En mai 2017, DC Rebirth a commencé à débarquer dans toutes les librairies françaises. Renouveau des séries de DC Comics souhaitant réinjecter de l'espoir et de la lumière dans les aventures de ses héros, Rebirth apporte bon nombre de nouvelles séries se voulant fraiches et accessibles. Petit point sur les sorties et les titres à ne pas manquer pour se lancer dans l'univers DC.

Si vous suivez l’actualité de DC Comics en France ou aux États-Unis, vous en avez surement entendu parler : l’éditeur de Superman et Batman a décidé de relancer complètement sa gamme de comic-book avec l’initiative DC Rebirth.

Cet évènement permet de (plus ou moins) rebooter les aventures de la myriade de super-héros du catalogue de la Distinguée Concurrence tout en accélérant le rythme de publication de certains titres phares, avec deux numéros par mois. Le but est évidemment d’attirer de nouveaux lecteurs avec des numéros 1 ouvrant sur des péripéties inédites et, parfois, une nouvelle proposition artistique.

Urban Comics, éditeur des titres DC Comics (mais pas que) dans l’Hexagone, a ainsi mis les petits plats dans les grands pour assurer cette Résurrection, avec des nouveaux titres kiosques, un album massif DC Univers Rebirthdont nous vous avions déjà parlé lors de sa sortie, en mai 2017 — mais aussi toute une série de premiers tomes réunissant les débuts des séries les plus populaires du lancement.

De Batman à Wonder Woman, en passant par la Suicide Squad ou ce bon vieux Clark Kent, ce sont déjà huit séries qui sont proposées, en attendant l’arrivée d’autres titres d’ici la fin de l’année. Récapitulatif des sorties, des plus immanquables en allant même jusqu’au passable.

Batman Rebirth

Un nouveau titre Batman est, à chaque fois, un évènement à lui seul. Encore plus quand il est écrit par Tom King, le scénariste récemment primé pour sa maxi-série sur La Vision.

L’ancien agent de la CIA s’offre donc le Chevalier Noir, et commence doucement mais sûrement en introduisant de nouveaux héros, Gotham et Gotham Girl, des frères et sœurs aux pouvoirs semblables à ceux de Superman. Un duo qui permet à King de redéfinir la ville du héros masqué. Le scénariste se sert en effet de ce prétexte pour jouer d’entrée avec la psychologie du Batman, qui va — dès le premier épisode — accepter sa mort face à une situation qu’il ne peut changer.

La difficulté de ce premier tome est de servir une intrigue légèrement tiède, sans grande surprise ni éléments réellement marquants. Ici, le rythme et l’écriture sont classiques mais efficaces, permettant à Tom King de jouer avec les codes des comics grand public. Un David Finch (Avengers La Séparation) plutôt en forme accompagne le scénariste, livrant des planches efficaces même si elles sont loin du niveau de détail dont il a pu faire preuve sur Ultimatum ou diverses autres couvertures. Certains défauts de représentation persistent— James Gordon, énervé et dents serrées comme jamais — mais le tout est plus lisse et donc plus lisible.

Sans être un immanquable total, ce premier tome de Batman se révèle, après lecture, une assez jolie mise en place pour la suite. Quand on sait ce qui se passe actuellement en VO — une guerre fait rage entre le Joker et le Sphinx —, on se dit qu’il va falloir suivre cette série de (très) prês.

All Star Batman

Si vous ne l’aviez pas encore compris, avec le nombre de séries régulières consacrées à Batman, autant l’expliciter : le Chevalier Noir est le héros le plus populaire de la maison DC Comics. En plus de ses deux séries Batman et Detective Comics, ainsi que des nombreuses mini-séries ou autres séries mensuelles consacrés à ses acolytes, le héros de Gotham City s’est offert un nouveau titre étoilé : All Star Batman. Il s’agit de la nouvelle série écrite par Scott Snyder (American Vampire), précédent scénariste de la série maintenant gérée par Tom King (voir plus haut), qui se permet ici d’imaginer des histoires originales, loin des sentiers battus de la natale et gothique ville de Bruce Wayne, en compagnie de prestigieux dessinateurs. Ici, c’est John Romita Jr (vétéran bien connu des lecteurs Marvel) qui va se charger de mettre en image un road-trip sur-violent en plein cœur des USA avec Batman et de Double-Face contre tout les chasseurs de primes du monde, pendant que Declan Shalvey (Injection) va développer le personnage de Duke Thomas.

