Festival d'Annecy, jour 4 : une belle année pour l'animation qui ne se laisse pas impressionner par la VR.

Au quatrième jour du festival et denier jour du MIFA, les obligations professionnelles disparaissent peu à peu et les esprits et les corps se détendent. Dans les salles climatisées, on crie un peu plus fort au lancement du générique (une tradition annécienne veut qu’à chaque festival les accrédités imitent des bruits d’animaux durant le générique…) et les sièges sont un peu moins occupés que les jours précédents.

Ça tombe bien : j’ai pu m’incruster au dernier moment afin de voir la sélection 5 des courts-métrages en compétition. Et la séance commence fort avec Manivald, réalisé par Chintis Lundgren. On y retrouve un renard un peu coincé du nom de Manivald, la veille de son trente-troisième anniversaire. Le jeune mammifère vit encore chez sa mère et tout semble réglé comme du papier à musique. Mais un jour, un jeune loup sexy se pointe dans la maison et un triangle amoureux un peu barré commence à se former. Nul besoin de dire que les choses dégénèrent rapidement. Coloré et rythmé, le film se distingue par ses gros plans absurdes qui ne manquent jamais de décrocher un rire aux spectateurs. J’ai adoré.

Dans un tout autre ton beaucoup plus obscur, j’ai également apprécié Jungle Taxi, de Hakyun Kim. L’histoire raconte la vie d’un chauffeur de taxi qui fait rouler sa machine au milieu de la végétation dense et croise le chemin de clients déplaisants. Commissionné par une femme à l’allure sordide (probablement une allégorie de la mort), il se rend sur une plage déserte afin d’y retrouver un homme à moitié mort. Bon. Le pitch paraît carrément spécial comme ça mais on se laisse facilement entraîner dans ce road-trip funeste superbement dessiné.

Enfin, la séance s’achève sur O poeta das coisas horrivels de Guy Charnaux où un jeune gamin décide de se lancer dans la poésie. Son père désemparé ne peut alors qu’assister au désastre que sont les envolées lyriques de son fils. Entre ode au clitoris ou insultes directes envers son paternel, le film choque et fait rire sur fond d’animation pas toujours catholique.

Lapin en VR

Vers 15h45 je file au Novotel afin de tester les derniers projets en VR de Baobab studios, trois courts-métrages et previews écrits et dirigé par Eric Darnell (réalisateur de Madagascar). J’y retrouve entre autre Dave Blizard, directeur de la photographie et Claudia Southmartin. Casque sur les yeux, je commence mon voyage VR avec Invasion un petit film bien sympa où on rencontre un petit lapin tout mignon qui va mettre sa raclée à Mac et Cheez, deux extra-terrestres venus mettre le bazar dans son petit coin tranquille. Je suis surprise par la netteté du lapin en plan rapproché et ses expressions faciales sont carrément à croquer.

Asteroïds est une sorte de suite du film mentionné ci-dessus. On retrouve nos potes les aliens au cœur de leur vaisseau, et cette fois, il va falloir leur donner un coup de main dans leur aventure. Manettes en main, je mets un peu de temps à ma familiariser avec les différents boutons mais l’expérience reste fun. Après quelques mots échangés avec Dave je réalise toute la complexité terrible d’un tel processus. Mais ça, on en parlera plus tard dans une interview.

Le soir, je retrouve quelques amis animateurs et réalisateurs au légendaire barbecue Disney. Une soirée convoitée où on peut boire du rosé tranquille les pieds dans le sable en mangeant des burgers et des brochettes. J’y rencontre des chouettes gens de chez Pixar et grâce à mes connexions sans limites j’arrive même à y incruster ma maman qui habite justement la région. Et pour reprendre une des idées douces de Disney « La famille d’abord ». Santé !

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