Le satellite Rosetta s'écrasera sur la comète Tchouri fin septembre, après deux ans passés en orbite. Une fin décidée par l'agence spatiale européenne.

Toutes les bonnes choses ont une fin, sur Terre comme dans l’espace. Après dix ans de voyage dans le vide interplanétaire et deux ans passés en orbite autour de la comète Tchouri, de son nom scientifique 67P/Churyumov–Gerasimenko, le satellite Rosetta va bientôt tirer sa révérence. Et plutôt que de laisser l’engin dériver dans le cosmos, il est prévu de lui offrir une fin spectaculaire.

C’est le souhait exprimé cette semaine par l’agence spatiale européenne (ESA), et cela plaît visiblement beaucoup à son homologue française, le centre national d’études spatiales (Cnes). « Pour conclure de façon magistrale sa mission, Rosetta, après une descente contrôlée inédite, ira rejoindre Philae et donnera un ultime baiser à sa comète », écrit-il dans un communiqué.

La comète Tchouri.
La comète Tchouri.

Ce grand final aura lieu le 30 septembre 2016 et marquera « la fin des opérations du satellite », précise Matt Taylor, le responsable en charge de la partie scientifique de la mission Rosetta au sein de l’ESA. À ce moment-là, il est prévu de rapprocher l’engin de la surface de la comète à une vitesse de 50 cm par seconde. Cette phase durera 12 heures, le temps de parcourir les 20 km les séparant.

Pour autant, le satellite ne restera pas inactif pendant sa chute contrôlée. Jusqu’au dernier moment ou presque, des clichés en très haute résolution seront pris et les instruments scientifiques continueront de fonctionner aussi longtemps que possible, afin de fournir aux chercheurs des mesures « totalement inédites », « que seule une approche finale pouvait garantir », assure le Cnes.

Un ultime baiser à la comète

Le choix de crasher Rosetta est due au fait que la seule source énergétique à laquelle l’engin a accès est celle fournie par le Soleil. Or, la comète est en train de s’en éloigner, et avec elle, Rosetta qui est en orbite et Philae, un atterrisseur se trouvant sur la surface. « Dès 600 millions de km, il sera très difficile d’emmagasiner assez d’énergie pour que Rosetta puisse travailler dans ces conditions extrêmes », note le Cnes.

C’est le 2 mars 2004 que la mission Rosetta a véritablement démarré, avec l’envoi de la sonde par une fusée Ariane 5. Dix ans plus tard, après un périple interminable, le satellite s’est placé en orbite autour de la comète 67P en août 2014. L’atterrisseur a été quant à lui déployé à la mi-novembre de la même année. Malgré quelques imprévus lors du posé, il a pu remplir une large partie de ses objectifs.

Son rôle ? Analyser sa composition et observer son comportement à l’approche du Soleil. Au total, le coût de la mission s’élève à 1,3 milliard d’euros.

Dans ce cadre, l’ESA a beaucoup fait pour la promotion de la mission, en allant recruter un acteur de Game of Thrones et en personnifiant Rosetta et Philae sur les réseaux sociaux pour susciter l’enthousiasme du public. Outre des données scientifiques, des clichés en haute résolution et sous licence libre ont été diffusés. Aussi, lorsque Philae n’a plus donné de signes de vie, un relatif émoi a pu être observé.

À lire sur Numerama : Le reste n’est que silence pour Philae, le laboratoire à comète de l’ESA

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