Boeing présente le concept d'un habitat situé loin de la Terre afin d'accompagner les expéditions s'aventurant sur la Lune et Mars.

Et si la conquête de Mars par les humains passait par la mise en place d’une station spatiale autour de la Lune ? C’est la piste que propose Boeing avec la présentation lundi 3 avril de la « passerelle vers l’espace profond » (deep space gateway), une sorte d’ISS mais située à des centaines de milliers de kilomètres de la Terre.

En effet, contrairement à la station spatiale internationale, qui se trouve en orbite autour de la Terre à une altitude d’environ 400 kilomètres, le projet de Boeing consisterait à placer sa base à plus de 384 000 kilomètres de la planète bleue. Et celle-ci pourrait ensuite servir de tremplin pour des expéditions plus lointaines dans le système solaire.

Vue d’artiste montrant la base autour de la Lune
Crédits : Boeing

Cette base pourrait accueillir des expériences de pointe et contribuer à des missions vers l’espace profond dans le cadre de partenariats gouvernementaux ou avec le secteur privé, y compris à destination de la Lune. Elle serait alimentée en énergie par de larges panneaux solaires pour la propulsion et l’électricité à bord.

La station pourrait également servir de point de passage avant de se rendre sur Mars. Avec un système d’amarrage similaire à celui employé sur l’ISS, l’équipage pourrait d’abord être transporté autour de la Lune, faire une halte, puis partir avec le vaisseau taillé pour s’aventurer vers la planète rouge.

Le voyage vers Mars promettant d’être extraordinairement long et difficile, le vaisseau que projette de construire Boeing aura bien entendu tout l’équipement nécessaire pour pouvoir y vivre en toute sécurité, notamment vis-à-vis des rayons cosmiques. Comme l’ISS lunaire, le vaisseau fonctionnera avec de l’énergie solaire.

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Le véhicule chargé d’emmener l’équipage vers Mars
Crédits : Nasa

Selon Boeing, la conception de sa station spatiale autour de la Lune ne nécessite « que » quatre missions du Space Launch System de la Nasa (SLS, qui sera le futur lanceur spatial lourd des États-Unis, dont le coût est évalué à 35 milliards de dollars). Celles-ci pourraient commencer à partir de 2020.

En matière spatiale, Boeing et la Nasa sont des partenaires très proches et de longue date. Le constructeur aéronautique a par exemple fabriqué avec l’agence spatiale américaine la nouvelle génération des combinaisons des astronautes. De son côté, la Nasa a adapté l’ISS pour qu’elle puisse accueillir des missions commerciales, dont celles de Boeing, dont les vols d’essai de sa capsule doivent débuter l’an prochain.

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