 % du nombre d’adresses dans le viseur. En moyenne, cela représente un peu plus de 1,52 million de liens reçus chaque jour tout au long de l’année 2015. Considérable !

Au sein de cette masse invraisemblable d’adresses figurent de nombreuses URLs pointant vers les domaines chomikuj.pl, rapidgator.net et uploaded.net. Pour chacun d’eux, plus de 7 millions de liens ont été signalés à Google.

Le premier est méconnu dans nos contrées. Il s’agit d’un site polonais d’hébergement de fichiers en un clic qui existe depuis 2006. Les deux autres en revanche ont une notoriété plus importante par ici : il figure sur la liste des pires sites pirates selon les USA et l’un d’eux —RapidGator — a fait l’objet d’une étude du Département Recherche, Études et Veille de la Hadopi, qui portait sur l’univers du téléchargement direct.

Chomikuj, RapidGator et Uploaded tiennent la corde.

Du côté des ayants droit, c’est la British Recorded Music Industry (BPI, qui est le lobby de l’industrie musicale au Royaume-Uni) qui a fait preuve du plus grand zèle : elle a envoyé à la firme de Mountain View pas moins de 65 millions de liens à retirer de son index. Et de façon plus générale, 329 469 domaines différents ont été ciblés par 27 035 ayants droit.

Comme toujours, les données transmises par Google chaque semaine et compilées par nos confrères questionnent la tactique mise en œuvre par les ayants droit.

Même si ceux-ci se montrent critiques vis-à-vis de ce mécanisme et de ses limites (une notification n’entraîne pas forcément un retrait, par exemple, et des faux positifs peuvent apparaître), ces derniers s’en servent très largement, ne laissant ainsi aucun répit à Google. Et pourtant, la pratique du piratage ne paraît pas connaître de recul : elle s’adapte et se répand ailleurs, avec de nouveaux liens ou de nouveaux sites.

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