Les majors hollywoodiennes ont remporté une importante victoire en Norvège puisque la justice a ordonné le blocage de nombreuses adresses liées à Popcorn Time.

Les internautes norvégiens qui espéraient profiter des contenus culturels en faisant fi du droit d’auteur vont devoir rentrer dans le rang. C’est en tout cas le scénario que les ayants droit adoreraient voir se dérouler maintenant que six des plus grands studios américains ont obtenu de la justice une ordonnance intimant l’ordre aux opérateurs du pays de bloquer l’accès à des plateformes illégales.

Plus exactement, les majors hollywoodiennes  (20th Century Fox, Columbia, Disney, Paramount, Universal et Warner Bros), en intentant leur action en justice devant un tribunal d’instance à Oslo, cherchaient à empêcher les internautes de Norvège de se rendre sur des sites reprenant le principe de fonctionnement de Popcorn Time, qui consiste à simuler un service de streaming via BitTorrent.

Dans le viseur figuraient popcorn-time.to, popcorntime.sh et popcorn-time.is, trois sites cherchant à apparaître comme les héritiers du projet initial, qui a baissé pavillon depuis. On notera que les sites n’entretiennent pas nécessairement des relations très amicales : celui ayant un nom de domaine se terminant en .is accuse par exemple celui se terminant avec .sh d’être une malfaçon.

Le premier site utilise une extension de domaine appartenant à l’archipel des Tonga, le deuxième exploite celle de l’île Sainte-Hélène et le troisième s’est enregistré auprès du registre gérant les adresses islandaises.

Six majors à la manœuvre, quatorze opérateurs concernés, de nombreux liens visés

L’action en justice des poids lourds du cinéma a aussi tapé dans plusieurs domaines associés (popcorn-time.xyz, popcorn-time.se, popcorntime-update.xyz), même si certains paraissent hors de propos (iosinstaller.com, ukfrnlge.xyz) ou bien  inactifs, désactivés ou vides (video4time.info, thepopcorntime.net, timepopcorn.info, time-popcorn.com, the-pop-corn-time.net, time4videostream.com, timepopcorn.net)

Selon Torrentfreak, qui fait état de ce jugement, des sites liés aux sous-titres ont aussi été pris par la patrouille (onlinesubtitles.com, opensubtitles.org et leurs sous-domaines), tout comme le site de liens BitTorrent YTS.ag, ainsi que les adresses YIFY.is, YTS.ph, api-fetch.website, eztvapi.ml et EZTV. En tout, indiquent nos confrères, l’ordonnance s’impose à quatorze fournisseurs d’accès à Internet.

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CC Andrew Hart

Les ayants droit ont marqué des points. Mais se pose la question de la pérennité d’une telle mesure, car les internautes qui ne peuvent plus accéder à l’un de ces services illégaux pourraient bien aller ailleurs, dans la mesure où les alternatives pour pirater (que ce soit en téléchargement direct, en streaming ou en passant un réseau en P2P comme BitTorrent) ne manquent pas sur Internet.

Pour les plus débrouillards, c’est-à-dire ceux qui savent utiliser un proxy, passer par un VPN ou changer les réglages DNS du PC, il sera même possible de continuer d’aller sur ces sites malgré l’ordre judiciaire et les mesures de blocage que les opérateurs vont devoir mettre en œuvre. Reste que pour les ayants droit, ce ne sont pas tant les quelques dégourdis qu’il faut bloquer que la masse des internautes du dimanche.

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