La troisième plus grosse entreprise de la tech par chiffre d'affaire, derrière Apple et Samsung, aime se faire discrète. Foxconn représente les petites mains qui assemblent les iPhone et les consoles de jeu, souvent dans des conditions déplorables.

Quête de clients

Hon Hai – le nom officiel de Foxconn jusqu’à ce jour – est fondé en 1974 par Terry Gou, alors un jeune Taïwanais de 24 ans, dans la banlieue de Taipei. La startup fournit alors des pièces en plastique pour téléviseurs. En 1980, la firme vidéoludique américaine Atari demande à Hon Hai de fabriquer le joystick de sa console Atari 2600. Flairant un filon, Gou part un an aux États-Unis en quête de clients.

C’est en 1996 que Hon Hai commence à produire les châssis des ordinateurs de bureau de Compaq, une firme puissante qui périra dans le crash de l’an 2000. C’est le début de la prospérité pour Foxconn, qui multiplie les clients de la Silicon Valley. Aujourd’hui, le principal client de Foxconn est Apple, dont il fabrique la plupart des produits majeurs à l’exception des Mac. La plupart des consoles de jeu, la Kindle d’Amazon et les produits d’entreprises telles qu’IBM ou Dell sont aussi fabriqués par le géant taïwanais.

Avec le rachat en 2016 de Sharp, fleuron historique nippon connu pour ses téléviseurs, Foxconn fait un pas hors de l’ombre de la sous-traitance pour s’orienter vers peut-être, un jour, la fabrication de ses propres produits d’électronique grand public.

Les petites mains de l’ombre

La plus grosse implantation Foxconn est celle de Longhua à Shenzhen ; c’était la première installation de la firme en Chine continentale en 1988. Le campus est une sorte de ville fortifiée totalement fonctionnelle où travaillent plusieurs centaines de milliers de personnes, dont un quart vivent sur place. Sur le 1,3 million d’employés de l’entreprise, l’immense majorité se trouvent dans la République populaire.

Au tournant des années 2010, Foxconn s’est retrouvé au cœur de plusieurs scandales autour de ses conditions de travail, impliquant notamment des suicides de masse, même si l’atmosphère de la firme ne serait selon certains pas spécialement pire que celle de nombreuses usines chinoises. Les ouvriers, parfois âgés de 14 ans seulement, travailleraient jusqu’à 76 heures par semaine pour des revenus dérisoires.

Pour y remédier, le géant taïwanais s’est retrouvé à augmenter les salaires, mais aussi à prendre des mesures plus douteuses comme installer des filets anti-suicide ou faire signer des chartes aux employés pour les engager à ne pas mettre fin à leurs jours. Osons espérer que la robotisation fasse avancer les choses dans le bon sens.

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