SolarStratos est un projet suisse consistant à mettre au point un avion solaire capable de voler à 25 kilomètres d'altitude, dans la stratosphère.

Grâce à Solar Impulse, on sait désormais que les avions propulsés à l’énergie solaire sont capables de boucler un tour du monde sans causer la moindre pollution pendant le vol. Mas qu’en est-il de la stratosphère ? Les avions solaires sont-ils en mesure d’évoluer dans cette couche de l’atmosphère qui est située entre 10 et 60 kilomètres d’altitude ? C’est à cette question que veut répondre SolarStratos.

SolarStratos est un projet d’avion propulsé à l’énergie solaire destiné à voler très haut dans le ciel afin de démontrer le potentiel des énergies renouvelables. À l’origine de l’initiative un peu folle, une question s’est saisie de l’équipe suisse en charge de SolarStratos : « n’est-il pas essentiel d’aller plus haut pour illustrer la capacité des énergies renouvelables, ici, à la surface de notre planète ? ».

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SolarStratos

« Nous souhaitons contribuer en priorité à la protection de notre atmosphère », continuent les membres du projets. « Cela passe par une meilleure compréhension de ce qui s’y passe. SolarStratos volera à une altitude très peu fréquentée, dans un milieu fragile, propulsée uniquement à l’énergie solaire, sans la moindre émission de polluant et nous donnera la possibilité de réaliser des mesures inédites, jamais effectuées jusqu’à ce jour ».

Ainsi, depuis deux ans, les participants à cette aventure ont modifié un avion solaire pour l’adapter aux conditions très spécifiques du vol stratosphérique. Et pour cause : à une altitude supérieure à 75 000 pieds (près de 23 kilomètres), il n’y a quasiment pas d’air à respirer et la température descend à -70°C. Impossible d’entreprendre un tel voyage en petite chemisette.

SolarStratos
SolarStratos

C’est pour cette raison que le pilote de l’engin, Raphaël Domjan, portera une combinaison spatiale qui fonctionnera à l’énergie solaire, elle aussi. La pressurisation de l’avion solaire n’a pas été retenue car à 75 000 pieds d’altitude, il faut s’alléger au maximum l’appareil pour assurer sa portance. Il s’est avéré que la combinaison spatiale est une solution qui satisfaisait le cahier des charges.

L’avion lui-même pèse d’ailleurs 450 kg. Il a une envergure de 24,8 mètres et il mesure 8,5 mètres de long. Les panneaux solaires recouvrent sa surface sur 22 m² ce qui lui donne, selon SolarStratos, une autonomie de plus de 24 heures. Ce sera plus que suffisant : il est prévu que le voyage ne dure pas plus de 5 heures : 2h30 d’ascension, 15 minutes de vol dans la stratosphère puis 3h de descente.

SolarStratos
SolarStratos

La stratosphère est un domaine dans lequel aucun avion commercial ne peut aller. C’est aussi le cas de la majorité des avions militaires. Quelques appareils ont toutefois réussi à évoluer à une altitude pareille. C’est le cas du mythique Lockheed SR-71 Blackbird, avion de l’Air Force capable de voler à 25 kilomètres d’altitude. Mais il n’était pas propulsé à l’énergie solaire, lui.

Reste une question : quand SolarStratos va-t-il décoller ? Il est prévu une première phase en février 2017, avec des vols d’essai. L’équipe compte enchaîner avec des vols à moyenne altitude au cours de l’été prochain. Quant aux vols stratosphériques eux-mêmes, il faudra patienter encore un peu avant que ce biplace blanc s’approche de l’espace : il est question de les organiser en 2018.

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