Avec son champ de miroirs solaires Noor 1, le Maroc va pouvoir atteindre le seuil des 50 % d'électricité produite grâce aux énergies renouvelables. Un projet colossal qui ne manque pas d'ambition.

Elon Musk l’a évoqué le jour où il a présenté ses batteries pour la maison, les fameux Powerwall : quand un pays dispose d’une ressource comme un désert, c’est son devoir de l’utiliser pour générer de l’énergie grâce au soleil. Si l’ingénieur et ampef d’entreprise pensait au désert américain, le Maroc n’a pas eu besoin de lui pour appliquer ces recommandations. Ouarzazate, la porte du désert, va devenir en 2017 la capitale nationale de l’énergie solaire.

Schéma du montageWikipédia
Schéma du montage
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Et le projet ne manque pas d’ambition : il s’agira, une fois fini, du plus grand champ de miroirs solaires au monde, qui permettra au Maroc, avec l’éolien et l’hydraulique, de couvrir la moitié de ses besoins en énergie grâce aux énergies renouvelables. Noor 1, la première étape de ce projet pharaonique qui va commencer à produire de l’énergie dès 2017, est constitué de 500 000 miroirs attirant le soleil, répartis en 800 rangées qui suivent la progression de l’astre, comme le note le Guardian. Énergie totale produite à terme ? 580 MW d’électricité, sur une surface qui dépassera celle de Rabat, la capitale du pays.

En termes de technologie, le Maroc n’a pas choisi de miser sur le photovoltaïque. Les miroirs installés en plein désert vont capter la chaleur du soleil et la diffuser grâce à une solution de transfert de chaleur chauffée à 339 degrés se trouvant dans des tuyaux sur l’armature qui ira elle-même chauffer de l’eau. Cette eau, à ébullition, deviendra de la vapeur sous pression qui alimentera des turbines. Ce sont elles qui produiront de l’électricité. Grâce à des sables en fusion, la centrale solaire continuera à produire de l’énergie jusqu’à 3 heures après le coucher du soleil, permettant d’alimenter les maisons même la nuit.

9 milliards de dollars ont été investis dans ce projet qui fera du Maroc un pays en avance sur la question de l’énergie propre. À tel point que le gouvernement pense déjà à l’avenir : avec une ressource illimitée comme le soleil, il est possible de faire de l’énergie produite une marchandise exportable. Les moyens de la commercialiser en-dehors des frontières restent à construire, mais ce serait un véritable levier de croissance pour le pays et une aubaine pour l’Europe — et pour la France.

 

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