La start-up Airmap essaye de convaincre constructeurs et gouvernements de faire appel à son intermédiaire pour que les drones civils ne puissent plus voler librement dans des zones interdites ou réglementées.

Comment empêcher les drones d’entrer dans des zones où leur vol est interdit ? Plusieurs solutions sont envisagées, des plus soft aux plus radicales. Il y a tout d’abord l’immatriculation obligatoire des drones avec des transpondeurs qui permettraient aux autorités locales de savoir à qui appartient un drone détecté par les radars, pour verbaliser le pilote. Il y a aussi, pour les amateurs de solutions musclées, les lasers anti-drones ou les brouilleurs de communications, ou les fusils.

Mais la solution à plus long terme des autorités pourrait être d’imposer aux fabricants de drones d’installer dans les firmwares de leurs engins volants une fonctionnalité GPS qui vérifie que la zone dans laquelle le drone vole est bien autorisée. À défaut, les hélices refuseraient de tourner et le propriétaire serait obligé de quitter les lieux (ou de hacker son firmware).

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Certains fabricants commencent ainsi à implémenter des « no fly zones » dans leurs logiciels de pilotage, à l’instar de DJI. La marque américaine a commencé par intégrer à ses drones la carte des aéroports, en intégrant deux catégories d’aéroports. Autour des grands aéroports de catégorie A (en France, Charles de Gaulle, Marseille Provence et Nice Côte d’Azur), le vol est bloqué dans un rayon de 2,4 km, et restreint en hauteur dans un rayon de 8 km. Dans les aéroports plus petits de catégorie B, la zone d’interdiction totale est de 1 km. Depuis quelques temps, le système intègre aussi des zones spécifiques comme une large région autour de Washington, interdite en raison de la présence de la Maison Blanche.

L’application de contrôle du drone avertit le pilote dès qu’il s’apprête à franchir une zone interdite aux drones :

D’autres fabricants rejoignent le mouvement. Et c’est toute l’ambition de la start-up Airmap, qui propose aux constructeurs de drones une application qui leur permet de connaître précisément toutes les zones réglementées, et de les intégrer dans leurs firmwares pour que les drones ne puissent pas enfreindre la législation.

La préfecture de police aurait pu faire respecter son arrêté

La carte indique non seulement les aéroports, mais aussi les zones réglementées spéciales (comme Washington, les parcs d’attraction,…), les réserves naturelles qui exigent un respect de normes particulières, les hôpitaux, les écoles, les centrales électriques, etc. Par ailleurs, l’API est mise à jour en temps réel, ce qui permet aux autorités d’ajouter à tout moment une nouvelle zone interdite pour répondre aux situations d’urgence.

Ainsi par exemple, l’arrêté préfectoral qui a interdit les drones pendant plusieurs jours dans toute la région parisienne à la suite des attentats de Paris aurait pu trouver une traduction concrète dans Airmap. Il ne suffit que d’une loi pour la technologie soit imposée à tous les drones vendus dans le commerce.

La société — qui n’a pour le moment cartographié que les États-Unis — a déjà signé un partenariat avec DJI et a annoncé cette semaine un autre accord avec le fabricant 3DR, qui devrait la déployer d’ici la fin de l’année.

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