Le scénariste Scott Snyder, après ses neufs tomes sur Batman ainsi que d’autres séries annexes comme Batman Eternal, semblait en avoir assez de l’univers du chevalier noir. Mais, comme il le raconte en introduction de cet All Star, une discussion avec son fils l’a lancé sur une nouvelle piste. Et on pourra le remercier, car cette piste se révèle des plus intéressantes tout en permettant d’offrir à l’auteur toute liberté pour faire souffrir son héros. Le récit du road-trip entre Bruce Wayne et Harvey Dent est effectivement très efficace, développe énormément d’idées sur le rôle de héros et sur la perception que peut en avoir la population. Comme d’habitude avec Snyder, ses dialogues sont riches et enchainent les concepts et réflexions à une vitesse folle. D’autant plus folle que le rythme de l’action est également soutenu, avec un Romita Jr, au style encore plus affirmé et aux personnages toujours plus massifs, qui s’en donne à cœur joie niveau violence et grandiloquence des combats. Les back-ups concernant Duke Thomas cassent un peu le rythme de l’intrigue principale, mais continue en un sens le travail du scénariste américain sur sa précédente série — en plus d’être très bien dessinés.

All Star Batman n’est pas vraiment une série Rebirth, dans le sens où elle aurait très bien pu exister comme une suite de la précédente série Batman par Scott Snyder. Ce n’est d’ailleurs même pas vraiment une suite, si ce n’est concernant quelques points de continuité, puisque le titre se veut originale pour pouvoir proposer des concepts d’aventures un peu WTFesque. L’idée d’un road-trip entre Batman et Double Face, parfaitement exécutée, fait alors sens. On est curieux de voir la suite, mais concernant ce tome uniquement, c’est une très bonne lecture, autant pour les lecteurs les plus habitués que pour les néophytes.

Superman Rebirth

Superman est mort, longue vie à Superman ! Le héros kryptonien est le plus touché par cette résurrection des titres DC, et de manière quasi littérale. Le concept de Rebirth est avant tout de ramener l’ADN de ses héros les plus emblématiques, quelque peu oublié par la précédente relance éditoriale des New 52. Clark Kent avait alors perdu sa dimension boyscout et était caractérisé de manière bien plus morose et terne. Le personnage a ainsi traversé de nombreuses épreuves, jusqu’à sa mort — dans Superman Requiem. L’occasion était alors trop belle pour relancer un nouveau Superman — développé en parallèle dans Superman Lois & Clark — dans ce sombre monde, afin d’apporter espoir et positivisme. Et il n’est pas seul pour cela, car il est accompagné de Jonathan, son fils.

C’est donc une toute nouvelle dynamique que s’offre le titre Superman, écrit par Peter Tomasi (Batman & Robin), l’auteur des plus belles pages récentes de l’histoire de Batman, avec lequel il avait déjà joué sur le thème de la paternité via Damian Wayne. Une dynamique réjouissante, fraîche, et qui permet à son auteur de redéfinir un Superman beaucoup plus lumineux, proche de sa famille et considérant la Terre sous sa protection la plus absolue.

Surtout, la présentation du fils de Kal-El et Lois Lane, mi-terrien et mi-kryptonien, permet de jouer de nouveau sur la notion d’héritage de l’Homme d’Acier, tiraillé entre sa planète natale et celle d’adoption. L’histoire est d’autant plus marquante et touchante qu’elle est magnifiquement mise en dessin par Patrick Gleason (Robin Son of Batman) et Jorge Jimenez (Super Sons), qui apportent une mise en scène éclatante, remplie de moments de bravoure assez jouissifs.

C’est surement le titre le moins abordable — car nécessitant de rattraper le fil d’une intrigue qui s’étale déjà sur plusieurs albums, précédemment cités — mais ce Superman est très clairement le meilleur titre DC Rebirth publié à ce jour. Un récit familiale rempli d’action, d’héroïsme et d’un propos touchant sur la transmission et l’héritage. Tout ce qui  manquait à DC Comics en un seul album. Un immanquable.

Flash Rebirth

Flash a beau être connu par le grand public — notamment grâce à la série TV de la CW et bientôt grâce à la Justice League de Warner Bros —, ses aventures papiers sont bien moins suivies que les grands noms de DC Comics que sont Batman ou Superman. Pourtant, le héros est au cœur des récents gros changements de l’univers.

