Vous vous apprêtez à regarder la nouvelle version, plus jeune et dynamique, de Spider-Man au cinéma et vous souhaitez découvrir des comics de qualité sur le tisseur ? Voici une petite sélection de 5 comics ayant plus ou moins inspiré le Homecoming de Jon Watts.

Quand Spider-Man fait sa première apparition dans les années 1960, Peter Parker est un nerd, un freak, défini comme tel par ses créateurs. Il rencontre justement le succès parce qu’il représente ces geeks de l’époque qui étaient loin d’être populaires. Changement d’époque oblige, le tisseur est aujourd’hui des plus cools, moins déprimé et beaucoup plus positif que le personnage original de Stan Lee et Steve Ditko.

Mais cette évolution ne s’est pas faite en un jour, et il aura fallu attendre l’arrivée de Brian Michael Bendis pour dynamiter les aventures du tisseur dans un univers créé pour l’occasion à l’époque : Ultimate. Cette bulle de continuité permettait d’introduire un Peter Parker fidèle aux traits de caractères établis par ses créateurs, mais dans le monde moderne. C’est cette version qui a servi d’inspiration au film Homecoming, attendu en salle ce 12 juillet.

À cette occasion, voici une sélection de comics à lire pour découvrir cette période passionnante ou simplement afin de se plonger dans l’univers papier du tisseur.

Ultimate Spider-Man : entrée dans la modernité

Au début des années 2000, Marvel décide de moderniser ses héros avec la déclinaison Ultimate. Spider-Man est le premier concerné avec un auteur désigné pour l’occasion, Brian Michael Bendis. Il décide ici de respecter à la lettre le personnage de Stan Lee et Steve Ditko, a une petite différence près : le ton, plus fun, et l’époque, plus moderne.

Cette nouvelle version permet au scénariste de construire une large mythologie Spider-Man revisitée, avec des antagonistes cultes qui sont entièrement revus en terme de design. Norman Osborn, par exemple, reste le Bouffon Vert, mais dans une version plus musclée et plus brûlante que le planeur original. Et le public répond présent, comme en attestent les 110 numéros réalisés par Bendis et Mark Bagley, le record du plus long run d’un duo d’artistes. Le style du dessinateur joue beaucoup sur la popularité du titre, avec un dessin qui reprend la mise en scène des comics et des expressions très appuyées qui rappellent par moment les codes du manga.

Après 110 numéros — que l’on peut retrouver dans la première dizaine d’intégrale sorties en Marvel Deluxe chez Panini Comics —, Brian Michael Bendis a enchainé en compagnie de Stuart Immonen, un artiste des plus talentueux (dont nous avions déjà parlé pour les sorties comics de juin 2017). Leurs épisodes sont en cours de réédition, et font office de premier «  final  » pour la série, qui sera ensuite relancée à plusieurs reprises, notamment avec un certain Miles Morales à l’affiche.

Ultimate Comics : Spider-Man : le successeur de Peter Parker

Si l’univers Ultimate s’est révélé attirant pour les jeunes lecteurs pendant plusieurs années, l’effet de nouveauté s’est légèrement estompé avec le temps. Pour renouveler l’intérêt, Brian Michael Bendis profite de l’intrigue Death of Spider-Man — au titre explicite — pour créer un nouveau personnage voué à enfiler le costume de Spidey : Miles Morales.

Onze mois après la mort de Peter Parker, Norman Osborn crée une nouvelle araignée radioactive afin d’essayer de répéter l’expérience. Cette bestiole va malencontreusement se glisser dans le sac de Aaron alias The Prowler, un super-cambrioleur, avant de mordre le jeune Miles Morales, neveu du criminel suscité. Il va alors découvrir de nouveaux pouvoirs, dont celui de paralyser les gens par le toucher ou de devenir invisible. La particularité de ce nouveau personnage ? Il est hispano-afro-américain. Une première pour Spider-Man, qui choque autant une partie de l’Amérique qu’elle en réjouit une autre, même si ce remplacement a lieu dans un univers parallèle.

À la lecture, il semble que les revendications de Donald Glover ont inspiré Brian Michael Bendis pour son personnage, très loin des stéréotypes, qui se révèle de plus en plus intéressant et unique au fil d’épisodes sublimés par le dessin de l’artiste italienne Sara Pichelli.

Panini Comics propose un Omnibus réunissant l’intégralité des 28 épisodes de la première série consacré à Miles Morales. Le prix (66 €) est certes conséquent, mais l’album compile toutes les aventures de la première série d’un personnage original, passionnant et étonnamment attachant. Bendis réussit clairement le pari osé de créer un nouveau Spider-Man, et celui-ci pourrait bien se révéler encore plus important dans l’avenir cinématographique de la franchise

Spider-Men : deux tisseurs valent mieux qu’un

Brian Michael Bendis semble encore plus impliqué sur la série Ultimate Spider-Man depuis qu’il s’est permis de créer Miles Morales. Quelques années après sa création, les fans réclamaient à cor et à cri une rencontre entre ce nouveau venu au costume noir et rouge et le Peter Parker classique. Le scénariste ne se fera pas prier longtemps en livrant la mini-série Spider-Men, rassemblant les deux héros face à une menace commune : Mysterio.

