Issu d'une entreprise familiale agricole bretonne, Ubisoft est devenu le fleuron français du jeu vidéo et le troisième studio indépendant mondial avec le succès de son Assassin's Creed. Il est cependant assiégé par Vivendi, qui y voit une nouvelle conquête après celle de la petite sœur Gameloft.

Histoire de famille

Dans les années 80, les cinq frères Guillemot cherchent à diversifier leur entreprise familiale bretonne tournée vers l’agriculture. Après avoir fini ses études à San Francisco, Yves Guillemot revient en France et fonde Ubisoft avec ses frères. La légende dit que le suffixe « Ubi » désignerait « Union des Bretons indépendants », mais il ne semble en fait pas avoir de signification particulière. D’abord redistributrice de jeux vidéos existants, la firme fait tout de suite des essais dans la création vidéoludique. Dès sa première année d’existance en 1986, le jeu Zombi pour Armstrad CPC recueille un succès notoire.

Rayman de Michel Ancel devient en 1995 le premier jeu de la toute nouvelle PlayStation de Sony à sortir simultanément en Europe, aux États-Unis et au Japon. En 2002, Ubisoft sort Tom Clancy’s Splinter Cell grâce à la license acquise deux ans plus tôt. La licence décrépite Prince of Persia est également rachetée puis revitalisée en 2003 avec l’opus Les Sables du temps. Parmi d’autres licences plus tardives d’Ubisoft, on peut citer par exemple le jeu de rythme Just Dance sorti pour la première fois en 2009, et la licence de FPS Farcry.

En état de siège

La franchise phare d’Ubisoft est aujourd’hui Assassin’s Creed, jeu d’action et d’infiltration influencé par Prince of Persia, et ayant connu un énorme succès populaire et critique dès sa sortie en 2007. Les Lapins crétins de Michel Ancel sont introduits en 2006 dans Rayman contre les Lapins crétins en tant qu’antagonistes aussi ridicules qu’attachants ; et malgré des jeux vidéos tous mollement reçus par la critique, ces personnages connaissent un plébiscite en tant que marque.

Ubisoft dispose depuis 2009 d’une maison d’édition de bande dessinée, Les Deux Royaumes, et depuis 2011 d’une société de production, Ubisoft Motion Pictures. La firme est également présente dans les parcs d’attraction, essentiellement au Futuroscope, et prévoit de se développer ainsi à Montréal et Kuala Lumpur.

En octobre 2015, le groupe Vivendi prend une participation non sollicitée de 6,6 % dans Ubisoft et une autre de 6,2 % dans Gameloft, l’avant-poste mobile du clan Guillemot. Depuis, l’ombre du conglomérat de Bolloré ne cesse de s’étendre, annexant Gameloft et grimpant à 22,8 % du capital d’Ubisoft en été 2016. Malgré les contre-attaques des Guillemot, Vivendi est aujourd’hui l’actionnaire majoritaire du géant vidéoludique, et la peur d’une OPA hostile plane.

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