Cette série Flash présente Barry Allen et son identité héroïque dans une situation inédite. Une tempête de force véloce vient en effet de frapper et de donner une super-vitesse à de nombreux habitants de Central City. Flash va alors devoir apprendre à ces nouveaux bolides ses valeurs de justice. Des valeurs que certains ne semblent pas partager…

Quelle belle surprise que cette série Flash. Écrite par Joshua Williamson (Birthright), elle se révèle plus ambitieuses dès les premiers épisodes, assumant son concept de tempête de force véloce distribuant des pouvoirs. L’idée permet d’offrir une multitude de nouveaux personnages, pour créer une jolie bande autour du bolide écarlate.

Ce dernier va également retrouver ses lettres de noblesse, avec une caractérisation passionnée de la part du scénariste, souhaitant en faire un véritable modèle de vertu et de justice. Porté par son nouveau rôle de mentor pour tout les petits bolides en herbe, Barry Allen va ainsi pouvoir développer sa conception de l’héroïsme face à une menace en apparence déjà vue et qui va pourtant se révéler maline. Le rythme de l’album, plutôt épais avec près de 9 chapitres pour un peu plus de 200 pages, est mené de main de maître — notamment grâce au découpage et au style de Carmine Di Giandomenico (Spider-Man Noir), excellent pour représenter les pouvoirs des bolides — et la fin de l’album ne donne qu’une seule envie : lire la suite.

C’est l’autre grosse surprise de ce DC Rebirth, avec Superman. Cette nouvelle série Flash est à la fois rafraichissante, fluide, dynamique, arrivant à proposer du neuf avec un peu de vieux, tout en développant par petite touche l’intrigue globale de l’univers DC. Une excellente lecture, au bon goût du DC d’antan.

Batman – Detective Comics

Detective Comics est le deuxième titre Batman de ce renouveau, mais celui-ci se tourne vers les héros qui gravitent autours du Chevalier Noir. En effet, une mystérieuse menace va pousser Bruce Wayne a recruter Batwoman, Red Robin, Spoiler (ex-Batgirl), l’Orpheline (ex-Batgirl aussi) et Gueule d’Argile pour former une sorte de milice prête à protéger Gotham de complexes machinations, comme pouvait l’être la cour des hiboux en son temps.

C’est d’ailleurs un jeune élève de Scott Snyder qui s’occupe de cette série en la personne de James Tynion IV (The Woods). Un concept et un scénariste qui n’augurait pas du meilleur de prime abord mais qui vont, au fil des épisodes, se révéler surprenants, intéressants et surtout bien plus plus proches et concernés par ses personnages que ce qu’on pouvait attendre.

Contrairement à Bryan Hitch sur Justice League, James Tynion IV met un point d’honneur à créer des liens entre ses protagonistes, puisant dans le passé de chacun d’entre eux pour apporter des éléments sous développés et créer de véritables arcs narratifs à chacun d’entre eux. La menace qui justifie l’existence de l’équipe, et qui apparait comme un prétexte en début d’ouvrage, se révèle de plus en plus intéressante et, surtout, joue admirablement bien avec le passé de Batman et Batwoman, remettant sans cesse en cause leur logique vengeresse et le bien-fondé de leurs décisions. Seul petit regret, un jeu de chaise musicale entre dessinateurs, qui offre un ouvrage parfois beau et parfois bâclé. Eddy Barrows (Nightwing) y est excellent, les autres beaucoup moins.

C’était bien parti pour être l’un des titres les plus anecdotiques de cette relance. Finalement, Tynion IV se révèle bien plus impliqué et intéressé par ses personnages que prévu, et leur offre une aventure plaisante, surprenante par moment et des plus maliens pour jouer avec le passé et le caractère des personnages qu’il utilise. Une bien jolie lecture que ce premier tome de Detective Comics.

Nightwing Rebirth

Batman était peut-être le premier, mais maintenant, Gotham regorge de héros costumés prêt à sacrifier leurs vies pour lutter contre le crime. Parmi eux, outre l’équipe de Detective Comics ou encore les nouveaux sur-hommes de la série Batman, on peut évidemment compter sur Dick Grayson, aka le tout premier Robin, aka Nightwing.

