Nintendo prouve une fois n’est pas coutume qu’il n’a rien perdu de son inventivité. La Switch accueille un nouveau chef d’œuvre.

Le hasard du calendrier est en train de profiter à la Nintendo Switch. Déjà accompagnée de l’ébouriffant The Legend of Zelda : Breath of the Wild lors de sa sortie, la console hybride accueille Super Mario Odyssey à temps pour s’assurer un Noël l’esprit tranquille, à la fois festif et copieux. Car n’en déplaise à Link et son aventure maîtrisée comme jamais, mais les machines de Nintendo ne seraient rien sans leur(s) jeu(x) Mario. Et, en ce qui concerne la Switch, l’odyssée est grandiose. Le voyage inoubliable. Les souvenirs impérissables.

On se demandera, toujours, comment Nintendo arrive à repousser les limites de l’ingéniosité. La firme nippone avait déjà atteint le pinacle avec ses Mario sur Wii (les Galaxy) et s’était avéré plus timide sur l’opus Wii U (Super Mario 3D World), ce qui nous faisait arriver à une telle conclusion. C’était visiblement une anomalie, vite oubliée en jouant ne serait-ce que cinq minutes à Super Mario Odyssey, véritable synthèse des aventures du naguère plombier, aussi référencée que bourrée de trouvailles et d’imaginaire. Un must have pour les possesseurs de la Switch, encore plus, peut-être que The Legend of Zelda : Breath of the Wild, moins universel. Même si la comparaison n’a pas lieu d’être.

Chapi chapo

Bien sûr, on ne retiendra pas beaucoup l’histoire du jeu de plateforme. Une fois encore, la princesse Peach a été enlevée par Bowser et le méchant s’est mis en tête qu’il pouvait se marier avec en partant à la chasse d’objets clefs. Il a aussi kidnappé la sœur de Cappy, un couvre-chef bien décidé à aider Mario à sauver sa princesse pour faire d’une pierre deux coups. D’autant que le moustachu a perdu sa casquette dans son dernier combat face à Bowser. Coïncidence.

Cette intrigue, bon enfant et dans l’esprit 100 % Nintendo, n’est finalement qu’un prétexte à un éventail de balades dans divers mondes à la recherche de Lunes servant de carburant pour un vaisseau, celui qui permettra à Mario de remplir sa mission de toujours. Ô combien simpliste, elle se rattrape par toute cette palanquée de clins d’œil aux épisodes d’antan ou à toute la mythologie qu’imagine et alimente Nintendo depuis maintenant des décennies. Super Mario Odyssey ne trahit donc aucunement ses origines et on peut déjà s’attendre à (re)croiser certains personnages nouveaux dans les futures productions de la maison. Notamment ce fameux Cappy, très bavard.

La beauté de la variété

Si Super Mario Odyssey revendique une structure claire et limpide, sa richesse est indescriptible et sans pareille. Rangeant ses différents mondes dans les carcans habituels (de l’eau, de la glace, du feu…), le jeu se pare d’une foule d’ambiances diamétralement opposées, s’autorise des alliances improbables, ose installer Mario dans des situations risibles (Mario sur un scooter, Mario en tenue de mafieux) et parvient sans trop de mal à raconter des histoires par ses décors et la vie qui les habite. À la manière d’un explorateur, la mascotte se trimballe d’environnement en environnement avec ce sentiment d’inconnu et cet allié prénommé plaisir, lequel est perpétuel.

Autant dire que c’est avec les yeux écarquillés et les sens alertes que le joueur se plonge dans Super Mario Odyssey, se délectant de la moindre minute, guettant la moindre pause dans son emploi du temps pour aller choper une poignée de Lunes. L’expérience, sans aucune fausse note, devient vite addictive et la portabilité de la Switch prend alors tout son sens : on peut emmener notre petit shoot de joie partout et en profiter n’importe quand. C’est un argument réellement imparable, sinon unique.

On peut emmener notre petit shoot de joie partout et en profiter n’importe quand

Des idées plein la cartouche

Aussi ambitieux que Super Mario Sunshine et Super Mario Galaxy, Super Mario Odyssey affuble le héros d’une casquette vivante qu’il peut lancer à l’envi pour se défendre ou, plus important, interagir avec l’environnement. C’est à ce moment précis que la magie opère : quand un élément se déploie pour donner naissance à des mini-séquences au sein d’un terrain à explorer, que ce soit une ville un peu terne ou un désert beaucoup plus chatoyant, typé Mario. Il y a une idée de gameplay toutes les cinq minutes et c’est une pure expérience Nintendo. Dépaysante et, plus important encore, amusante, s’appuyant sur un socle connu — la plateforme — et une surcouche inédite — les pouvoirs de Cappy.

