Après plusieurs échecs d'atterrissage sur une barge océanique, SpaceX prévoit de se simplifier la vie. En décembre, le prochain test d'une fusée réutilisable aura lieu sur la terre ferme.

La troisième tentative sera-t-elle la bonne ? Après avoir échoué à deux reprises dans la conception d’une fusée capable de décoller et de revenir sur sa base de lancement après avoir placé sa charge en orbite, SpaceX, la société fondée par l’entrepreneur Elon Musk, n’a pas dit son dernier mot : elle prévoit en effet d’effectuer un nouvel essai au cours du mois de décembre, mais cette fois sur la terre ferme.

C’est ce que rapporte Florida Today. Au lieu de faire partir son lanceur — le Falcon 9 — sur une barge océanique, SpaceX souhaite utiliser la base de Cap Canaveral, qui est opéré par l’armée de l’air américaine. La demande n’a pas encore approuvée par les autorités, dont la Federal Aviation Administration. Car à la différence des barges océaniques, Cap Canaveral se trouve en Floride, à une distance relativement proche de la population.

La décision de SpaceX a peut-être été motivée par les récents progrès conduits par Blue Origin, une autre entreprise qui planche aussi sur des fusées réutilisables. À la fin du mois de novembre, le groupe fondée par Jeff Bezos — qui est aussi à l’origine d’Amazon — est parvenu à faire décoller une fusée jusqu’à 100 kilomètres d’altitude et à la faire revenir sur le sol, sans aucun souci apparent.

Falcon 9 réacteur
CC Steve Jurvetson

De son côté, SpaceX a enchaîné les déconvenues au cours des derniers mois : le 10 janvier, l’atterrissage échoue à cause d’un mauvais angle d’approche sur la barge, provoquant l’explosion de la fusée. Un mois plus tard, le 11 février, la météo dégradée prive SpaceX d’une tentative d’appontage. Et le 14 avril, un trop fort vent latéral fait basculer le lanceur après avoir touché la barge avec succès. Là encore, il finit par exploser.

Bien sûr, comparaison n’est pas raison : la société Blue Origin  s’est contentée de faire « bondir » sa fusée depuis la terre ferme, baptisée New Shepard, à 100 kilomètres d’altitude avant de la rattraper. Cela reste évidemment un exploit technique, mais SpaceX fait face à des contraintes autrement plus difficiles : atterrir sur une barge qui est soumise aux aléas des courants marins et ravitailler la station spatiale internationale.

Le bond spatial de New Shepard, la manœuvre orbitale de Falcon 9.

Car en effet, la fusée Falcon 9 de SpaceX ne se contente pas de faire un petit saut dans l’espace. La firme achemine du ravitaillement dans l’espace ou place un satellite en orbite : il faut donc prendre en compte le poids supplémentaire dans la fusée, prévoir du carburant en conséquence et du carburant pour le carburant (qui pèse aussi). Et l’on ne parle même pas des manœuvres de détachement des étages et de rencontre en orbite.

Mais SpaceX semble admettre qu’il ne sert peut-être à rien de sauter plusieurs haies d’un coup. Mieux vaut franchir les étapes les unes après les autres : c’est peut-être pour cette raison que l’entreprise d’Elon Musk compte déjà maîtriser les atterrissages de la fusée Falcon 9 sur un terrain stable avant de se rajouter une difficulté supplémentaire en revenant sur une plateforme située en haute mer.

Barge océanique
CC SpaceX

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