Rosetta a tiré définitivement sa révérence le 30 septembre, en finissant ses jours à la surface de la comète Tchouri, à 13h19. Lors de sa mission longue de deux ans, ses instruments scientifiques ont collecté des tas de données qui occuperont les scientifiques pendant longtemps.

C’est la fin du voyage pour la mission Rosetta ! Vendredi 30 septembre 2016, la sonde qui a été en orbite autour de la comète 67P/Churyumov–Gerasimenko (ou Tchouri) pendant plus de deux ans a entamé sa descente finale pour s’écraser à sa surface. L’agence spatiale européenne souhaitait finir ce programme en beauté par un « ultime baiser », plutôt que de laisser la sonde mourir à petit feu, faute d’énergie du fait de l’éloignement progressif de la comète par rapport au Soleil.

L’engin s’est écrasé autour de 13h19, en envoyant des images jusqu’à son dernier souffle.

Jusqu’au dernier moment, Rosetta a en effet continué à transmettre un maximum de données aux scientifiques restés sur Terre, et à prendre des photos inédites.

Rosetta va servir jusqu’à son crash final

Paradoxalement, la fin de la sonde spatiale constitue une chance pour l’ESA : l’agence peut ainsi mettre la main sur des clichés en haute résolution et avec un niveau de détail jamais atteint. Cette photo a par exemple été prise à moins de 14 km d’altitude de la surface.

Une image prise par la caméra OSIRIS embarquée dans Rosetta
Une image prise par la caméra OSIRIS embarquée dans Rosetta

C’est d’ailleurs en se rapprochant de plus en plus de Tchouri que le petit atterrisseur Philae a été retrouvé à l’endroit qui avait été établi par les experts du centre nationale d’études spatiales après de savants calculs. Rappelons que depuis le 9 juillet 2015, il n’était plus possible d’établir un contact avec Philae, à cause d’un échec partiel lors de l’atterrissage. Philae est couché sur le côté, ce qui l’empêche de bien recharger ses batteries avec ses panneaux solaires.

Afin d’utiliser au mieux l’énergie qui reste dans Rosetta, qui s’éloigne inexorablement du Soleil, il a été décidé de désactiver les outils de communication destinés à entrer en liaison avec Philae. En effet, en se rapprochant de la surface, Rosetta était susceptible de croiser du gaz à des endroits où elle ne s’était encore jamais risquée. Il était donc autrement plus pertinent de mobiliser de l’énergie pour collecter et analyser des échantillons plutôt que de tenter en vain de contacter Philae.

Rosetta
CC DLR German Aerospace Center

Quand elle était en orbite, Rosetta a étudié la comète sous toutes ses coutures ou presque. Son envergure (4 km de long), sa masse (10 milliards de tonnes), l’effet du Soleil sur le comportement de la comète, sa composition sa température, mais aussi les gaz, la vapeur d’eau et les poussières que la comète éjecte. L’étude de la comète a aussi causé quelques surprises aux scientifiques, avec des mesures qui pourraient remettre en cause certaines théories sur l’origine de l’eau sur Terre et la formation du système solaire.

Quelques surprises

Parmi les aspects les plus remarquables figurent par exemple le fait que la signature atomique des molécules d’eau relevées près de la comète n’est pas la même que celle établie sur Terre, que la comète n’a pas de champ magnétique, que du dioxygène se trouve en grande quantité dans l’atmosphère et que la glycine — qui est le plus simple des acides aminés — et que des atomes de phosphore ont aussi été détectés. Ces deux composés contribuent à la formation des protéines.

La mission de Rosetta longue de deux ans autour de Tchouri occupera encore les scientifiques pendant de nombreuses années. Elle aura en tout cas captivé le grand public, au-delà des habituels enthousiastes, grâce à une très astucieuse personnalisation de la sonde et de l’atterrisseur, à grand renfort de communication sur les réseaux sociaux et de dessins animés. En attendant de nouvelles aventures.

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