L'iceberg qui s'est détaché de la barrière de Larsen, au nord-ouest de l'Antarctique, permet aux scientifiques d’observer les effets de ces phénomènes de fragilisation du continent glacier. Si cette situation permet d'en apprendre plus, elle inquiète toujours quant à une potentielle hausse du niveau de la mer alors que des fissures continuent d'apparaître dans la glace.

Début juillet, l’un des plus gros icebergs jamais observés se détachait de la partie C de la barrière de Larsen, au nord-ouest de l’Antarctique. Un phénomène qualifié de « naturel  » quelques heures après que les 5 800 kilomètres carré de glace se soient séparés du continent, malgré les inquiétudes autour de la fragilisation de la barrière et de nouvelles fissures.

Des inquiétudes des plus légitimes au vu des observations réalisées depuis par deux scientifiques, Anna Hogg de l’université de Leeds et Hilmar Gudmundsson de la British Antarctic Survey, grâce à l’Agence spatiale européenne (ESA) et le satellite Sentinel-1 du programme Copernicus. Leur travail leur a permis de réaliser une étude à propos de l’impact de cet évènement sur cette partie de la barrière de Larsen — publiée par le journal Nature Climate Change.

A.E. Hogg, CPOM, University of Leeds.

Les fissures se multiplient, l’iceberg s’éloigne

Comme leurs images le montrent, l’iceberg massif — nommé A68 — dérive de plus en plus du bord du continent, la distance étant estimée à 5 kilomètres. De plus, un ensemble de 11 petits icebergs se sont également formés à partir de l’iceberg et de la barrière restante. Plus inquiétant encore, les fissures qui ont séparé A68 du reste du continent continuent à se propager, remontant vers une zone appelée Bawden Ice Rise, un peu plus au nord.

Anna Hogg explique ce qui pourrait suivre dans cette région : « Si une barrière de glace perd le contact avec le continent glacier, soit par un amincissement soutenu, soit par un large phénomène de détachement d’iceberg, cela peut provoquer une accélération significative du progrès de la glace et de possibles déstabilisations supplémentaires. Il semble que l’histoire de Larsen-C ne soit peut-être pas encore terminée.  »

A. Fleming, British Antarctic Survey.

Cette observation permet néanmoins aux scientifiques de pouvoir évaluer et étudier les risques de ce genre de phénomène afin d’en apprendre bien plus sur leurs effets à court et long terme.

La formation d’iceberg en tant que tel n’impacterait que très légèrement le niveau de la mer. Ce sont plutôt les déversements de glace de l’intérieur du continent qui inquiètent et pourraient avoir un impact beaucoup plus global, le rôle des barrières étant justement de limiter ces chutes.

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