Le retour sur grand écran de Pennywise, le personnage de clown tueur imaginé dans Ça par Stephen King dans les années 90, inquiète sérieusement les clowns professionnels. Après l’apparition de clowns inquiétants aux États-Unis pendant l'été 2016, ils redoutent un nouveau coup dur pour leur réputation.

Le 20 septembre prochain, on retrouvera dans les salles françaises Ça, film dramatique et d’épouvante réalisé par Andrés Muschietti. Cette nouvelle adaptation — après le téléfilm culte de Tommy Lee Wallace sorti en 1990 aux USA — du roman du même nom écrit par Stephen King en 1986 se chargera de présenter à une toute nouvelle génération le clown maléfique et tueur nommé Pennywise (Grippe-Sou en VF).

Interprété dans cette nouvelle version par l’acteur Bill Skarsgård, le personnage a marqué de nombreux lecteurs et spectateurs, au point de créer à l’époque une réelle vague de coulrophobie, la peur des clowns.

Ainsi, l’arrivée d’un nouveau Ça inquiète au plus haut point la World Clown Association, l’organisation qui représente les clowns professionnels dans le monde. Elle estime que le film pourrait avoir des conséquences sur leur activité professionnelle, comme des annulations de représentation impliquant un manque à gagner et une méfiance encore plus grande vis-à-vis de la profession.

Les clowns professionnels réaffirment leur art

En amont de la sortie américaine du film, le  8 septembre prochain, l’Association fournit un « press kit » à ses membres, comprenant notamment un guide « WCA Stand on Scary Clowns ! ! ». Celui-ci explique que l’organisation « prône un divertissement positif et familial  » et qu’elle croit «  que l’art du clown est quelque chose de précieux et d’apprécié par le public à travers le monde. » Ce guide détaille également le rôle d’un clown professionnel, conseille aux parents de ne pas laisser leurs enfants voir ce film et explique pourquoi la peur des clowns est ridicule.

Un vaste programme, qui passe notamment par l’exemple : « Le personnage de film d’horreur Jason (Vendredi 13) porte un casque de gardien de hockey. Mais les gens se tromperaient s’ils pensaient qu’il était réellement un joueur de hockey !  » Les clowns pro entendent ainsi réaffirmer que ce ne sont pas des être maléfiques dans la vraie vie en désavouant «  toute relation avec ces personnages d’horreur.  »

Une position que ne partage pas Stephen King, qui affirmait dès le mois d’avril dernier : « Les clowns m’en veulent. Désolé, la plupart sont géniaux, mais les enfants ont toujours eu peur des clowns. Ne tuez pas les messagers qui ne font que transmettre le message. »

L’été 2016, un coup dur pour les clowns

Il faut dire que la profession n’a pas connu un été 2016 facile, avec une vague de canulars effrayants qui a touché une bonne partie des États-Unis. Nombre de petits malins se sont ainsi déguisés en clown pour observer les gens dans des lieux publics, ou dans des contextes assez gênants, poussant à de nombreuses plaintes et réactions des autorités. Les réseaux sociaux s’étaient à l’époque fait la caisse de résonance de ces blagues, ce qui était déjà très mal vu par les professionnels.

L’exemple le plus parlant de cet impact négatif sur leur image ? Il est raconté par le président de la WCA, Pam Moody : l’un des membres de l’association qui avait eu le malheur de se rendre plus tôt que prévu à une fête d’anniversaire, en restant dans sa voiture, s’est retrouvé entouré de 4 policiers alertés par des appels inquiets du voisinage.

Nul doute que la sortie de Ça devrait raviver la polémique, surtout à moins de deux mois d’Halloween. Si l’on peut s’inquiéter des futures conditions de travail des clowns professionnels, ce cri d’alarme de l’Association offre aussi indirectement un coup de pub au film produit par New Line Cinema. Le film étant classé Rated R aux USA — ce qui oblige les mineurs à être accompagnés d’un adulte –, son impact devrait être moindre que celui du téléfilm des années 90, diffusé à l’époque en primetime.

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