Pour aller plus loin, Cappy est capable de prendre possession de certains ennemis ou animaux. Par exemple — et on préfère ne gâcher aucune autre surprise —, incarner une grenouille permettra logiquement de sauter très haut. Ce constat est l’illustration parfaite de ce qu’autorise Super Mario Odyssey  : soit à peu près tout, transformant l’exclusivité Switch en un bac à sable, une mine d’or vidéoludique, un mini GTA pour les grands enfants que nous sommes et resteront toujours devant Mario, le compagnon des rêves et souvenirs les plus variés et colorés.

Autre preuve que Nintendo pense à tout, Mario peut parfois venir se plaquer contre un mur pour donner naissance à une phase en 2D à l’ancienne. Façon Rétrogaming. Une manière de surfer sur les modes, de se retourner sur un glorieux passé et de faire écho à l’héritage nourrissant la mémoire de tout un chacun. Légende parmi les Légendes, Mario reste le roi dans nos cœurs, même lorsqu’il se déguise.

Mario <3 Barbie

Effectivement, on peut récupérer moult tenues dans Super Mario Odyssey, à débloquer ou à acheter avec les traditionnelles pièces ou une monnaie spéciale, propre à chaque contrée traversée (d’où la notion primordiale d’exploration). Mario quitte alors sa salopette pour devenir Barbie et il est possible de lui offrir une garde-robe digne de ce nom, avec des costumes drôles, référencés ou simplement mignons. Voire les trois qualificatifs à la fois.

Néanmoins, vous arriverez vite au bout. Enfin, vous arriverez vite à la confrontation face à Bowser. Sauf que ce n’est aucunement la conclusion du voyage. Bien au contraire, terrasser le vilain n’est que le point de départ d’une aventure bien plus riche et grande encore, consistant à décrocher toujours plus de Lunes pour continuer à naviguer en plein Septième Ciel. Il y a même des paliers à atteindre pour dénicher des niveaux secrets à la difficulté bien supérieure (250 et 500) tandis que les mondes déjà traversés offriront encore plus de tâches à accomplir. Autrement dit, le potentiel est énorme et il y a matière à être occupé pendant des semaines et des semaines. Quitte à être dans la lune aux yeux de son entourage. Au pire, vous pourrez jouer en duo.

Le meilleur ami de la Switch

Sans surprise, Super Mario Odyssey n’oublie pas non plus de profiter de la Switch pour s’affirmer comme l’un de ses faire-valoir. Un constat étayé par l’exploitation des Joy-Con : on peut, effectivement, faire tournoyer les manettes pour lancer la casquette. C’est une spécificité, au demeurant loin d’être indispensable et obligatoire, plutôt réussie, et héritière des quelques éléments de motion gaming présents dans les Super Mario Galaxy. Une autre manière de rappeler que les Mario ne cesse de jouer aux vases communicants. Toujours.

Il parvient également à être plutôt joli sur une console n’ayant rien de surpuissant face aux standards qui l’entourent et lui rappellent chaque jour. La résolution n’est pas en 4K mais la magie visuelle opère au regard de l’exploitation du moindre pixel. Ce qui donne naissance à un univers artistiquement fouillé et éveillé, à des mimiques terriblement craquantes, à une variété bienvenue, presque poétique, à des détails qui font toute la différence (les effets de brume pour ne citer qu’eux)… En bref, autant d’éléments aptes à faire oublier les ombres venant ternir un tableau vieillot que l’on aime malgré tout admirer (les rares ralentissements, l’aliasing omniprésent).

Nintendo a, pour terminer, soigné la bande-son, clôturant l’écrin avec des envolées toujours justes par rapport à ce qui se passe à l’écran. Là encore, la générosité est telle qu’on en prend plein les oreilles, à chaque seconde, à chaque pas dans la découverte ou la redécouverte. Un travail d’orfèvre et de chef d’orchestre, maîtrisé à la note près.

Super Mario Odyssey est disponible pour 49,99 euros sur Switch.

Super Mario Odyssey

En bref

Super Mario Odyssey

Avec Super Mario Odyssey, Nintendo décroche une nouvelle fois la Lune. Une habitude qui se perpétue généralement d’épisode en épisode alors que les limites n’en finissent plus d’être caressées, finalement transcendées. Copieux, généreux et mignon, le titre exclusif à la Switch se pose comme un joyaux qui se polit au gré de l'avancée, comme un incontournable de la console hybride. Voire de l’année 2017, pour aller plus loin. Voire jusqu'au prochain Mario, si l'on veut faire de la prospection.

Et tandis que Sony et Microsoft sont repartis dans une course futile à la puissance, Nintendo continue de prouver qu’il reste le champion toutes catégories dans l’essence même du jeu vidéo : l’amusement. Super Mario Odyssey en est le parfait témoin et il occupera les possesseurs de la Switch pendant un bon moment, espérons jusqu’à la prochaine aventure de l’ex-plombier toujours moustachu. On dit merci qui ? Merci Nintendo. 

Top

  • Une richesse inouïe
  • Des idées de gameplay plein la besace
  • Un must de plus sur la Switch

Bof

  • Mériterait d'être plus beau
  • Trop addictif
  • C'est quand le prochain ?!

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