S'il fallait trouver la plus belle réussite économique du web en France, il faudrait citer la seule entreprise française étant entrée en bourse depuis les années 1990 : Criteo. Et comment ? En prenant la tête au niveau mondial la publicité ciblée en ligne.

Un début très frenchie

Au départ de l’aventure de la publicité en ligne, il y a trois français, Jean-Baptiste Rudelle, Franck Le Ouay et Romain Niccoli. Deux ingénieurs des mines et un entrepreneur. Dans le viseur, ils ont l’essor de l’e-commerce en France, imaginant les solutions de publicités ciblées pour les marchands français très tôt, ils vont parvenir à se développer parallèlement à ce nouveau marché. Jusqu’à l’année 2009 où ils deviennent rentable malgré leur investissement constant de l’élaboration de leurs technologies de ciblage.

Cette année sera un tournant pour l’entreprise qui reçoit alors 80 % de ses revenus sur le marché français. La rentabilisation permettra de passer à une expansion internationale après l’essai réussi des technologies en France.

Le poids lourd du nasdaq

Depuis ses 20 employés de 2008, des levés de fonds ont coulé sous les ponts. Aujourd’hui Criteo se place comme le leader français du NASDAQ mais le chauvinisme ne suffit pas à définir la réussite de l’entreprise.

En effet, son rôle international est affirmé et Criteo n’est plus seulement notre « anomalie française ». En 2011, la société débauche Greg Coleman pour prendre sa présidence, un ancien de Yahoo et du Huffington Post, affirmant son rôle dans la cour des grands. En 2014, Criteo passe aussi par le rachat de ses concurrents, étape primordiale pour affirmer sa toute puissance : Ad Quantic et Tedemis (21 millions d’euros).

Début 2016, on ne finit plus de parler de ce nouveau géant qui annonce sobrement le milliard d’euros de chiffre d’affaires et des levés de fonds record.

Criteo peut-il mourir ?

Il est toujours de bon ton d’annoncer avant tout le monde la mort d’une entreprise. Même s’il est difficile d’imaginer qu’un tel too big to fail périsse demain, la démocratisation menaçante des pratiques des ad-blockers met évidemment en péril le chiffre d’affaires du géant. À l’instar de ses clients, Criteo doit encore trouver sa pérennité sur le web contre les utilisateurs qui sont tentés par le blocage des pubs.

L’avenir se situe aussi dans la publicité embarquée, un marché encore à saisir tout à fait notamment dans les nouveaux wearables. Mais avec des perspectives plus que lumineuses, Criteo est loin d’avoir encore joué toutes ses cartes.

Partager sur les réseaux sociaux