Au Royaume-Uni, une équipe de chirurgiens a effectué une intervention très complexe dans l'œil d'un patient âgé de 70 ans en utilisant un robot ultra-précis.

Les chirurgiens ont beau suivre un cursus long d’une dizaine d’années, il arrive un moment où les praticiens même les plus aguerris se heurtent aux limites de leur propre corps. En effet, comment un spécialiste peut-il espérer retirer correctement une membrane fine d’un centième de millimètre se trouvant tout au fond de l’œil, sans l’abimer et en utilisant des instruments médicaux classiques ?

Une telle opération est hors de portée des médecins ayant recours à des techniques d’intervention habituelles. La complexité d’une chirurgie aussi pointue interdit bien sûr de faire la moindre erreur, car elle aurait des conséquences désastreuses pour le patient. Le geste doit pouvoir être précis, constant et maîtrisé. Il est inconcevable que la main tremble ou d’imaginer un faux mouvement.

chirurgie médecin

C’est en ayant ces contraintes en tête qu’une équipe médicale du centre hospitalier John Radcliffe, rattaché à l’université d’Oxford, a choisi de passer par un robot pour accomplir une opération intraoculaire. Une première mondiale, réalisée sur un patient âgé de 70 ans, qui a donné lieu à une publication sur le site de la faculté britannique pour annoncer l’exploit.

Le robot, Robotic Retinal Dissection Device (R2D2 — oui, c’est bien son nom abrégé), avait pour mission de s’attaquer à cette fameuse membrane qui devait être extraite de la rétine sans l’endommager. La laisser dans l’œil du patient était impossible : elle s’était contractée et froissée de telle façon que la vision était déformée un peu à la façon de ces miroirs déformants que l’on voit dans les fêtes foraines.

Le robot n’a pas travaillé seul. Il a en fait servi d’intermédiaire entre le patient et le praticien, qui utilisait des manettes spéciales pour contrôler les instruments chirurgicaux. Une mission de pointe. Au cours de l’opération, le robot a constamment travaillé à travers un micro-trou d’un millimètre de diamètre, en effectuant des allers-retours au fur et à mesure de l’intervention, et en gérant les éventuels mouvements de l’œil.

« Les technologies actuelles avec les lasers, les scanners et les microscopes nous donnent la possibilité de surveiller les maladies de la rétine à une échelle microscopique, mais les choses que nous voyons sont situées au-delà des limites physiologiques de ce que peut faire une main humaine. Avec un robot, nous ouvrons un tout nouveau chapitre de la chirurgie oculaire qui ne peut pas aujourd’hui être effectuée ».

Pour les médecins impliqués dans cette intervention, à commencer par Robert MacLaren, professeur en ophtalmologie, « nous venons d’assister à un aperçu de ce que sera la chirurgie oculaire dans le futur ». Le spécialiste en est convaincu : les robots vont de plus en plus contribuer à toutes sortes d’actes médicaux, et pas seulement au niveau des soins au niveau des yeux. C’est toute le secteur santé qui va se transformer.

Nous venons d’assister à un aperçu de ce que sera la chirurgie oculaire dans le futur

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