Ces derniers temps n’ont pourtant pas été tendres avec le trapéziste, ayant vu son identité dévoilée lors de l’évènement Forever Evil et ayant dû se reconvertir en agent secret pour infiltrer l’organisation Spyral. Ces péripéties enfin derrière lui, Grayson peut afin revenir à un quotidien plus normal et décide donc de revêtir son ancien costume bleu et noir, non pas pour combattre le crime de manière classique, mais pour infiltrer la Cour des Hiboux, qui essaye de le manipuler pour en faire leur nouveau leader.

Si la série Nightwing repart sur de toutes nouvelles bases, c’est toujours le scénariste Tim Seeley (Revival) qui est en charge du destin de Grayson, après lui avoir offert une série à son nom. Il profite ainsi de cette relance pour mélanger à la fois l’ambiance espionnage de la précédente série pour l’amener vers quelque chose de plus héroïque, avec la participation notamment de Batgirl lors de l’une de ses missions.

Pour autant, tout la gymnastique de ce premier tome va être de torturer les repères et les codes moraux de son héros, jouant avec le manichéisme dont les élèves de Batman peuvent faire preuve. L’intrigue recolle avec une certaine ambiance que l’on pouvait trouver chez DC Comics avant les New 52, et permet de jouer avec différents éléments de continuité, comme l’évolution de la Cour des Hiboux. On regrettera peut-être que le dessinateur canadien Yannick Paquette (Wonder Woman : Terre Un) ne dessine que le prologue, même si Javier Fernandez (Doomed) offre un travail plus qu’agréable.

Nightwing Rebirth est une sympathique lecture, soucieuse de la cohérence du personnage de Grayson malgré ses récentes mésaventures tout en offrant un récit d’action/espionnage des plus rythmés et abordables pour ceux qui ne connaissent pas le premier élève de Bruce Wayne.

Suicide Squad Rebirth

Avec le succès public du film Suicide Squad sorti en 2016, il était assuré que DC Comics allait mettre les petits plats dans les grands pour relancer le titre. L’éditeur a ainsi demandé à Jim Lee (Batman Silence) — dessinateur star, co-fondateur d’Image Comics et responsable éditorial — de travailler sur la série.

Ce premier tome s’ouvre d’ailleurs sur des planches de l’artiste américain, issues d’un numéro spécial premier avril, qui s’occupe de finir la transformation du personnage d’Harley Quinn en Deadpool un peu forcé. Reste que la psychologie de la psychiatre folle est intéressante, et la direction de la future Suicide Squad assez claire : une bonne grosse lecture pop corn bas du front mais faite avec amour. Une note d’intention qui se confirme au fil de la lecture.

Si la nouvelle pagination perturbait le rythme de Wonder Woman, elle rend ici service à la #TeamSuicide. Chaque numéro est en effet coupé en deux, une partie sur l’aventure de l’équipe et une autre sur les origines de chaque personnage. Le casting est d’ailleurs des plus proches de celui du film et, comble de l’ironie, arrive à faire un bien meilleur travail de présentation et d’introduction que pouvait le faire le long-métrage de David Ayer.

C’est fun, plutôt pas trop mal gratté par Jim Lee — que l’on a vu évidemment plus en forme, ces quelques planches étant assez loin de son plus haut niveau — et sans aucune prétention.Une lecture rafraîchissante, que l’on vous conseille si vous aimez les récits d’action ou que vous cherchiez désespérément à lire une BD sur l’équipe mise en lumière au cinéma par Warner.

Wonder Woman Rebirth

L’amazone la plus célèbre de DC Comics a aussi le droit à un renouveau, bien plus radical que ses compagnons puisqu’il marque le grand retour de Greg Rucka (Gotham Central), excellent scénariste de polar et auteur marquant de l’histoire du personnage au début des années 2000.

Revenant dans un nouveau numéro 1, il profite de la publication bimensuelle du titre pour proposer un rythme original : les numéros impairs se déroulent dans le présent, quand les numéros pairs sont consacrés aux nouvelles origines de Diana.

Ce premier tome est donc tout naturellement consacré au chapitre des origines, avec une réintroduction de tous les éléments de la mythologie de la première héroïne de DC Comics. Problème : il le fait de manière bien trop brouillonne, trop rapide, pas vraiment aidé par la pagination des singles VO, passée de 24 à 20 pages.

