Avec Call of Duty: WWII, Sledgehammer Games livre une campagne solo misant sur l'efficacité. C'est maîtrisé tout ce qu'il faut et suffisamment spectaculaire pour tenir en haleine pendant quelques heures.

Call of Duty, c’est le rendez-vous annuel prenant place début novembre. C’est la quasi-assurance, pour Activision, de faire marcher la planche à billets verts en capitalisant sur une marque plébiscitée et particulièrement suivie. Pour les joueurs, c’est l’opportunité de jouer à la guerre virtuelle avec un gameplay ayant fait ses preuves. En bref, Call of Duty fait partie des meubles et constitue un achat indispensable pour beaucoup, à l’instar des FIFA.

Sauf que l’opus de 2016, baptisé Call of Duty : Infinite Warfare, a fait un peu bobo à la licence malgré ses qualités indéniables. En 2017, les joueurs sont las des contextes futuristes et s’imaginent bien rouvrir leurs livres d’histoire vidéoludiques en (re)vivant les guerres ayant marqué le siècle dernier. C’est précisément ce que propose Call of Duty : WWII, sorte de retour aux sources s’articulant autour de la mode du moment : faire du neuf avec du vieux. Parfois du très vieux.

Un solo efficace

On ne parlera pas ici du multijoueur : les gens qui achètent COD pour cet argument-là savent déjà à quoi s’en tenir et, sur ce point, la franchise n’a plus rien à prouver dans son mix arcade/compétitif. En revanche, on va plutôt se pencher sur la campagne solo, généralement parent pauvre d’un jeu orienté multi, mais qu’Activision n’a jamais sacrifié sur l’autel d’une focalisation sur les sessions en ligne (contrairement à DICE avec ses Battlefield, One excepté).

Tous les Call of Duty ont bénéficié d’un mode histoire digne de ce nom, à la fois court, intense et spectaculaire. Naturellement, WWII ne déroge pas à la règle et parvient habilement à associer l’authenticité propre à la reconstitution de la Seconde Guerre mondiale et le côté blockbuster de ses aînés, ne laissant à l’arrivée aucun répit dans son format ramassé (5/6 heures à peine pour en voir le bout).

Un COD qui se joue sans déplaisir ni surprise

On ne sera pas surpris de voir que Sledgehammer Games, dont ce n’est que le deuxième épisode, a puisé dans d’autres adaptations pour nourrir la sienne. L’entrée en matière — le débarquement en Normandie — rappelle le film Il faut sauver le soldat Ryan tandis que son échelle, à taille humaine, renvoie à Band of Brothers. En nous mettant dans l’uniforme d’un jeune américain découvrant l’horreur de la guerre (un côté gamin envoyé au casse-pipe), les scénaristes misent sur la naïveté laissant peu à peu sa place au courage par la solidarité et l’esprit de camaraderie, amenant un bleu à devenir un véritable héros.

Il n’y a rien de foncièrement original dans ce récit (on le connaît par cœur), mais les codes, récités sans faute, livrent un COD qui se joue sans déplaisir ni surprise. Comme si Sledgehammer obtenait un 16 sur 20 sans mention spéciale à une interrogation prévue de longue date.

Une réalisation digne de ce nom

Ce constat ne serait pas aussi positif si la réalisation n’était pas au rendez-vous. Call of Duty : WWII mise en effet beaucoup là-dessus pour en mettre plein les yeux et les oreilles, beaucoup moins sur un casting trois étoiles (avec tout le respect que l’on a pour l’acteur Josh Duhamel, campant un gradé au bord de l’implosion). En plus d’un framerate à 60 fps, marque de fabrique de la saga, on profite d’un écrin visuel choyé, presque photoréaliste et à peine entaché par quelques bugs de collision.

Entre les cinématiques parfaites, la modélisation d’orfèvre, le sens du détail (parfois morbide), le formidable travail sur les ambiances ou encore les multiples effets qui animent les champs de bataille (avec le petit bonus HDR pour ceux qui sont équipés), Call of Duty : WWII donne envie de prendre les armes pour redonner des couleurs aux décors traversés, ternes et délabrés, par une Guerre horrible. Le sound design n’est pas en reste non plus, notamment du côté du rechargement des armes. Autant dire que FPS transpire la fidélité à une époque que l’on aimerait bien oublier.

Le retour des medikits

En parlant des armes, force est de reconnaître que le feeling général fait du bien à une heure où on avait pris l’habitude de l’automatique et/ou de l’exotique. De la même manière, l’absence de double-jump renvoie à des souvenirs d’antan telles des madeleines de Proust à la saveur très sucrée. Call of Duty : WWII se révèle par ailleurs un poil plus exigeant que ses prédécesseurs en réactivant une vieille mécanique : l’obligation de prendre des objets de soin pour en terminer avec la jauge de vie qui se recharge seule. Cela n’a l’air de rien, mais, dans le feu de l’action, ça change tout et oblige à revoir un peu sa manière de jouer.

La composante Band of Brothers, déjà évoquée, se retrouve en outre sur les coéquipiers contrôlés par l’IA et à qui on peut demander quelques précieuses ressources de temps à autre. On misera en revanche moins sur eux pour leur intelligence tactique.

Autrement, COD : WWII balance du script en veux-tu en voilà, multiplie les explosions, s’articule autour d’actes de bravoure parfois WTF et enchaîne les missions calquées sur certaines grandes dates de la Seconde Guerre mondiale. Un peu d’histoire vraie dans laquelle nous devenons pas à pas un protagoniste clef, dont la vie d’à côté ne cesse jamais vraiment. Car, après tout, ce n’est pas parce que l’on part à la guerre que le temps s’arrête net.

Call of Duty: WWII

En bref

Call of Duty: WWII

Déjà auteur de l'excellente campagne de Call of Duty: Advanced Warfare, Sledgehammer Games transforme l'essai avec un solo transpirant la maîtrise dans Call of Duty: WWII. Le FPS transpire la facilité dans cette propension à faire ce que les joueurs attendaient mais il s'avère suffisamment authentique et beau pour prouver que le studio ne trompe pas sur la marchandise et ne se moque pas du monde.

En somme, Call of Duty: WWII respecte la tradition et les habitudes : si vous voulez un solo court, intense et bien réalisé, c'est vers COD qu'il faut se tourner. Ensuite, libre à vous de répondre à l'appel du multijoueur et du mode Zombies pour rentabiliser un achat qui ne pourra se contenter d'une expérience aussi courte.

 

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