Une équipe de l'université de Washington a développé une technologie qui permet aux patients victimes des séquelles d'un AVC de retrouver leur mobilité perdue.

Parmi les femmes et hommes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC), près de la moitié ne peuvent éviter les séquelles. La défaillance de circulation sanguine dans le cerveau peut amener des pertes de mémoires, des difficultés à s’exprimer ou une paralysie plus ou moins importante du corps. Une rééducation est alors nécessaire, notamment sur les problèmes de mouvement ou de déplacement, et peut prendre beaucoup de temps.

Une équipe de chercheurs travaillant à l’école de médecine de l’université de Washington à St-Louis s’est ainsi penchée sur le problème, en développant une main robotique contrôlée par la pensée, afin de faciliter la rééducation des mains de patients. Nommée Ipsihand, cette technologie a été testée sur 13 volontaires ayant subi une attaque il y a 6 mois ou plus. Les résultats sont des plus positifs.

Matthew Holt/Sara Moser

Des progrès plus rapides qu’avec les méthodes classiques

Cette étude, publiée il y a quelques jours dans le journal Stroke et écrite par 9 scientifiques, se base sur les découvertes vieilles de 10ans du co-auteur David Bundy. Ce dernier a ainsi constaté que la partie du cerveau contrôlant les mouvements d’une partie du corps se trouve à l’opposé de celle-ci. Pour bouger le bras droit, c’est l’hémisphère gauche qui s’en occupe même si le signal électrique activant la commande part bien du bon côté du cerveau. Seulement, il se retrouve perdu, pouvant atteindre la partie touchée par le dysfonctionnement. Ainsi, un patient ne pouvant bouger la main droite verra son hémisphère gauche touchée.

L’Ipsihand propose ainsi de compenser cette absence de lien pour mieux travailler à la réhabilitation de son fonctionnement. La technologie est composée d’une main robotique à enfiler et d’électrodes pour capter le signal électrique du cerveau. Lorsque celui-ci est émis, les électrodes s’occupent alors de commander à l’appareil de plier l’index et le majeur afin qu’ils touchent le pouce. La rééducation proposée à ses patients leurs imposait de réaliser cet exercice 5 jours par semaine, pendant 10 minutes et ce minimum 2 fois par jour.

Parmi les 13 personnes sélectionnés pour cette petite expérience, seulement 10 ont tenu jusqu’au bout des 12 semaines, mais les progrès sont significatifs et rapides. Le score des patients s’est ainsi situé vers les 6,2 points sur une échelle de 57. Cela peut paraître faible, mais représente malgré tout une différence notable, qui peut permettre aux patients de s’habiller seuls, leur offrant autonomie et une meilleure qualité de vie au quotidien.

Cette technologie demande encore a être améliorée afin d’être nettement plus efficace, et peut-être permettre de s’imposer comme une méthode incontournable de rééducation. Celle-ci semble en tout cas nécessaire au vue du nombre de personnes touchés par des séquelles post-AVC, qui est la deuxième cause d’invalidité dans le monde. Elle concerne plus de 7 millions d’Américains et près de 1,2 million de britanniques.

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