Manveer Heir a travaillé sur la franchise Mass Effect pour le compte d'Electronic Arts. À la suite de la fermeture de Visceral Games, il s'est quelque peu lâché sur la stratégie actuelle du géant américain. Et des gros éditeurs en général.

Electronic Arts a récemment décidé de fermer Visceral Games et de revoir totalement le projet Star Wars sur lequel le studio travaillait. Les termes employés laissent peu de place aux doutes : d’un jeu hyper narratif et linéaire à la Uncharted, il passera à un monde ouvert plus universel, plus dans l’air du temps. Et aussi plus facile à monétiser à en croire Manveer Heir, ex-développeur chez BioWare Montreal ayant notamment travaillé sur Mass Effect 3 et Mass Effect Andromeda.

Plus de mondes ouverts = plus de microtransactions

De toute évidence, Manveer Heir n’avait pas l’air très étonné en apprenant le changement de direction opéré pour le jeu vidéo Star Wars. Dans le podcast Waypoint (via Eurogamer), il raconte : « C’est définitivement un truc propre à EA. Ils poussent généralement vers les jeux en monde ouvert. Tout simplement parce que vous pouvez beaucoup mieux les monétiser  ». Il s’appuie sur l’augmentation des microtransactions dans nombre de blockbusters actuels. Elles permettent en effet aux éditeurs d’accroître leurs revenus en faisant payer aux joueurs des choses qu’ils pourraient obtenir en jouant. Manveer Heir cite volontiers sa propre expérience : les packs de cartes du mode multijoueur de Mass Effect 3.

Manveer Heir trouve néanmoins des circonstances atténuantes : les jeux ambitieux coûtent cher et sont, par extensions, plus compliqués à rentabiliser. «  En général, EA et les gros éditeurs se soucient uniquement du retour sur investissement. Ils s’en foutent de ce que veulent les joueurs, ils voient uniquement ce que les joueurs sont prêts à payer  ».

« J’ai vu des gens dépenser 15 000 $ sur des cartes pour Mass Effect  »

Et le pire dans tout ça ? C’est que ça marche… « J’ai vu des gens dépenser 15 000 $ sur des cartes pour Mass Effect  », confie l’intéressé. Les microtransactions, tant décriées, semblent rapporter beaucoup d’argent et s’apparentent à un véritable gagne-pain en plus, « des revenus répétés contre des recettes uniques  ». Et c’est pourquoi EA et les autres tirent volontairement sur la corde pour inclure du multijoueur ou du gameplay en monde ouvert là où ce n’est pas nécessaire ou obligatoire, voire inadapté. Ce qui fait dire à Manveer Heir : « cela signifie que les AAA solo linéaires sont morts pour un bon bout de temps chez EA  ».

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