Après Rakka et Firebase, le réalisateur Neill Blomkamp (District 9, Chappie) et sa société de production indépendante Oats Studios reviennent avec un troisième court-métrage de leur Volume 1 : Zygote.

Neill Blomkamp a définitivement retrouvé son mojo. Le réalisateur derrière l’excellent District 9 avait quelque peu perdu de sa créativité et de sa ferveur sur des gros projets tels que Elysium ou encore Chappie.

Avec Oats Studios, sa propre société de production indépendante, l’artiste sud-africain s’est offert la possibilité de revenir à ses premières amours que sont le film-concept et le court-métrage.

Les deux premiers épisodes diffusés, Rakka et Firebase, donnaient dans la note d’intention et l’introduction d’un univers, mais c’est avec son troisième métrage, Zygote, que ce Volume 1 prend tout son sens.

Zygote, la chose de Blomkamp

Celui-ci raconte l’histoire de deux survivants — incarnés par les acteurs Jose Pablo Cantillo et Dakota Fanning — dans une exploitation minière située au-delà du cercle polaire. L’agent de sécurité ayant perdu la vue lors de son affrontement avec un être venu d’ailleurs, la jeune fille va devoir l’aider pour qu’ils puissent survivre.

Face à eux : la créature de Zygote, un ensemble extraterrestre massif de différents corps débarqué sur Terre grâce à un météore. Une fois n’est pas coutume, l’épisode limite l’exposition au minimum pour développer naturellement le récit et plonger le spectateur dans son univers au plus vite.

Beaucoup plus centré sur son duo de personnages, ce métrage est certainement le plus efficace des trois déjà sortis. Écrit par Terri Tatchell, scénariste de District 9 et compagne du réalisateur sud-africain, Zygote est un hommage à peine dissimulé au classique The Thing de John Carpenter et, dans une autre mesure, au premier Alien de Ridley Scott.

Avec une mise en scène efficace, laissant énormément de place au mystère et au travail de la lumière pour créer une ambiance inquiétante, il serait presque dommage de ne pas voir se développer ce genre d’intrigues et de personnages sur 2 heures et sur grand écran. Pour combler la frustration, une petite vidéo making-of a été publiée.

Des court-métrages… et de la web-série décalée

Ce nouveau court-métrage du Volume 1 s’ajoute à différentes petites séries vidéos conceptuelles, sorties entre temps, qui finissent de donner sa cohérence à l’ensemble. On retrouve une première vidéo de GOD, mais également quelques épisodes d’une émission fictive, Cooking With Bill.

Présenté comme un véritable ensemble thématique où chacune des parties aborde différentes idées et aspects autour d’une seule et même obsession — ici, l’Homme face à une invasion de la Terre par des extraterrestres hostiles —, ce Volume 1 s’impose comme une réflexion assez poussée sur la réaction de l’humanité face à des corps étrangers, la confrontant à la fois à des menaces inconnues mais également à ses propres limites, physiques ou psychologiques.

Une idée d’autant plus passionnante que les quelques vidéos plus décalées qui s’ajoutent aux trois court-métrages offrent un point de vue radicalement différent sur les origines et dérives de cette humanité.

Selon Neill Blompkamp, le Volume 1 devrait s’achever très prochainement, soit par une nouvelle salve de petites vidéos, soit par un court-métrage de conclusion. Le réalisateur tease déjà un Volume 2, annoncé comme un ensemble de toutes nouvelles idées, que l’on imagine éloignées sans vraiment l’être de cette ambiance survival et sombre de la première salve d’épisodes. L’idée d’une multitude de formats devrait être conservée.

Toujours plus de contenu et d’implication

Comme c’est maintenant devenu l’habitude, ce troisième court-métrage a été mis en ligne sur Steam, avec la possibilité de télécharger un pack de données incluant, en plus de différentes qualités de vidéos, des modèles 3D, des concept-arts et le script. Ce pack, comme celui des deux précédents métrages, est vendu à 4 € 99, tout comme l’OST de ce premier volume. Une manière de prolonger l’aventure proposée par Blompkamp tout en soutenant financièrement ce nouvel acteur de la production audiovisuelle.

Neill Blomkamp a définitivement réussi le pari de revenir sur le devant de la scène avec une structure indépendante. On ne sait pas encore quel impact ce travail aura sur la suite de sa carrière et sur ses futurs projets sur grand écran, mais une chose est sûre : le réalisateur sud-africain a définitivement rappelé à tout le monde (et notamment à Hollywood) ses qualités de metteur en scène.

On ne peut que vous conseiller de jeter un œil à ses travaux, et de soutenir l’initiative si celle-ci vous plait.

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