La BBC a fait appel à une équipe d'ingénieurs de l'École polytechnique fédérale de Lausanne pour créer des reptiles-robots très réalistes. Ceux-ci sont utilisés dans une émission documentaire pour se camoufler auprès des crocodiles et des lézards dans leur environnement naturel.

Comment réaliser des images documentaires en immersion au plus près des crocodiles et autres lézards sans recourir aux encombrantes caméras cachées ? L’émission de la BBC Spy in the wild a décidé de faire appel à des reptiles-robotiques plus vrais que nature conçus spécialement par des ingénieurs de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) pour son épisode diffusé le 26 janvier.

L’idée a germé dans l’esprit de la production britannique après avoir découvert la première création des ingénieurs, Pleurobot, une salamandre robotisée. Elle lui a donc passé commande d’un crocodile et d’un lézard mécaniques contrôlables à distance afin de les camoufler au milieu de sujets bien réels.

Pour donner vie à ces copies, Auke Ijspeert et son équipe du laboratoire BioRob ont étudié de près la gestuelle et les modes de déplacement des véritables répliques pour mieux les reproduire. Les lézards et crocodiles robotiques, résistants à l’eau grâce à leur combinaison en latex particulièrement fidèle aux originaux, sont dotés de caméras — installées à la place de leurs yeux –, et dirigeables jusqu’à 500 mètres de distance.

Le robot sans sa peau artificielle

Vers des opérations de sauvetage ?

Plus qu’un simple support élaboré de vidéo, ces robots constituent une véritable mine d’or pour le BioRob, comme l’explique l’un de ses scientifiques, Kamilo Melo : « Nous recourons à une technique appelée robotique bio-éclairée. Nous étudions la biologie, récoltons des informations et des données pour les mettre au service de la conception robotique, que nous utilisons ensuite à leur tour pour comprendre la biologie originale. »

À terme, l’équipe espère pouvoir utiliser ces créations pour des opérations de recherche et de sauvetage en cas de catastrophe naturelle. Elle invite d’ores et déjà ses confrères à tester leurs créations dans des lieux réels, comme elle l’a fait avec ses reptiles dans un parc naturel du Ouganda particulièrement humide, donc propice à tester la résistance de ses robots.

Tomislav Horvat, l’un des collaborateurs de Kamilo Melo, l’affirme : « Nous encourageons les concepteurs de robots à les sortir du labo. Cela leur permettra d’apprendre des choses qui sont difficilement visibles dans des espaces contrôlés et d’améliorer considérablement leur apparence comme leur fonctionnement. »

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