Six ans après son lancement, Skyrim s'offre aux joueurs de la Nintendo Switch avec un portage de qualité mais qui rappelle quand même que le RPG fait désormais son âge.

Quelle ne fut pas notre surprise de voir l’illustre et plébiscité Skyrim débarquer sur Nintendo Switch. Souvenez-vous, le RPG était subrepticement apparu dans la toute première vidéo présentant le concept de la console hybride et, peu après, Bethesda avait joué au poker menteur avant d’officialiser le portage.

Pour l’éditeur américain, qui soutient la Switch bec et ongle (ce qui est plutôt une excellente nouvelle au regard de son catalogue), cette énième version répond à une forme de logique : en attendant le prochain épisode, il faut bien meubler. Et après des relifting sur PS4 et Xbox One, Skyrim tape l’incruste sur Switch et passera aussi par la case réalité virtuelle histoire de boucler la boucle. Six ans après.

Bethesda maîtrise la Switch

On ne se faisait guère de souci quant au visage technique de Skyrim sur Switch. Contrairement à DOOM, véritable exploit surprise sur le petit écran, le RPG de Bethesda était sorti à l’époque sur PlayStation 3 et Xbox 360 — non sans souffrir de quelques lacunes –, deux consoles de la génération précédente. Par conséquent, malgré sa taille immense, il s’affiche plutôt très bien sur la console hybride de Nintendo, que ce soit via le dock ou sur l’écran de la tablette (c’est mieux qu’avec le dock, comme d’habitude). La fluidité est au rendez-vous, les temps de chargements sont contenus et la direction artistique est préservée.

On voit poindre, de temps à autre, quelques bugs de collision disgracieux (ils sont d’origine) et un soupçon de textures retardataires. Mais pas de quoi crier au loup ni au dragon, d’autant que le bénéfice premier de cette déclinaison s’inscrit dans la possibilité de l’emmener partout avec soi (attention, la batterie en prend pour son grade). Car, après tout, qui n’a jamais rêvé de tuer un dragon dans le métro ou le RER un jour de panne ?

La principale force de Skyrim sur Switch est donc sa portabilité, une exclusivité qu’elle peut arborer fièrement au devant des mods constituant le sel de l’expérience sur les plateformes compatibles, ces mêmes mods auxquels elle n’a pas (encore ?) droit. En revanche, le jeu ferait bien mieux de cacher sa compatibilité motion gaming. On n’aimait déjà pas gesticuler devant sa télé lors de l’éclosion de la technologie, alors encore moins en 2017 pour des actions essentielles (crocheter une serrure, décocher une flèche, donner un coup d’épée, parer). Un gameplay aussi ambitieux et riche que celui de Skyrim n’a pas vraiment besoin de ça pour renforcer l’immersion. Après, ce n’est qu’une option. Toujours dans les exclusivités, on passera volontiers sur les tenues et accessoires tirés de Zelda. Ce genre de crossover improbable en forme de fan service fera plaisir aux concernés et hérissera le poil des autres.

Skyrim fait ses six ans

On vous conseillera aussi de modifier le mapping des touches : de base, le saut est assigné à X et le menu du personnage à B. En inversant, ça va quand même beaucoup mieux et c’est plus logique d’un point de vue ergonomique. Qui plus est quand on sait que le saut est un mouvement très important dans Skyrim (oui, oui vous pouvez toujours escalader des montagnes en matraquant le bouton dédié).

Mais ce portage pose aussi la question existentielle suivante : ça vaut quoi, au fond, Skyrim six ans après ? Eh bien ça a quand même pas mal vieilli. Pas forcément toujours en mal puisque cet opus majeur des The Elder Scrolls conserve ce charme indéniable, cette générosité indéfectible et cette immense richesse. Acheter Skyrim, c’est l’assurance d’avoir des dizaines et des dizaines d’heures de quêtes et de balades en face de soi (les DLC Dawnguard, Hearthfire et Dragonborn sont bien évidemment inclus dans la cartouche), tout en répondant à certains fantasmes tirés de l’heroic fantasy (spoiler : se battre contre des dragons).

Acheter Skyrim sur Switch, c’est retrouver tout ça au format poche. Ou presque, en n’oubliant pas qu’il faut composer avec certaines limites de gameplay qui n’en étaient pas en 2011 mais qui le sont devenus avec le temps. Malheureusement et excusez cette lapalissade : rien n’échappe au temps, pas même un joyau de cet acabit.

Skyrim est disponible pour 49,99 € sur Switch..

En bref

Skyrim

Note indicative : 3/5

Après avoir brillamment porté DOOM sur Switch, Bethesda continue de proposer son catalogue aux joueurs de la console hybride en s'attaquant à Skyrim, véritable pépite datant de 2011. Si son âge le trahit, on est bien obligé de s'incliner, une nouvelle fois, devant la qualité globale du portage. Solide techniquement et tout aussi jouable, Skyrim affiche un visage attrayant sur Switch, à défaut d'être très joli.

Mais il faut bien reconnaître que le RPG commence sérieusement à s’empoussiérer au regard de ses mécaniques parfois vieillottes et de son gameplay devenu un poil lourd (il l'était déjà un peu à l'époque). Pour le reste c'est un quasi sans-faute parachevé par le principal atout de la Switch : sa portabilité malgré sa batterie très limitée (et vite vidée par la chasse de dragons). On conclura en se demandant quand même le réel intérêt de tout ça : en effet, qui n'a pas joué à Skyrim en 2017 ?

Top

  • Skyrim dans la poche, c'est top
  • Portage de qualité
  • Un contenu à en perdre la tête

Bof

  • Zéro mod
  • Le gameplay a vieilli
  • Le motion gaming ? Lol

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