Compilée dans un Marvel Deluxe fin et abordable, cette mini-série en 5 parties est l’occasion de se faire rencontrer pour la première fois un héros de l’univers classique et un de l’univers Ultimate, où Peter Parker est censé être décédé. L’auteur joue de cette situation pour créer des moments assez surprenants, tout en s’amusant de la dimension méta-textuelle d’une telle rencontre. Il en profite également pour faire évoluer affectivement son personnage et le rapprocher un peu plus de la continuité classique, avant que le crossover Secret Wars ne termine le travail.

Lu pour lui-même, avec quelques éléments de contexte nécessaires, ce récit se révèle des plus efficaces : on le dévore en un rien de temps, celui-ci ayant en plus l’avantage de permettre la découverte de Miles Morales à ceux qui sont passés à côté de la série Ultimate Comics. La mini-série et sa conclusion semblent d’autant plus importantes qu’un second opus de Spider-Men est prévu pour cette année. Si vous avez peur de vous jeter dans un énorme pavé ou dans une longue collection, ce Spider-Men est clairement fait pour vous.

Spider-Man : L’intégrale 1962-1963 : les origines cultes

La version moderne d’Ultimate a peut-être servi d’inspiration directe pour l’écriture de Spider-Man Homecoming, mais force est de constater que les toutes premières aventures du tisseur ont également influencé les scénaristes du film dans leur travail. Il s’agit même d’une volonté claire de Marvel d’aller puiser dans les origines du personnage, établies par Stan Lee et Steve Ditko.

Après sa première apparition dans les pages d’Amazing Fantasy, le personnage du tisseur a droit à sa propre série, toujours gérée par ses deux créateurs : Amazing Spider-Man. Dans les épisodes compilés dans cette première intégrale — qui en compte maintenant plus d’une vingtaine —, on découvre les origines des personnages parmi les plus cultes de la série : le Vautour, premier vilain affronté par Spidey sur papier (clin d’œil), mais aussi le Docteur Octopus, L’Homme Sable ou encore Le Lézard.

Le film de Jon Watts rend vraisemblablement hommage à certains de ces numéros. Si la lecture de cet ouvrage peut apparaitre fastidieuse pour ceux qui ne sont pas habitués au style old school des années 60, ce serait vite oublier le travail formidable de Steve Ditko, homme complexe et extrêmement timide avec les médias, qui a su reprendre le pitch original de cinq petites pages élaborées par Jack Kirby pour se réapproprier le personnage. Des épisodes cultes, historiques, et donc forcément incontournables.

Spider-Man par Joe Michael Straczynski : un tisseur adulte

Parmi toutes les séries de cette liste, celle-ci est la plus éloignée du film. Car si Homecoming renoue avec l’idée d’un Spider-Man adolescent, devant à la fois protéger les rues de son quartier tout en suivant le lycée du mieux possible, la série écrite par Joe Michael Straczynski (Sense 8) est bien loin de cette ambiance teenager. Au contraire. Alors que dans le même temps, au début des années 2000, Brian M Bendis s’occupe d’un jeune Spidey dans l’univers Ultimate, Stracz, lui, préfère offrir une vie d’adulte à Peter Parker dans l’univers classique.

Le scénariste et producteur américain se réapproprie le héros en introduisant une toute nouvelle vision de sa mythologie. Ici, plus de pouvoirs issus de la radioactivité : ils sont directement confiés à Peter Parker par une divinité arachnide, ouvrant la porte à un jeu de totem avec toute sa galerie de méchants.

Le scénariste ne se contente pas de jouer avec les symboles et les origines de Spider-Man, il fait également murir Peter Parker en lui offrant un poste de professeur dans son ancien lycée ainsi qu’en le liant à vie à Mary Jane Watson. Il introduit également de nombreux personnages tout le long d’un run qui durera jusqu’à Civil War, où il prend une importance considérable jusqu’à ce que les conséquences de ses actes amènent la série vers une triste conclusion.

On passera outre cette conclusion décevante, perturbée par les gros mouvements éditoriaux de la Maison des idées à l’époque. Reste une série culte, l’une des plus intéressantes sur l’homme araignée, avec un propos politique sans cesse renouvelé — notamment à l’occasion du 11-Septembre. Le tout est mis en image par un John Romita JR au top de sa forme. Ces épisodes immanquable sont réunis en plusieurs tomes dans la collection Marvel Icons.

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