Dès le début, c’est Steve Trevor qui est présenté au lecteur, et celui-ci s’avère limité, en tant que simple sidekick accompagnant Wonder Woman dans le monde des hommes. Celui-ci est dépeint de façon (se voulant) moderne, comme si c’était 2017. Un poncif des réécritures d’origines qui trouve sa limite ici dans une utilisation du terrorisme de manière un peu simplette et maladroite.

L’héroïne relève malheureusement des mêmes qualificatifs, sans bénéficier du charisme naturel que peut lui offrir Grant Morrison dans Terre Un. La dessinatrice Nicola Scott (Secret Six) correspond à cette ambiance plus légère voulue par le scénariste américain. Avec un trait fin et des designs à la limite de l’enfantin, Scott n’arrive pas à sublimer l’histoire et ne lui donne qu’un écrin un peu trop lisse.

Au final, mis à part quelques originalités — la représentation des divinités, qui marche moyen malheureusement, ou la question à peine abordée de la sexualité de Diana —, trop peu de choses subsistent de ces nouvelles origines, bâclées et sans grand intérêt. Si vous ne connaissez pas du tout le personnage, à la limite, même si il vaudrait mieux préférer d’autres origines — ce n’est pas ça qui manque. On attendra le deuxième tome, avec la partie dans le présent, pour vraiment juger de ce retour de Greg Rucka. Pour l’instant, c’est assez décevant.

Justice League Rebirth

La Justice Ligue agrandit ses rangs à l’occasion de Rebirth, en accueillant un nouveau Superman — on y revient un peu plus bas — et deux Green Lantern, afin d’épauler les fondateurs que sont Batman, Wonder Woman, Flash, Cyborg et Aquaman.

Avant cette relance, la série était un vaisseau-mère pour l’univers DC, le titre le plus important et celui qui se présentait comme un gros blockbuster. Ce nouveau titre aimerait être la même chose. Malheureusement, il échoue dans les grandes lignes, sur à peu près tout ce qu’il entreprend. La faute à un scénariste, Bryan Hitch (The Authority), dessinateur d’origine et qui écrit depuis quelques temps, qui n’arrive pas à trouver la bonne alchimie entre ses personnages et, surtout, la bonne menace à mettre en face.

Car l’un des problèmes majeurs de ce premier tome de Justice League Rebirth demeure dans son intrigue et la manière dont il la développe. Face à une force extra-terrestre, caractérisée à la va-vite et assez oubliable, les plus grands héros de la Terre vont devoir faire preuve de leurs talents de manière jouissive mais relativement vaine. La dynamique du groupe, qui jouit pourtant de la situation inédite d’introduire un nouveau Superman face à des héros ayant perdu un des leurs, est assez vite expédié pour laisser place à un ensemble d’individualité, même dans les moments de groupe. L’alchimie a du mal à fonctionner, et si l’on soulignera malgré tout le travail du dessinateur Tony Daniel (Batman R.I.P.) pour rendre le tout impressionnant, on regrettera surtout le manque d’enjeu et de tension pour les personnages.

Difficilement conseillable à des nouveaux lecteurs, il faudra préférer le premier tome de la série de Geoff Johns à ce Justice League Rebirth tome 1, qui signe, avec Wonder Woman, la grosse déception du renouveau DC Comics.

Toutes les séries ne sont pas bonnes à lire dans cette relance DC Rebirth, mais force est de constater que l’éditeur a fait un sacré effort pour relancer son univers sur de bonnes bases, en essayant de faire le synthèse entre la « modernité » des New 52, le fun des années 2000 et la philosophie classique de ses débuts.

Bien aidé par une série d’auteurs, pour la plus part, investit par cette mission de ramener lumière et espoir dans l’univers de Superman et Batman, ce DC Rebirth est l’occasion idéal pour les amateurs de super-héros sur petit ou grand écran de découvrir leurs aventures papiers et pour les anciens lecteurs de se replonger en terrain plus ou moins connu. D’autant que le travail d’Urban Comics, qui a souhaité proposé ses nouvelles séries dans un format plus grand sans pour autant toucher au prix des albums, est remarquable.

D’autres séries devraient débarquer dans les prochains mois — Green Arrow en tête, dès octobre 2017 —, mais nous devrions vous tenir au courant d’ici là.

Partager sur les réseaux sociaux