Toujours en rodage sur le marché du mobile, Nintendo continue de tâtonner mais tient à en faire un pilier de sa stratégie. Sans mettre la charrue avant les bœufs non plus.

Nintendo aura mis le temps à se plonger dans le marché du mobile et le constructeur, pourtant rodé, continue d’apprendre. L’échec de Super Mario Run, paralysé par un business model bancal, est une preuve mais cela n’arrêtera pas les ambitions de la firme, décidée à faire du mobile l’un des piliers de sa stratégie future. Le lancement prochain d’Animal Crossing : Pocket Camp, son troisième jeu déjà, en témoigne. «  Nintendo est un nouvel entrant sur le marché du mobile, et il y a encore beaucoup de choses que nous devons apprendre  » annonce Tatsumi Kimishima, le président de Nintendo.

Nintendo s’accroche

Tatsumi Kimishima refuse en tout cas de se réfugier derrière les marques phares et fortes de Nintendo : «  on ne peut pas, néanmoins, se contenter de porter nos jeux actuels et nos licences sur les mobiles  ». L’exemple Super Mario Run est criant : bien que téléchargé 200 millions de fois sur iOS et Android, l’adaptation des aventures du moustachu en format runner peine à devenir rentable en raison de l’obligation de payer une unique micro-transaction — 9,99 € — pour tout débloquer.

Il faut aussi prendre en compte que Nintendo est dans une position d’équilibriste : ses jeux mobiles doivent cohabiter avec son activité principale, qui reste de vendre des consoles traditionnelles. «  Parmi toutes nos idées, l’enjeu est de permettre à nos clients de jouer non seulement sur mobile mais aussi sur des consoles. Nous voulons construire le business mobile comme un pilier majeur du portfolio, mais nous n’avons pas encore atteint cet objectif  » précise, lucide, Tatsumi Kimishima.

Peut-on imaginer, à terme, un smartphone développé par Nintendo, à l’instar du Razer Phone ? «  Nous ne sommes pas dans une position où nous pouvons considérer devenir un constructeur de hardware  » rappelle-t-il. Mais ses propos semblent résonner à court terme.

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